‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 22 sur 103 · CHAPITRE CXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXI

Comment , après le département dudit duc de Bourgogne , de Saint- Denis, le roi fit grands mandements par tout son royatime pour aller contre lui.

Après le département dudit duc de Bourgogne, de la ville Saint-Denis , et qu'il fut venu à la connoissance du roi , du duc d'Aquitaine et des autres princes , lors étant à Paris avec ceux de son grand conseil , comment le dessusdit duc de Bourgogne avoit mis et laisségarnison de ses gens d'armes es villes de Compiègne, Soissons et autres lieux, lesquelles étoient ^u roi , ou au moins sous sa domination , furent de ce moult émerveillés; et leur sembla qu'il n'avoit pas cause de ce faire. Et pour tant afin d'y obvier et résister, fui présentement envoyé par

(i4i4) OE MOIHSTHBLET. 167

tous les bailliages et sénéchaussées du royaume certains mandeuienls royaux contenant que pour y résister un chacun se ont sus pour servir le roi. Desquels mandements , est à savoir de celui qu'il adressa au bailli d'Amiens, la teneur s'ensuit.

« Charles , par la grâce de Dieu , roi de France , au bailli d'Amiens , ou à son lieutenant, salut.

» Gomme pour obvier aux grands etinnuméra* bies maux> dommages et inconvénients qui sont advenus , et qui sont en aventure d'avenir en noir-: royaume, au préjudice de nous et de la chose publique , pour l'occasion des guerres , divisions et débats adonc étant entre plusieurs de notre sang et lignage .. et afin que nos sujets puissent vivre et demeurer en bonne paix et tranquillité dessous nous en noire seigneurie, et désormais être gouver* nés par bonne justice, laquelle , sinon en temps de paix ne peut être duement faite ni adminis* trée, nous avons ordonné par grand' et mûre délibération , et avons accordé et mis bonne paix entre lesdits de notre sang et lignage ; laquelle ont promise et solennellement jurée en notre présence tenir et garder inviolablement. Et jà-soit-cé qu'il ne soit pas licite qu'aucuns de nos loyaux vassaux et sujets , soit de notre sang et lignage , ou autres et mémement contre nos inhibitionset défenses, de faire congrégations de gens d'armes en notre royaume , et que depuis qu'il est venu en notre connois-

sance ce que notre cousin de Bourgogne se douloit (plaignoit) d'aucunes qhoses^ lesquelles ildisoitlui

l68 GH AONIQUES o'eNGI} BRRAND (i4i4)

avoir éle faites en son préj udice contre la teneur desdits traités et accords, et pource aussi qu'il tenoit ou occupoit, ou tenir et occuper faisoit plusieurs châteauxetforteressesànous appartenant , contre notre volonté, et receploit (recéloit) et tenoit devers lui en ses pays plusieurs malfaiteurs crimineux et coupables devers nous de lèse - majesté , eussions envoyé à notredit cousin de Bourgogne plusieurs de nos notables ambassadeurs pour lui admonester d'entretenir ledit traité et accord, et lui offrir toute voie et justice, et faire toute réparation due à faire de ce qui seroit fait contre ledit traité et accord, si aucune chose en étoit faite au contraire, et lui enjoindre et requérir qu'il rendît et remît lesdits châteaux en notre main, si comme il étoit tenu de ce faire : et avec ce, lui commander et enjoindre de par nous qu'il ne receptât aucunement lesdits malfaiteurs , mais les nous envoyât sans délai pour les punir de telle punition qu'il appartenoit de faire par raison ; à quoi il ne fît point d'obéissance ou réponse convenable. Et depuis par certaines nos lettres closes et patentes, el dernièrement par un des huissiers de parlement, pource qu'il étoit venu à notre connoissance , que notredit cousin de Bour* gogne faisoit une grand' armée et congrégation de gens d'armes, eussions défendu et fait défendre à notredit cousin de Bourgogne, qu'il ne fît plus telles armées ni telles assemblées , mais surcessât (sursît) du tout.

» Néanmoins, notredit cousin de Bourgogne,

(l4>4) DE MONSTRELET. 169

en venant contre ledit traité et accord, et les inhibitions et défenses devant dites, par manière d'hoslililé et de guerre, a fait et continué ladite armée et congrégation de gens d*armes et de trait, et est issu de son pays atout (avec)grand' puissance, et a pris son chemin par voies déceptives et frauduleuses, a pris et occupé, et encore occupe et détient par force et contre notre volonté , nos villes de Conipiégne et de Soissons , et en icelles a mis garnison de gens d'armes , et s'est enforcé d'entrer en nolredite ville de Senlis, et est refusant à rendre à nous , ou à faire rendre nos châteaux et forteresses devant dites; et détient iceux et occupe, et fait tenir et occuper contre notre gré et volonté; et a recepté devers lui et en ses pays les malfaiteurs et crimineux, sans les avoir renvoyés devers nous; et relient aussi ledit huissier devers lui, par voie de fait et induement, avec les autres messagers de notre très chère et très amée compagne la reine, et de notre très cher et très amé fils le duc d'Aquitaine, portant lettres contenant défenses et autres choses tendant à bonne fin et paix, sans de ce faire à nous ni à eux aucune réponse; et vint aotredil cousin de Bourgogne, atout sa puissance, près et entour notre ville de Paris ; et au coulempt de nous et de nos défenses, inhibitions et commandements, amena avec lui et tint lesdits malfaiteurs et crimineux ou grand' partie d'iceux , jà-soil-ce qu'ils fussent ou soient coupables et convaincus de crime de lèse-majesté, et pour ce bannis

