CHAPITRE CXXII
Comment les chaînes 4e Paris forent ètëes et les Parisiens tenus en grand' subjection , et des mandements rojauz qui derechef furent publiés.
Après que le duc de Baurgogne se fut retrait (retiré) de France en ses pays , comme dit est dessus, Taneguy du Châlel , qui naguères avoit été fait prévôt de Paris, avecqueluiRemonnet delaGuerre, furent commis de par les ducs de Berri et d'Orléans , à foire ôter et détacher toutes les chaînes des rues et carrefours d'icelle ville de Pîaris , et les faire apporter à la bastille Saint-Antoine et au châtel du Louvre ; et aussi prirent et ôlèrent toutes les armures de tous les bourgeois et manants , et les firent porter es forteresses dessusdites , chevauchant parmi Paris en armes tous les jours à (avec) grand' compagnie. Et avoient chars et charrettes qui menoient lesdites chaînes et armures es lieux dessusdits. Et n'y avoient en ce temps si hardi bourgeois qui osât porter bâton défensable. Et avecque ce faisoienl lesdits gens d'armes le guet de nuit et de jour aux portes et murailles , aux dépens desdits bourgeois et manants , sans qu'ils eussent de ce faire quelque audience , ni qu'on se fiât de rien en eux. Pour quoi les dessusdits bour-
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geois furent nooult troublés et ennuyés en cœur , quand ils virent qu'on tenoit telles manières contre eux ; et en y avoit plusieurs qui se repentoient de quoi ils s'étoienl mis en la sujétion es adversaires du duc de Bourgogne , mais semblant n'en osoient faire.
A rencontre duquel duc furent derechef envoyés par tout le royaume divers mandements contenant, ou en substance, comment ledit duc de Bourgogne avoit été devant Paris, comme vous avez ouï dessus ^ et comment par ses lettres et autrement , il vouloit séduire le peuple contre le roi.
Duquel mandement la teneur s'ensuit, est à savoir de celui qu'il adressa au bailli d'Amiens.
« Charles , par la grâce de Dieu , roi de France , au bailli d'Amiens ou à son lieutenant , salut et dilection •
» Comme autrefois pour ce qu'il est venu à notre connoissance que Jean, notre cousin dé Bourgogne, notre ennemi, rebelle et inobédient, avoit écrit et envoyé par plusieurs fois lettres closes et patentes, tant en notre bonne ville de Paris comme en plusieurs autres bonnes villes de notre royaume, à séduire et décevoir notre peuple, et pour conclure sa mauvaise et damnable entreprise, que naguères il a faite pour venir à puissance de gens d'armes en notre ville de Paris , nous , par nos lettres lui eussions expressément mandé et commandé et défendu qu'il ne fût aucun , de quelque état qu'il fût, qui reçût quelques lettres closes et patentes dudit
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de Bourgogne; et que si elles étoient reçues, que ouverture ni réponse aucune en quelque nia-' nière n'en fût faite nullement y mais nous fussent envoyées ou à notre chancelier et conseil , à en ordonner comme de raison. Et il soit ainsi que ledit de Bourgogne, en continuant en son damnable propos , naguères ait envoyé certaines lettres-patentes scellées de son grand scel de secret en notre ville de Paris , et icelles fit afficher de nuit et secrètement aux poteaux de plusieurs églises et en autres lieux de ladite ville, et aussi en plusieurs autres villes de notre royaume, ainsi que nous avons entendu. Par lesquelles est certifié, entre les autres choses, qu'il étoit venu devers Paris pour nous et notre très cher et très amé fils duc d'Aquitaine mettre hors de danger et de servage, en quoi ledit de Bourgogne disoit nous être détenqs par aucuns étant devers nous, et que son intention étoit de jamais se départir desdites entreprises et procurations jusques adonc que iceux aient remis nous et notredit fils en notre pleine domination et franche volonté. Lesquelles choses devant dites ainsi , et autres par ledit duc de Bourgogne écrites, sont notoirement fausses et contre toute vérité , pour lesquelles choses grâces à Dieu rendons ; car nous ni notredit fils n'avons été ni sommes en aucun danger ni servage; ni notre honneur, ni noire justice, ni l'état de notre domination n'ont été ni sont de présent blessés ni amoindris : mais iceux toujours, depuis que ledit de Bourgogne se
