Surate V., v. Sg, édition de Ilinckelmann
taires , pourrait seule amener la paix et fortifier la religion. Il ajouta <jue le propbète avait promis, ainsi que le rapportent des traditions certaines, que son . peuple s'-empar^:*ait cle cette ville spacieuse , de cette place bien fortifiée , et iju'elle deviendrait le séjour des mu^hnans et la résidence des unitaires ^ ; ety après avoir inspiré à ses guerriers le goût du miel du martyre ^ il dirigea . les rênes du coursier de son bonheur versl Constantin nople.
Conformémept aux anciens usages , les uléma», les scbeiks et les descendants -du prophète, suivirent quelque temps le khosroès victorieux , priant pour le succès de ses aimaes. Une foule d-esprits purs accompagnaient ces troupes belliqueuses ; des légions du monde intellectuel Içur servaient d'ava^t-garde ^ et les tx)ntemplatifs Aic-^hems-eddin et Ac-bic-dadé , marchaient auprès des cohortes de la victoire, pour demander le secours de l'Etre bienfaisant*
Un matin , pendant que l'armée lumineuse du soleil s'avançait pour s'emparer du château dés ténèbres , l'avant-garde victorieuse du grand schàh arriva sous les murs de Constantinople. Bientôt Tarmée impériale, semblable à une mer sans limi-
I. Solak-Zaàeh ^ônne le texte de la tradition : «Certes, » Conçtantinaple sera prise par une armée excellente , sous » les ordres d'un général excellent. »
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tes et à un torrent impétueux , se précipita sur ses traces ,■ et vint assiéger la ville du côté de la terre.
A la nouvelle du desisein formel de Mahomet , le malheureux empereur grec avait fait tous les préparatifs nécessaires pour soutenir le siège , et avait apporté tous ses soins^ à faire réparer et fortifier les remparts; mais comprenant que vouloir s'opposer à ce prince , aussi heureux que Féridoun , à ce héros qui avaitapprivoisé le faucon de la fortune au vol élevé, c'était imiter le faible passereau qui essaierait de résistera un puissant oiseau de proie ; sachant de plus que le désir qu'il avait d'estre indépendant , était la cause de ses débats avec l'empereur musulman , il envoya à la cour de bonhem* et de gloire un ambassadeur, pour déclarer qu'il se soumettait, offrant à Mahomet les places qui étaient dans les environs de Constantinople avec leurs dépendances , pourvu que le monarque daignât lui laisser la capitale de l'empire grec ; demandant de partager le sort des autres princes infidèles qui étaient tributaires, et s'eagageant d'envojer chaque année le tribut qui lui serait imposé.
Le sultan équitable dédaigna les paroles de l'envoyé , et lui faisant connaître ces mots : V islamisme ou le combat^ il le chargea d'inviter soû maître à livrer la ville.
L'empereur grec , désespéré , réunit alors toutes ses forces , espérant renverser à coups de mousquets et de bombardes les rangs des guerriers de la foi,
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et de les brûler avec des grenades pleines de naphte.
Les assiégeants et les, assiégés poursuivaient leurs travaux ; ils étaient sous les armes depuis l'aurore , jusqu'à ce que le soleil, oiseau aux. ailes dorées, cessât de se montrer à la terrasse de Uharizon. Les musulmans placèrent convenablement les canons dont nous avons parlé, et construisirent leurs retranchements. Ce furent les azebs et les janissaires à qui le sultan confia cet emploi. Bientôt les portes et les remparts de Constantinople , semblables au cœurdhm amant malheureux , furent percés en mille endroits. La flamme qui sortait de l'embouchure de ces instruments de combat, au corps d'airain, à la bouche de feu, jetaient la douleur et le trouble parmi les mécréants. La funiée qui se répandait dans les airs, et qui montait jusqu'aux astres , rendait le jour lumineux , semblable à la nuit sombre; et bientôt la face du monde devint aussi obscure que \à fortune noire des malheureux infidèles. En s'échappant de l'arc, les flèches, comme des ambassadeurs , faisaient entendre aux oreiUes des ennemis privés d'anges gardiens, la nouvelle exprinaée par cette sentence du Coran : Partout où vous serez , la mort vous jr atteindra » . Les bali3tes lançant sans cesse des pierres aux téméraires qui défendaient les tours et les remparts ,