170 CHRONIQUES d' ENGUBRKAND (i4i4)

de notre royaume ; lesquelles choses sont et ont été faites, commises et perpé Irées par notredit cousin de Bourgogne, sesalliés, adhérents et complices,contre notre majesté royale, contre les ordonnances des accords et traites de ladite paix, et en enfreig'naDt icelles, contre le bien public, paix et tranquillité de nos sujets et de notre royaume , et aussi contre nos inhibitions et défenses devant dites , en désertation et destruction de notre peuple , et de notre grande déplaisance ; et adonc encore plus grands inconvénients s*en pourroient ensuivir, si en ces choses n'étoit mise promptement remède.

» Nous , auxdits inconvénients et autres qui s*en pourroient ensuivir veuillant obvier, ^t nos sujets remettre et réduire en notre obéissance , et qui ne voulons plus souffrir ni tolérer les voies de fait et entreprises de notredit cousin de Bourgogne, mais voulons de tout notre pouvoir réprimer icelles et corriger , à l'aide de ceux de notre sang et lignage et de nos autres loyaux et bons vassaux et sujets, par telle manière que ce soit exemple à tous autres; vous mandons et commandons, et détroitement enjoignons, qu'incontinent ces présentes vues, vous faites proclamer solennellement , à haute voix et à son de trompe, en votredit bailliage, votre arrière- ban , de par nous , en faisant commandement, tant par proclamation en votredit bailliage et es ressorts d'icelui, comme autrement, et partant de fois que nuls ne puissent on veuillent ignorer, à tous les nobles de

fi4i4) DE MOIHSTRELET. 1^1

Yolredil bailliage , qui onl accoutumé d'user et ensuivir les armes , et qui sont en état de poursuivir, et autres qui tiennent fiefs ou arrières-fiefs^ venant ou valant par an vingt livres tournois; et outre, aux bourgeois et habitants de toutes bonnes villes et ressort de votredit bailliage; c'est à savoir auxdils nobles qui ont accoutumé d'user et ensuivir armes, comme dit est, sur la foi et loyauté , et aussi le service qu'ils nous doivent, et sur la peine de confiscation de leurs biens , fiefs et arrières-fiefs et tennements , ils viennent tantôt en diligence et sans demeure atout le plus grand nombre et puissance de gens d'armes et de trait qu^ils pourront, toutes excusations cessants, et autres essoines quelconques; et auxdits bourgeois et habitants des bonnes villes, qu'ils envoient le plus tôt qu'ils pourront des gens d'armes et de trait devers nous , en notre ville de Paris , montés à cheval et armésy suffisamment accompagnés. Et nous leur mandons et commandons qu'ainsi le fassent à nous servir es choses dessusdites et ailleurs , là où nous les voudrons employer, en eux défendant sur les peines dessusdites, et forfaire corps et biens, que devers notredit cousin de Bourgogne, pour quelque mandement ou commandement de lettres, requêtes, sommations ou promesses qu'il leur ait faites ou fasse faire ni envoyer, sous ombre de notre service ou du sien ni autrement, ils ne voisent (aillent) ouenvoienty nele servent en quelque manière. Et si aucuns s'en alloient ou retournoient à eux en

172 GHAOJSiQU£S d'b « GU £ A ^ A IM D (i4i4)

allant aveclui, qu'inoootinentiiss'en reviennent, et qu'ils ne lui donnent conseil y aide, faveur ni consolation quelconque qui soit ou puisse être. Et tous ceux que vous pourrez savoir être en sa compagnie ou service , et être favorables en sadite entreprise, prenez-les, si vous les pouvez prendre; et si ce non , faites-les appeler à peine de ban , et prenez et faites prendre; et mettre réellement et de fait tous leurs biens, meubles et non meubles, villes, châteaux, seigneuries, fiefs, arrière -fiefs, rentes, revenus et autres possessions quelconques en noire main , et sous icelle gouverner.

» Et outre, faites faire commandement, de par nous, par proclamation solennelle, comme dessus , à tous prélats, abbés, prieurs, chapelains et autres gens d'église de votredit bailliage , qui nous doivent charrois, charrettes, sommiers et autres services à nos arrières -bans, que cesdits servicesi ils nous fassent, et que lesdits charrois, charrettes et sommiers ils nous envoient incontinent, ordonnés, prêts et appareillés , pour nous servir au fait dessusdit, en eux contraignant ou faisant contraindre à ce par prise de leur temporel, et par toutes autres voies accoutumées et pertinentes en tel cas.