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partit de Paris, arons gouvernés et gouvernons paisiblement et fi^anchenient , sans contradiction et sans empêchement , ce que faire n'avons pu depuis l'horrible et détestable homicide perpétréet commis par ledit de Bourgogne en la personne de bonne mémoire , notre très cher et très amé seul frère gern»ain, duc d'Orléans, auquel Dieu pardonne^ Et avons dominé depuis le parlement duclit duc de Bourgogne I et dominons notre royaume , ainsi que nous plaît , et de droit appartient ; et avons été obéis continuellement en toutes choses humblement et diligemment par tous ceux de notre sang et lignage, si comme ils étoient tenus, et ainsi que bon parents , vassaux et loyaux su jets dévoient faire à leur roi et seigneur souverain ; excepté toutefois ledit de Bourgogne, qui, contre notre volonté et expresse défense, a assemblé grand' quiintité de gens d'armes et de trait, et par manière ct'adterr saire est venu devant notre ville de Paris, ayant en sa compagnie plusieurs faux et déloyaux homi* cides, et autres pleins de crime contre la majetsté royale, et avecque ce autres bannis poup ce!t(e Cftujs^ de notre royaume. Par le moyen desquels atd^MiK cuns y ledit duc de Bourgogne , dé sa mau y^is^e: .^t obstinée volonté, cuida aussi entrer en notredite ville de Paris pour prendre et usuqiep tout ce qu'il écrit , au contraire de ces lettres : c'e*t:à $av<>lr ;1jb réginrte de nous et de notredit premier fils,. et du royaume et d'icelle ville approprier Iosa fioghc^js , ainsi que dep^iis le très horrible hon*iicide. il a loi>-
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guement (ait, à la très grand* déplaisance et dommage de nous et de notre royaume, dont ledit de Bourgogne et les siens ont eu et reçu soixante cent mille francs et plus : pour lesquelles choses et autres plus à plein en certaines nos lettres de ce Faites et déclarées, nous avons dit celui être rebelle, e1 à nous être inobédient , briseur et violeur de pix , et par ainsi ennemi de nous et de notredit royaume.
» Et pour ce qu'aucuns de nos vassaux et sujets, qui par aventure ont et peuvent avoir ignorance de la vérité des choses dessusdiles , pourroient aucunement foi ajouter en ce que ledit de Bourgogne par ses lettres a écrit et divulgué y ou pourroit écrire mensongeablemen t et contre vérité, et que plusieurs d'iceux nos vassaux et sujets pourroient par telles mensonges grandement être fraudés et déçus , ^t aussi que ce pourroit redonder et tourner en très grand préjudice et dommage de nous et de notre domination et royaume, et de nos bons et loyaux vassaux et sujets, nous, veuillant des choses dessusdites à un chacun la vérité être sue et connue, et obvier à telles mauvaises et damnablesi mensonges , et aussi aux maux et inconvénients qui seroient en voie d'exécuter , signifions et notifions que des choses dessosdites écrites par ledit de Bourgogne , semées et divulguées par aucuns de ses parents^ adjoints «t complices, n'en est rien nia été, et ne sont que fausses choses et piauvaises mensonges, trou- -vées pour séduire notredit peuple et parvenir à
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sa très mauvaise et devant dite damnable fin. Auquel de Bourgogne notre intention , à Taide de Dieu et de toute noire puissance , est d'obvier et résister, et le mettre et les siens adhérents, aidants et confortants, en telle sujétion et obéissance , que par raison doivent être mis sujets et inobédients à leur souverain seigneur. Et de ce est notre volonté ni aucunement ne départirons. Si vous man* dons etcommandons,surtoutquantque vous pouvez Tnéfaîre,que nos lettres vous fassiez solennellement publier par tous les lieux en votredit bailliage , èsquels il appartient à faire proclamations