‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 74 sur 103 · CHAONIQUES D*£If6UBRRAlMD MtO · texte numérisé non relu

CHAONIQUES D*£If6UBRRAlMD MtO

c'est à savoir messire Martelet de Mesail, Ferry de Mailly , Hector et Philippe de Saveuse, frères; messire Manroj de Saint- Léger, messire Pajea de Beaufort, Louis de Wargnies, et plusieurs autres ; lesquels , en fort d^âtant le pays , allèrent par le Pont-Audemer jusques audit lieu de Lagny-sur -Marne , devers iceluiduc de Bourgogne, qui mandés les avoit ; et tant multiplia sa compagnie, qu'ils furent bien vingt mille chevaux ou plus.

Durant lequel temps, le roi Louis, sachant que pas n'étoit aimé dudit duc de Bourgogne, pour la cause du renvoi de sa fille, se partit de Paris tout malade et s'en alla à Angers. Mais par avant son parlement se voulut soumettre de leur discord sur le roi et son grand conseil, moyennant qu'il fût ouï en ses défenses ; à quoi icelui duc de Bourgogne ne voulut aucunement entendre ; mais fit réponse à ceux qui pour cette cause furent envoyés devers lui , que du tort et du blâme que ledit roi Louis avoit fait à lui et à sa fille, il l'amenderoit en temps et en lieu , quand il pourroit.

Lequel duc de Bourgogne, de Lagny-sur-Marne, où il étoit , envoya à Paris . devers le roi et son grand conseil^ messire Jean de Luxembourg, le seigneur de Saint-Georges, et plusieurs autres nobles conseillers , qui exposèrent pleinement au conseil du roi la cause de sa venue , en faisant sa requête qu'il pût entrer en Paris avec toute sa puissance pour la sûreté de sa personne y mais sur ce ils

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n'eurent aucune réponse , sinon que le roi envoieroit devers leur seigneur le duc de Bourgogne , bien bref lui faire réponse. Lequel renvoya maître Jean de Vailly , président en parlement , et aucuns ambassadeurs du conseil du roi ; mais en la fin y après plusieurs traités et ambassades y il ne put pas finer au conseil du roi, ni aux Parisiens, d'entrer à puissance dedans ladite ville de Paris ; ains (mais) lui fut dit que s'il vouloit y aller en son simple état, le roi et son conseil en étoient contents , et non autrement ; ce que le duc de Bourgogne n'eût jamais fait ; car bien savoit que ceux qui goûvernoient le roi étoient ses mortels ennemis , et ne s'y fut pour rien fié.

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