» Et avec ce , faites inhibition et défense , de par nous, sur les peines qui ont été dessusdites, que nuls laboureurs ou gens de métier, ni autres quelconques, sinon les dessus nommés, s'assemblent ni mettent ensemble par manière d'armée, de communes ou de compagnie, ou autrement, par nia-

(*4i4) DE MOIHSTAELET. IjS

nière de brigands ^ ainsi comme il a été fait au temps et ans passés y mais entendent à faire leur métier et labeur. Et si aucuns d'iceux sont trouvés faisant le contraire, si les emprisonnez , et faites ou faites faire d'iceux telle punition et jitstice qu'au cas appartiendra 9 tellement que les autres y prennent ^exemple. Et en outre, voulons et vous commandons, et étroitement enjoignons que quelques gens d'armes et de trait, en quelque nombre qu'ils soient , passant parmi volredit bailliage et ressort d'icelui , de quelque nation ou pays qu'ils soient, de notredit royaume ou dehors, venant devers nous en notredite ville de Paris , à notre commandement, pour ndus servir en ce que dit est, vous les laissez passer, aller et venir pleinement et paisiblement par tous les lieux , portes, ponts et passages de votredit bailliage et ressort d'icelui , sans eux faire ou souffrir être fait destourbier (trouble) ou autre empêchement quelconque, sous ombre de nos lettres d'inhibitions à vous envoyées; et de non souffrir aucuns passer, s'ils n'étoient mandés à venir devers nous par nos lettrespatentes , octroyées en notre grand conseil , de date subséquente de nos lettres de défense devant dites, ou autres quelconques à ce contraires , mais leur baillez et faites bailler et délivrer passage , conseil, aide et faveur, et secours, si métier est, par gardes-ponts , ports , passages et détroits de votredit bailliage, et autres quelconques , auxquels nous mandons qu'ainsi fassent sans aucun refus ou

174 CHRONIQUES d'eNGHERBAND (i4i4)

contradiction. Car ainsi nous plaît-il être fait , et ainsi l'avons ordonné et ordonnons être fait , nonobstant nos lettres et défenses , et quelconques autres ordonnances , mandements , lettres et autres défenses à ce contraires. El de leurs réceptions et de ce que fait en aurez, nous certifiez suffisamment ou à notre féal chancelier, afin qu'il appere mieux de votre diligence. Et gardez bien , sur peine de privation de votre office et sur les peines devant dites , qu'en ce n'ait point de faute.

» Nous voulons outre , et vous mandons, parées présentes, que toutes les causes et querelles mues et à mouvoir , dettes , besognes , possessions , et biens quelconques de tous ceux de votre bailliage, qui sont venu , et viendront devers nous à nôtredit mandement et service , vous les tenez et faites tenir par tous prévôts , juges, et autres officiers de votre bailliage, en état, du jour du partement, jusques à quinze jours après leur retour , sans faire ou souffrir être fait ni encontre eux être contraints , molestés, ou aucunement être empêchés au contraire ; mais si aucune chose étoit faite au contraire, que vous le réparez sans délai. Et de toutes les choses dessusdites et chacune d'icelles vous donnons et octroyons puissance , autorité , et mande* ment espécial par ces présentes. Par lesquelles aussi nous mandons à tous nos autres justiciers et sujets, qu'à vous et à vos commis et députés , en faisant ce que dit est , obéissent et entendent diligemment , et vous prêtent conseil , confort et aide ,

{i4i4) DE MOWSTRELET. 176

et prisons , si métier est , et de ce sont requis.

»DonnéàParis,le huitième jourdefévrier, Tan de ^râce mil quatre cent treize , et de notre règne le Irenle-lroisième.

«Ainsi signé, à la relation de son grand conseil tenu par la reine , où éloit le duc d'Aquitaine et plusieurs autres. Jean du Chatel. »

Lesquelles lettres , portées à Amiens , furent \k publiées.

Et adonc tous ceux qui tenoieut le parti , et avoient tenu, du duc de Bourgogne , tant à Paris comme ailleurs en la marche environ , furent et éloient fort oppressés et travaillés ; et erj y eut plusieurs pris et décapités , et les autres emprisonnés , et leurs biens pris et confisqués.

Et derechef , par la délibération du grand conseilroyal , fut fait et envoyé un mandement royal par toutes les parties du royaume de France , par lequel le duc de Bourgogne fut privé de toutes les grâces à lui autrefois faites; et avecquece , lui et ses favorables bannis et abandonnés. Duquel mandement la copie s'ensuit.

*< Charles, par la grâce de Dieu , roi de France , à tousceux qui ces présentes lettres verront , salut.

»Gomme après le très cruel et damnable homicide naguères commis et perpétré du commandement etordonnance de Jean, notre cousin de Bourgogne, en la personne de bonne mémoire notre très cher et très aimé seul frère , Louis duc d*Orléans , à qui dieu pardoint ; et depuis ledit homicide , ledit de