et publications , et es villes et ressorts dudit bailliage, tellement que nui ne puisse ignorer ni prétendre ignorance , en faisant commandement de par nous à tous nos vassaux , sujets de votredit bailliage, et que nous leur faisons aussi commandement sur la foi, loyauté et obédience qu'ils nous doivent, et sur peine d'élre réputés rebelles devers nous , et de forfaire corps et biens , que désormais en avant il ne reçoivent de par ledit duc de Bourgogne , ni de sesdits adhérents^ et alliés , aucunes lettres. Et si aucunes étoient reçues , nous leur commandons qu'ils n'en fassent ouverture, pu* blication , ni lecture , ni réponses quelconques ; mais toutes closes ou ouvertes, sans en outre pro* céder, les nous apportent, ou à notre amé et féal chancelier , à en ordonner si comme nous semblera bon d'être à faire ; et avec ce nous leurs défendons et expressément enjoignons, sur les peines dessus-
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dites , qu'à icelui de Bourgogne ni à sesdits aidants, adhérents, ou confortants, par quelque manière ne donnent aide et conseil, ni faveur , afin qu'ils se démontrent toujours être vrais obédients et sujets , si comme ils'doivent être ; ou autrement ferons punir les délinquants , si comme rebelles et inobédients envers nous, et tellement que sera exemple à tous lef autres.
» Donné à Paris, ledix-iseptième jour de février, l'an de grâce mil quatre cent et treize , et de notre règne le trente-troisième.
» Ainsi signées par le roi , à la relation de son grand conseil . Ë. Maurbgard. »
Et derechef fut envoyé encore un autre mandement royal contre le duc de Bourgogne, par tout le royaume, es lieux accoutumés, dont la teneur s'ensuit.
ce Charles , par la grâce de Dieu , roi de France , au bailli d'Amiens ou à son lieutenant , salut.
» Gomme il soit notoire entre nos sujets , et que nuU fie puissent prétendreà ignorance, que Jean , notre cousin de Boui^ogne, naguères soit venu en notre ville de Paris avec très grand' multitude et congrégation de gens d'armes et de trait , ce qui est contre notre volonté et plaisir , et outre nos mandements, inhibitions et défenses de par nous solennellement, tant par nos messagers comme par nos lettres , à lui par plusieurs fois faites , et que de fait il ait pris notre ville de Saint-Denis, et d'ii'elleait fait bastille contre notre ville de Paris; et
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de fait est venu a élondard déployé en bataille devant icelle; et couru et fait courir jusques aux portes d'icelle ville de Parb ; et encore détient et fait occuper par force aucunes de nos villes , comme Conipiégne et Soissons ; et se tient en notre royaume avec grand' quantité et grand* multitude de gens d'armes , qui en notre grand préjudice et déplaisir, et en trèsgraud' oppression etchai^ de nous et de notre royaume , et sujets et de quelconque chose, et qu'icelui duc de Bourgogne ait dit ou écrit son avènement être raisonnable, nous voyons clairement que sommes certains que toutes les causes , couleurs et raisons qu'icelui a écrites et dit de sondit avènement sont interceptions et faux mandements, et contre toute vérité; et que son propos et intention est seulement pour voir s'il pourroit entrer par violence ou force, ou par aucunes mauvaises manières et aguettements ma* licieux en notredite ville de Paris , pour faire son plaisir de nous , de notre très chère et très amée compagne la reine , et de notre très cher et très arné fils le <^uc d'Aquitaine, et d'autres de notre sang et lignage , et d'icelle notre ville ; et consé* quemment avoir du tout notre royaume , puissance et autorité; et par manière de tyrannie ustjrper le régime de notre domination , si comme notoirement autrefois il a été pris et gouverné , à la très grande et irréparable destruction , oppression et dommage de nous , des dessusdits de notre lignée , de notredite ville de Paris , et de tout notre