176 CHRONIQUES d'eNGUERRAND (i4i4)

Bourgogne fût venu en notre bonne ville de Paris atout grand* quantité de gens d'armes et de trait , contre notre gré et volonté, par-dessus nos défenses à lui failes , et qu'il se fût efforcé de soi cuider justifier dudit horrible et détestable homicide, par le moyen d'aucunes choses notoirement fausses et non véritables , et par plusieurs erreurs , et autres choses escandaliseuses et périlleuses pour notre seigneurie , et pour toute la chose publique, nous, considérant les très grands maux , inconvénients , et dommages irréparables , lesquels, par l'occasion dudit homicide étoienten aventure d'advenir à nous , à wtre peuple , et à tous nos sujets , veuillant obvier de tout notre pouvoir aux périls et inconvénients , et garder notredit peuple desdits dommages , euwssions mandé et fait venir en notre ville de Chartres notre très cher et très aimé fils , et notre neveu le duc d'Orléans, qui est à présent , et notre très cher et très aimé neveu le comte de Vertus , son frère , enfants de notredit frère , adonc mineurs d'ans ; et là eussions fait certains traités et apaisements entre nos devantdits neveux d'une part , et le duc de Bourgogne d'autre part ; et jà-soit-cè que ledit traité fût moult dura nosdits neveux, et étrange^ néanmoins s'y fussent condescendus pour nous obéir , et pour pitié qu'ils avoient des dommages qui pour la guerre pouvoient advenir au peuple , et qu'ils ont aussi souffert pareillement. Mais jà-soit-ce qu'icelui traité , entre les autres choses, ledit de

(i4»4; DB MONSTItELET. 1 77

Bourgogne eût juré , et promis en nos mains , de ci en avant il seroit bon, vrai et lojal ami à nos neveux , et de ceux qui les avoient soutenus et aidés, toutefois , ce nonobstant » assez tôt après il fit toutlecontraire.Car, en venant contre son serment devant dit et promesse^ pour soi venger d'aucuns de nos serviteurs , lesquels il soupçonnoit nous avoir conseillé de faire justice et raison de la mort de notredit frère, et aussi pour pourvoir à la fin à laquelle il tendoit toujours venir y et pour laquelle il avoit fait faire ledit damnable et détestable homicide f c'est à savoir afin qu'il eût seul et pour tous le gouvernement de ce royaume et de notre personne , fit prendre plusieurs de nos bons et loyaux serviteurs , dont il fit mourir les plusieurs y et des autres, par voies étranges et déraisonnables , grandes et excessives sommes de deniers exigea. Et pour ce^ nos neveux d'Orléans devantdits , voyant comment ledit duc de Bourgogne , par plusieurs manières ledit traité de Chartres avoit rompu , et rien n'en tenoit quoiqu'il eût juré et promis, nous requirent et supplièrent humbleinent , et par plusieurs fois , que nous leur voulsissions faire et administrer justice de leur père^si comme nousy étions tenus; mais ledit duc de Bourgogne^ qui nous avoit ôté nos bons et loyaux serviteurs , et devers nous avoit mis serviteurs, et officiers à sapoesté(pouvoir), nousempéchaafin que nous n'en tendissions à faire ladite justice comme nous étions tenus ; etquipis est, pour ce qu'iceux nos neveux véuient qu'ils ne pou-

ChROVIQU^ de MOHSTnSLBT. ^ 7^. ///• 12

1^8 CHUONIQUES d'sNOUBHRAND (i4i4)

voient avoir juslice pour rempêch^ment que y mettoit liçdit duc de Bourgogne , voulurentaucunement procéder contre lui par voie de fait , pour venger la;iiu>rt de leurdit père, si comme naturellement étoient tenus , ledit duc de Bourgogne leur imposa et fît publier faussement et contre. toute vérité, comme nous sommes pleinement informés et acertenés % qu'eux et. autres de notre lignée étant en leur compagnie » nous vouloient destituer de notre état et dignité royale , et faire nouvel roi en France.

>} Et sous ombre desdits mensonges et avènements, ccintre toute vérité, émut notre peuple coo* t^e eux et par ce voulant couvrir sa mauvaise et dan^pable querelle , sur mensonge ; dont tant de maux et inconvénients sont advenus , comme chacun ssgit*

» El sous ombre de ladite guerre , ledit duc de Bourgogne a fait prendre etemprisoitnery en nôtredit Cbâtelejt de Pariâ.et ailleurs , plusieurs notable^ genûlsbommes , chevaliers et écujers et autres, pource qu'il maintenoit qu'ils étoient favorables aux bienveillants de la partie de nos neveux ou de plusieurs autres de notre sang et lignage étant , eu leur compagnie ; et desquels il fit plusieurs questionner et cr^eusement tourmente^ , et puis après mourir sous ombre de justice ,' sans cause et sans raison ^ et les autres mourir de^aim ësdites prisons , et à eux dénier confession et autres sacrements ecclésiasiidques , emuL jeter aux champs , aux chiens ' et aux oiseaux , et faire dévorer aux bétes sauvages y

(«4*4) i>£ mojmsxhklët. lyq

saiis vouloir souffHrqu'iU eussent sépulture epclésiaî^tique ou anlreinent , ni que ieups enranis nouvellement nés ne fussent Iwiptisés , qui est expressément contre notre foi ; et en ces choses fit faire horribles , cruelles , et les plus grands inhumanités quoncques fussent vues ni ouïes«

» Ëtoutre plus , sous ombre de ladite guerrel, qui n'étoit pas nôtre ni devoit être , mais était sienne et pour son fait particulier , ic5?lui de Bourgogne fit lever el exiger , et sur nos sujets , moult excessive* el merveilleuses financés , tant par tailles , par emprunts et par réforiiiatioos, comme en probant au trésor d'alises , en nos cours de parlement , Châ* telet et ailleurs , mises en dépôt , et autres sommes de deniers , qui étoient mises et consignées , et déposées èsdits lieux au profit de^ femmes veuves et d'enfents mineurs d'ans> pour cause de retraite ou rachats de revenus ou d'héritage , ou autremen|; par plusieurs manières. Fil outre , ledit de Bour* gogne , en nos naonnoies , grands dcbiliiations el vilipensions ( détériorations )• de valeur , d;bnl il prit et par long-temps, cueilla moult grandi pro* fits et revenus, au préjudiçje de nous , de notre peuple et die la cho^e publique; et tant que, par icelles voies fraùduleusç$ et exhortations , ledit dé Bourgogne les piit ; et depuis deux ou trois ans çn çà , a appliqué à spo singulier profit , de nos finances et de il*argent de nos sujets , fa valçur de dix cent.milleflofins d'or et.plus , si comme nous^ été clairement nftootré par h^ comptes >. et sans

l80 CHRONIQUES d'hNOUBRRAND (i4i4)

ce qu'aucune chose* en ait été convertie en notre pl*(^L Pour laquelle occasion , le fait de marchandise et autres affaires nécessaires y pour le bien de nous et de notre royaume, ont cessé et été empêchés par aucun temps ; et les revenus de notre domaine et de nos aides sont , pour cette cause, moult outrageusement diminués , si comme tout ce est notoire.

» Et de ce non content , mais en intention totalement de détruire nos neveux devantdits, et aussi notre cheret aiméoncle leduc de Berri et plusieurs autres de notre sang et lignage , afin que le gouvernement de notre royaume demeurât audit de Bourgogne seul et pour le tout. Et nous fît mettre en armes , et notre très cher et très aimé premier fils, le duc d'Aquitaine ^ atout très grand' puissance de gens d'armes et de trait , en contraignant à là venir plusieurs de notre sang , barons , chevaliers et autres, sous couleur qu'il disoit laguerre être nôtre, dont il n'étoit rien , comme dit est ; et nous mener liors de Paris pour aller envahir, combattre et assembler contre nos oncle, neveux et autres de notre sang , comme s'ils n'eussent toujours été nos bons , vrais et loyaux parents , sujets et obéissants. Et de fait nous fit mettre le siège devant la ville de Bourges, où étoit notre oncle devantdit; et là nous fit tenir par l'espace de cinq semaines et plus , à notre grand déplaisir, nous et aussi notre fils, eu grand péril et danger de tiotre personne, tant pour les chaleurs qui courôient , comme pour les ins-

(i4i4) DE MOIMSTAE];^ BT.. i8l

tances qiiisurvinrent ervnolre exercileet autrement en moult de manières ; et tant qu'il convint que dudit lieu nousrevinssiôns en notre vîHecl'A.uxerre. Auquel lieu nous fknes venir et assembler nosdits oncle ^ fils, noveux et plusieurs autres.de notre sang et lignage^ Et là , par la grâce et aide de Dieu, et du commandement et ordonnance de nous et de notredit premier fils ^furent faits certains accords, traités et apaisements entre nosdits oncle ^ fils ^ neveux et cousins et ceux de leurs alliésd'une part, et ledit duc de Bourgogne d'autre et ceux de son alliance ; lesquels traités et accords toutes les deux parties jurèrent et promirent solennellement tenir^ garder et entretenir sans enfreindre,

» Ce nonobstant^ assez lot aprèsque nous fûmes revenus en noti^ ville de Paris , ledit duc de Bourgogne, en venant contre sondit. serment et sa pror messe^ pour vouloir briser et anichiier (annuler) lar ditepaix par nousfaitectparlui jurée, comme dit, est dessus, fit faire et ordonner certaines lettiTes partant en notre nom , lesquelles, furent appliquées à édit. Par lesquelles il nous faisoit rappeler et mettre à néant grand' partie de ce qui avoit été par nous, et notredit fils promis et octroyé , en faisant le con^ traire de ladite paix ; c'est à savoir, la restitution des terres et héritages , bénéfices et offices de ceux qui avoien>t tenula partie de notredit oncle , de noN fils et neveux devant dits y et autres de notre sang et lignage , de leurs alliés et de ceux de leur côté. Et qui plus est a fait tenir de fait par longue espace

i82 GuaONiQUBS d'enguerhand (i4ii)

de temps , contre notre plaisir et volonté , et contre nos délibérations et lettres sur ce faites , et contre son serment, les châteaux de Coucy et Pierrefons, appartenant à notredii fils d'Orléans , et plusieurs autres châteaux , terres, maisons et héritages appartenants à autres qui avoient tenu leur parti, sans ce que pour lettres quelconques par nous octroyées, ni pour vérification sur ce faite par notre cour de parlement , ni autrement , notre fils d'Orléans , et plusieurs autres de ses bienveillants , pussent avoir restitution et délivrance de sesdites forteresses et châteaux, terres, maisons et autres biens desswsdits; en opprimant et en forçant justice es choses dessusdites et en plusieurs autres , et mêmement celle de notre souveraine cour de parlement , qu'à peine étoit-'il homme qui osât dire quelque chose contre les volontés et entreprises dudit de Bourgogne et de ses complices. Et outre pour toujours détenir le gouvernement de nous , lequel il avoit empris , et celui de notre très chère et très aimée compagne la reine , et de notre premier fils , et aassi de tout le fait de notre royaume , et pour nous tenir en sujétion , ledit de Bourgogne fit élever et dessus ihettre en notredite ville de Paris gens populaires de petit état et de bas ; lesquels , sous la confidence et sous la puissance et autorité de lui et desoD enhorl (conseil), entreprirent à gouverner les -personnes de nosdits compagne et premier fils, et tous tes faits de notre Royaume ; lesquels son ventes fois sont venus es conseils de nous et de notre cour