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royaume et sujets ; pour lesquelles causes , oous Tavoiis fait naguères dénoncer rebelle et inobédient à nous , et notredit adversaire et ennemi » avec tous ses complices, serviteurs, aidants et faveur portant ; de laquelle dite ville de Saint-Denis il est de présent issu , et ne savons quel chemin il veut tenir. Et par aucunes autres lettres vous avons mandé et enjoint que vous fissiez crier de par nous en votredit bailliage , que nul ne fût si hardi y sur peine de perdre corps et biens , d'aller le servir et accompagner en ladite armée par lui mise sus et assemblée ; et que tous ceux de votredit bailliage et des ressorts, qui contre nosdiles défenses sont venus et viennent en sa compagnie , vous prissiez ou fissiez prendre et saisir, etmettre en notre main leurs terres , héritages , possessions et biens quelconques, étant es mettes de votredit bailliage y et par icelle notre main fissiez iceux cueillir et lever ; néanmoins de ce faire vous avez été refusant j difiPérant et retardant , en tenant peu de compte de notredit mandement et ordonnance , si comme nous avons^en tendu; pour laquelle chose, s'il est ainsi , il nous déplaît , et non sans cause. » Si vous mandons , et derechef enjoignons délroitement , sous peine d'être privé de votre office, etsur tout ce que vers nous vouspouvez méprendre , que, incontinent ces lettres vues, vous fassiez , de par nous , crier et publier , à son de trompe , par tous les lieux accoutumés à faire proclamations audit bailliage, que nul, de quelque
état qu'il soit, ne voise (aille) servir ledit de Bourgogne, sadite armée et congrégation par lui faite. Et que tous ceux qui y sont allés, tantôt et sans délai retournent en leurs maisons , sur peine de perdre et confisquer par-devers nous corps et biens. Et' pource que plusieurs dudit bailliage notoirement sont en la compagnie dudit de Bourgogne , et aussi plusieurs sont audit bailliage de ses adhérents, confortants et favorables» qui, contre notre plaisir, volonté et ordonnance, murmurent et ont murmuré , et s'efforcent de séduire notre peuple et sujets, et donnent conseil, soûlas et aide en tant qu'ils peuvent audit de Bourgogne , et en la faveur d'icelui , si comme nous avons entendu , nous vous mandons et enjoignons, sur les peines devant dites, que tous les Èiens d'iceux , meubles , héritages , et possessions , en quelconques lieux qu'ils soient es mettes de votredit bailliage , et généralement de tous ceux qui, contre nosdites lettre^ font ou iront en sa compagnie, et lui bailleront ou donneront conseil, soûlas et aide, et autrement sont favorables à sadite mauvaise et damnable intention , vous les preniez incontinents ou faites prendre, et mettre en notre main réellement, et que vous vous aidiez de nos autres mandements sur ce baillés.
» Et néanmoins, vivons pouvez prendre aucuns desdits délinquants ou inobédients, prenez-les ou faites prendre, en quelconques lieuxqu'ils pourront être trouvés, hors lieux saints ; et iceux punissez des peines devant dites ou autrement , selon leurs
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démérites, ainsi que de raison sera. Et si iceux vous ne pouvez prendre, les faites appeler à nos droits par proclamation publique et sur peine de bannissementet confiscation de leurs biens. Etavecee, commandez, de par nous , par solennelle publication, ainsi qu'il est accoutumé , à nos vassaux et antres qui ont accoutumé de porter armes, qu'incontinent ils viennent par-devers nous , à la plus grand' force et compagnie qu'ils pourront , pour no.us servir et résister à la mauvaise volonté et intention dudit de Bourgogne et de ses complices , et à eux mettre et ramener en notre sujétion et obéissance, ainsi qu'ils doivent être; et iceux punir et corriger de leurs méfaits et oflFenses , selon raison. Et tout selon la forme de nos autres certaines lettres sur ce à vous naguères adressées. Et faites tant es choses devant dites et es dépendances d'icelles,que nous n'ayons cause de procéder contre vous , par défaut de non avoir obéi à nous.