(i4>4) 1>Ë MplNSTRBLET. iSS

de parlement moutt impétueusemeot et vialente^ ment^ et portant à dos bons conseillers et officiers grands menaces, tellement que justice n'y aVoit point de lieu, et qu'il eonvenoit que tout ce qu'il entreprenoit fût fait et passé comment qu'il flit. Et en persévét^nt en leurs maux et en leurs damnablè$ entreprises , vrai est que le vendredi ?ingl4iuitiènûle jour du mois d'avril dernier passé, pource que ledit de Bourgogne et lesdits gens de bas état et ^es complices et alliés sentirent et aperçuren t que plusieurs de notre sang et (ignage et autres , tant des officiers de notredite compagnie et de notre fils comme de Tuniversité , bons bourgeois et mar*chauds de ladite ville de Paris, étoient mal con-* tents du gouvernement et autorité que ledit de^ Bourgogne et sesdits complices avoient entrepris^ doutant qu'ils ne les voulsissent expulser dndit gouvernement , et puis après punir et corriger de leurs mal faits , firent faire une grand' •assemblée de gens , dont la plus grand^ partie ne savoient la cause pourquoi ils les faisoient assembler.

M Et de fait ^ sans autorité de justice, vinrent en armes par manière d'ennemis, à étendard déployé, devant l'hôtel de nolredit fils, aiiqucl , contre son gré et volonté, et en son grand déplaisir, ils pri^ rent de fait notre très cher et très aimé cousin le duc de Bar, etfdusieurs autres des plus espéciaux conseillers et serviteurs de notredit fils, qui étoient écrits en un rôle , lequel portoit le duc de Bottr^i^ogne en sa main , qui les fit mener en son hôtel d' Atv

l84 CHRONIQUES D^ENGUBRRAND (i4i4)

tois , et puis après en divers prisons. Et à un autre jour assez près ensuivant , revinrent lesdites gens de bas, état par Tenliort dudit duc de Bourgogne , par telle manière que dit est c'est à savoir, atout grand* assemblée de gens d'armes , à étendard déployé, à notre hôtel de Saint*Pol,auquel9 par force et violence, contre notre gré et volonté, et aussi de notredite compagne et premier fils , ils prirent de fait notre très cher et aimé frère Louis , duc de Bavière , et certains autres officiers de notredit premier fils , et aussi certaines dames et damoiselles étant en la compagnie et service de notredite compagne la reine, lesquelles ils prirent en sa chambre, elle présente ; lesquels tous ensemble ils emmenèrent et mirent en divers prisons , èsquels ils les ont très longuement tenus en très grand péril de leurs personnes. Et avecque ce les gens de bas elat , par le consentement , port , faveur et entreprise dudit de Bourgogne , firent plusieurs autres excès, crimes et délits; si comme de nuit et de jour, prendre sans autorité de justice plusieurs officiers de nous, et autres habitants de notredite ville de Paris , et eux mis en prison tantôt après plusieurs d'iceux occirent et tuèrent, et les autres jetèrent en la rivière et les noyèrent; et les autres firent mettre en chartre et composer à grand* somme de deniers , sans ce que pour lesdits excès on les osât reprendre ni corriger ; tout par le port et faveur dudit duc de Bourgogne , qui par ses moyens nous a tenu, et notre compagne la reine ,

(i4i4) J>E MOflSTAELET. l85

et aussi notredit fils Louis , en grand' servitude et danger , et telle que nous n'avions franchise ni liberté de quelque chose faire à notre plaisance ; mais nous avoit baillé depuis lesdites prises tous officiers et serviteurs à sa poesté ( puissance ) et méaiement de gens de petit état, jusqu'à ce qu'il plût à notre seigneur que par bon moyen , provision et diligence de notre très cher et bien amé cousin le roi de Sicile , de notre fils et neveu d'Orléans « et de nos très chers et amés cousins le duc de Bourbon , le comte d'AIençon , le comte d'Eu et plusieurs autres de notre sang et lignage , et de plusieurs prélats, barons, chevaliers, écuyers, et plusieurs de notre cour de parlement et plusieurs de notre fille l'université et bons bourgeois et marchands de notre ville de Paris ; nous, nôtredite compagne et fils fumes remis en noire franchise et liberté , en tel état que nous par raisons devions être ; et que ladite paix par nous faite audit lieu d'Auxerre et confirmée, est de nouvel jurée , tant par ledit de Bourgogne comme par autres de notre sang et lignage , jà-soit-ce que ledit de Bourgogne devant la chevauchée que notredit neveu et fils fit par le moyen de la ville de Paris, le vendredi quatrième jour du mois d'août dernièrement passé, se fut efforcé de tout son pouvoir de rompre et empêcher ladite paix , en faisant publier et dire en plusieurs hôtels et en moult de places communes de notredite ville de Paris, que accorder et consentir à ladite paix, étoit toute destruction des bonnes gensde notredile