M Donné à Paris, le vingtième jour de février, l'an de grâce mil quatre cent treize, et de notre règne le trente-troisième. Ainsi signé par le roi, à la relation de son grand conseil , tenu par la reine et monseigneur le duc d'Aquitaine.
» J. DU Chastel. »
Et puis après fut publié à Amiens , par la commission du bailli et par la commission d'icelle ville. De ce même an , le derrain jour de février, et un peu après.
En après, lurent envoyées lettres-patentes, de
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j>ar le roi , aux nobles d'Artois , et d'autre part, du bailliage d*Aniiens et de Tournai, et aussi de Verinandois, qui par-devant éloient alliés devers ledit duc de Bourgogne devant Paris , et en sa expédition Tavoient accompagné; et aux autres, qui n'avoient point été avec lui , furent envoyées lettres closes , scellées du petit rond scel. Les premières défendoient , de par le roi , sur les peines dessusdites , que désormais en avant les dessusdits nobles avec ledit de Bourgogne ne se tinssent ni accompagnassent, ni que à lui ni aux siens ne portassent ni donnassent conseil ni aide , mais se préparassent en armes et chevaux à servir le roi contre ledit de Bourgogne et contre ses aidants.
Les secondes lettres faisoient mention que les dessusdits nobles se préparassent en armes et en chevaux à (avec) la plus grand* puissance qu'ils pourroient , et que tôt vinssent à Paris audit roi , ou en quelque lieu qu'il fût, et que , par l'aide d'iceux , du tout en tout avoit intention d'impugner (combattre) et d'humilier ledit duc de Bourgogne, ses favorables et compagnons.
Et en ajwès , Ves deux manières de lettres dessusdites furent envoyées à Amiens par le chancelier, e( furent baillées au bailli d'Amiens ; et ledit bailli les envoya , selon ce qu^on lui mandoit, aux gardes des prévôtés çl bailliages , afin qu'une chacune garde desdits prévôtés et bailliages icelle baillât à ceux qui demeureroient en leurs prévôtés, et bailliages, et lesdiles gardes reçussent gïirdes s'ils
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pouvoient, et que icelles envoyassent à Paris; et aussi qu'iceux écrivissent comment ils les avoient baillées. Et s'ils ne pouvoient avoirlettres de récépissé , que aussi le récrivissent à Paris , afin que icelles lettres on sût qu'elles fussent reçues par ceux à qui le roi les envoyoit, et qu'ils ne pussent ignorer qu'ils ne les eussent reçues.
Auquel temps l'évéque de Paris, à la requête de ceux de l'université, envoya devers le duc de Bourgogne, pour savoir s'il vouloit avouer maître Jean Petit des articles que autrefois avoit proposés, à sa requête , contre le duc d'Orléans défunt. Lequel de Bourgogne répondit aux messagers que ledit maître Jean ne vouloit avouer ni porter, sinon en son bon droit. Après laquelle réponse , iceux retournés à Paris devers ledit évêque et l'inquisiteur de la foi, fut ordonné que les articles dessusdits seroient condamnés à être ars publiquement, présent le clergé et tous autres qui voir le vohdroient, et ainsi le fut fait. Et adonc fut renommée qu'on iroit quérir les os dudit maître Jean Petit , qui étoit enterré et trépassé en la ville de Hesdin ; mais enfin rien n'en fut fait. Et vouloil-on les ardoir en la ville de Paris, au lieu où lesdits articles avoient été ars.
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