]86 CHRONIQUES iî'iSJNGUBRRAND ( i4i4)

ville de Paris , qui étoit une très mauvaise , fausse iet damnaUle induction , comme il est assez notoire. £l depuis ladite pdix ainsi renouvelée et réformée , comme dit est > ledit de Bourgogne ayant grand' déplaisance d'icelle , et de ce aussi que Tuf^ des parties desdites gens de bas état , troubleurs et violeurs de paix» s'étoient absentés et rendus fugitifs de notredite ville de Paris y feignit qu'il en vouloit aller en Bourgogne , jà-soit-cé qu'il n'y allât point , mais s'en alla en Flandre et en ses pays ailleurs , et en ses terres et seigneuries , où il recueillit et recepta lesdits criminels et violeurs de paix 9 aussi faux traîtres homicides , lesquels de ^n commandement et ordonnance ocoirent et tuërent notredit frère de bonne mémoire , comme dit est. Et jà-soit-ce que depuis le département dudit de Bourgogne, nous eussions envoyé de vers lui nos messagers solennels , par lesquels , entre les autres choses , nous lui limes requérir et commander de par nous -, que lesdits malfaiteurs , lesquels il retenoit devers lui » desquels les plusieurs ont été convaincus de crime de lèse-majesté devers nous , et pour cette cause bannis perpétuellement de notre royaume , et les autres sont appelés au droit de nous , qu'il les nous voulsit envoyer pour faire justice selon leurs démérites , et aussi qu'il nous voulsit rendre ou faire ren* dre ou restituer plusieurs de nos châteaux, lesquels il détenoit ou fesoit détenir pour lui et à son profit , contre notre gré et volonté, c'est à savoir les ehâleaux du Crotoy , de Gaen et de Cherbourg;

(i4>4) DE MONSTAELET. 187

néanmoins de toutes ces choses a été inobédient, et qui pis est, sous ombre d'aucunes fausses et décevables couleurs par lui exquises (cherchées), fit le plus lirrand mandement qu'il put de gens d'armes , tant de ses pays de Bourgogne et de Savoie comme de Flandre , d'Artois et d'ailleurs, afin de venir et approcher vers notredite ville de Paris. Et pour avoir passage , port et faveur , écrivit et envoya lettres closes à plusieurs de nos bonnes villes , en requérant à elles confort sous couleur, de <ce qu'il disoit qu'il vouloit venir à Paris , par le mandement de notredit premier fils, pour nous mettre hors de servage et de prison , en quoi il disoit que nous étions détenus. Laquelle chose étoit une fausse et notoire mensonge; car nous ne fûmes oncques en plus grand' liberté et franchise que nous sommes à présent , et que nous avons été depuis son département de nous ; et ainsi il n'est point vrai que sur ce il ait eu mandement de nous. Mais est vrai que par nos lettres-patentes , nous et notredit fils lui avons mandé et défendu, sur tout quoi qu'il se pouvoit méfaire envers nous , qu'il ne fût si osé devenir devers nous atout (avec) compagnies ni assemblées de gens d'armes; dont il ne lui a chalu ni a tenu cure ; mais qui pis est , détenu et détient un des huissiers de notredite cour de parlement , lequel nous avidus envoyé devers lui , garni de nos lettres-patentes à luifaire les défenses ; lesquelles il lui afaites bien etsolennellenftent. Et en persévérant de mal en pis et continuant en son mauvais et dam-

j88 chroniques d'bngubrraihd (i4i4)

nable propos , et vilipendant et contemnant lesdits mandements et défenses de nous , qui sommes son souverain seigneur, et en soi rendant rebelle et inobédient à nous, de fait icelui de Bourgogne se mit en chemin contre nosdits mandements et défenses , en approchant notredite ville de Paris atout ( avec ) le plus grand effort et puissance de gens d'armes et de traits qu'il a pu procurer par manière de guerre et hostilité , en troublant et rompant de fait, en tant qu'en lui est, ladite paix par lui tant solennellement jurée, comme dit est et en lui constituant et rendant ingrat et indigne des biens et grâces par nous à lui faites au temps passé; et tient et amène en sa compagnie les faux traîtres, homicides , violeurs de paix , criminels et convaincus de crime de lèse-majesté, et bannis de notre royaume pour se efforcer d'émouvoir notre peuple à faire grand' sédition en notre bonne ville de Paris , et ailleurs ; et de fait s'est bouté en notre ville de 0>mpiègne , contre certaines nos lettres de défense par nous faites aux habitants de ladite ville qu'ils ne le souffrissent point entrer à puissance nia compagnie de gens d'armes , et desquelles lettres il étoit averti et certifié; dont il n'a tenu comple, niais icelle ville a fait tenir et occuper , pour soi aider contre nos défenses; et pareillement a (ait prendre notre ville de Soissons par aucuns de ses gens , nonobstant que les habitants de ladite ville eussent de par nous lettres de défenses, comme dit est, ce dont les gens dudit duc de Bourgogne ont été

(i4i4) DB MONSTRELET. 189

acertenés et avertis ; et tellement s'est approché ledit de Bourgogne, qu'il s'est bouté en notre ville de Saint-Denis en France, et icelle détient et occupe contre notre plaisir et volonté, en faisant d'icelle bastille et frontière contre notre ville de Paris ; et en démontrant par effet sa mauvaise et damnable volonté, vin tatou t(avec)sa puissance de gens d'armes par manière d'hostilité , atout sadite puissance , h étendard déployé, devant notredite ville de Paris ; et là se tint en bataille ordonnée par long-temps, et envoya ses coureurs jusques aux portes d'icelle ville , cuidant faire en icelle sédition , et émouvoir le peuple en cuidant en icelle entrer par force et violence , contre notre volonté, en faisant fait d'ennemi et en commettant crime de lèse-majesté envers nous ; dont plusieurs complaintes nous sont venues et viennent de jour en jour, incessamment. « Savoir faisons que nous les choses dessusdites considérées, et autres plusieurs à ce nous mouvant, et même eue considération aux manières qu'il a toujours tenues devers nous depuis la mort de notredit frère jusques à présent , lequel en tous ses faits a toujours procédé par voie de fait et par puissance et force d'armes , et ne voulut oncques obéir à nous ni à nos commandements, sinon en ce qui lui a plu; pour quoi il est et doit être tenu pour ingrat et indigne et privé de tous les biens et grâces que nous lui avons autrefois faites ; et eue sur ce très grand' et mure délibération de conseil avecque plusieurs de noire conseil, et avecque plusieurs de notre sang et lignage, et autres nos sujets

igo CHRortiQ^ss D'En6n£Rai.»D (i4j4)

et prud'hommes y Uni èe notre graru! conseil comme de la cour de Dotre parlement > et de notre fille rBraversité , et des bons bourgeois et marchands de notre ville de Paris en très grand nombre y icelui de Bourgogne et tous autres, qui contre nosdites défenses et ordonnances se rendront aveoque icelui duc , et qui lui donneront conseil ^ et aide après la présentation de ces présentes , avons tenus et réputés , par ces présentes te* nons et repu tons , tiendrons et réputerons pourre-* belles et inobédients à nous> pour violeurs de paix et fracteursy et par conséquent pour no&ennemis et ad^ versaires, et de tout le bien public de notre royaume. Ri pour ces cawses avons ordonné et déli* béré de mander et convoquer devers nous par forme d*arrière-ban et autrement , le plus tôt que faire Sjd pourra , tous nos hommes vassauK tenant de nous en fiefs ou arrière-fiefs y et aussi des gens des bonnes villes de notre royaume , qui ont accoutumé d'être en armes et suivir les guerres , pour nous aider , servir et conforter à résister à la perverse volonté et entreprise dudit de Bourgogne et desdits complices , et pdur eux mettre et réduire en pptre sujétion et obéissance , comme ils doivent être, et pour eux punir, corriger et châtier de îeurs m^lfaitç çt entreprises, tellement querhpQjieur nous en demeure , el que ce soit à tous exempie* Si donnons en mandement par cesprésentes» à nosi^més et féaux conseillers les gens tenant notre parlement , au prévôt de Paris , au bailli d'Amiens, à tous nos autres justiciers ^ officiers , ou à leurs

(i4>4) DE MOIS'STRELET. I9I

lieutenants , et à chacun d'eux y si comme à lui appartiendra , que ces présentes lettres publient ou fassent j^blier en leurs sièges et auditoires, et hors en lieux publies y par toutes villes et lieux à faire proclamations accoutumées, afin qu'aucuns ne puissent prétendre ignorance; en faisant commandement de par nous à tous nos justiciers , officiers et sujets autres qui ont accoutumé d'user d'armes y qu'incontinent , et le plus tôt que faire se pourra , il viennent. atout (avec) h^ plusi grand' puissance de gens d'armes qu'ils pqurrpot faire , po^ir nous servir eu ce qu'es cbpses de$susdites. notus leur voudrons comrnander, surtout quaqtqiie ils se pour** ronl méfaire envers nous y f») eitx <iontraigûant à ce par prise ^t expoliation de leurs iHen^^ par ar^ rets et détention d^ l^urs personnes y si métier est, tous ceux qu'ils trqtiyerohl être négligents ou en défaut d'obéir à nos commandements et ordonnances devant di^bed. £m témoin desquelles choses , nopsavons fait ni^ttne àces pressentes ootriâ scçlt

» Donné à Paris , le dixième jour de février , l'an de grâce mil quat^p centel: treize, et de notre règoe le trente-troisième»

» Ainsi signé par le roi, à la relation du granid coiv* seil tenu par ^a reine et monseigneur d'Aquitaine.

^ DBaioir* »

Lequel mandement lut publié à Amiens > et pui^ aprè^ es pr(\vâlés et partout le bailliage, par la caminissÎQj} dudit bailli.

Xg^ CHRONIQUES D EMOUBRHAND (liii)

S!^B9BBBBaHHPBiHB9BlB9BBI^BeaS

Page 1