‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 5)Chapitre 116 sur 125 · I. Surate XXXVII, V · texte numérisé non relu

I. Surate XXXVII, V

a. Surate LXXV, V. 10.

pour lui ôter le dernier souffle de la vie. Dans ce moment de désespoir, rinfortuné, aidé du secours de Dieu , précipite cet ennemi de la religion de dessus sa selle, ornée d'or, le renverse sur la terre noire , et fait pleuvoir sur sa tête les fourmis de son cimeterre guerrier. Cet exploit, qui apporta du soulagement aux souffrances du bon musulman, mit en déroule ceux qui suivaient l'empereur. N'ayant que la mort devant les yeux, ils s'enfuirent loin du lieu des regards ; aucun d'eux ne resta dans le lieu du combat, et n'osa mettre la mainàl'épée. Sur ces entrefaites , les musulmans ouvrirent les portes de la ville, et les troupes, asiles de la victoire , .qui étaient hors de la place , commencèrent à y entrer au-devant du roi puissant. Avec la permission du sultan, les troupes fortunées pillèrent la ville durant trois nuits et trois jours, et firent jouir l'œil de leur espoir de la vue des beau-tés grecques y au ris doux comme le sucre. Ce métal , qui , pour l'insensé , est une source de malheurs et qui donne la réputation et la prééminence aux gens inconnus du monde , fut le partage de ceux qui échangent la denrée de l'existence corporelle'^contre le capital de la vie éternelle.

Le troisième jour, les^hérautsdelaCour Sublime firent connaître la v solue que le destin sassent le pillage', et demeurassent t ayant été exéxîuté , fourreau et les arcs

ÔJO APPENDIGB.

Par les soins du monarqne fortuné , la pous^èrc du combat fut abattue ; l'épée de la guerre suspendue ; on jeta les flèches et l'on brisa les arcs. Par ses eflForts généreux , on entendit , au lieu du bruit détestable des cloches, la profession de foi musulmane et le cri cinq fois répété par jour, de la religion du prophète * . Les églises de Gonstantinople furent dépouillées des idoles qui les souillaient; eues furent purifiées des impuretés chrétiennes. Les usages antiques furent entièrement changes ; plu^ sieurs temples et chapelles des Nazaréens, par le placement du mihrab&et de la chaire des fidèles, rivalisèrent avec le paradis élevé. Les rayons lumineux de l'islamisme dissipèrent les sombres ténèbres de la méchanceté.

Aprè§ que ce séjour enchanté , qui excite la jalousie de la citadelle verte du ciel^ eut été, pendant tant d'années , rempli d^ insectes et de reptiles^ il devint, parla grâce du créateur, la demeure des unitaires ; et la clé de ce pays , nouvellement conquis, oui^rit la serrure de bien des choses difficiles.

D'après Achic-pacha^, lacélèbre prise de Q>n-

I . L'auteur veut parler ici de l'appel à la prière, qui se fait du haut des minarets cinq fois par jour. Plus bas il compare ces minarets à des platanes touffus sur les rameauœ desquels des rossignols du jardin de la sainteté viennent se poser et chanter l'unité de Dieu.

î^ Athmed bçn-Yaîiia ben-Soliman-ben-Achic pacha est auteur d'une histoire des Ottomans itititulée Tarikhri-ali'Othman, C'est une des plus anciennes chroniques otto-

stantinople eut lieu un dimanche , et le cinquanteunième jour depuis le commencement du siège.

Toutesfois, il est dit dans la chronique de Nochri ', que le siège commença au milieu de rehi-uL-es^el ( vers la fin de mars ) , et que la conquête n'eut lieu que le 20 de joumazi-id-akir'^ 867 (27 juin 14.53). La date de la prise de celte superbe cité est ville excellente 3.

mânes y et elle est du nombre de celles que Saad-eddin a consultées pour composer la sienne. (Voyez, au sujet de celte histoire une note de M. de Hammer , dans \e Journal asiat,, tom. IV, pag. 34. )

1. Mevla Mohamed en-Nochri el-Modarres, auteur d'un Tarikh-i-al'i-Othman ou histoire ottomane..

2. Il y a un abrégé en turc de l'histoire ottomane , qui place la prise de Constantinople au 21 rebi-ul-evel 857 (i" avril 1453 ).

3. Les Turcs sont dans l'usage de fixer la date des événements importants par une sentence anagrammatique d'un ou plusieurs mots , ou par un ou plusieurs vers qui renferment l'anagramme de la date. Cette sentence et ces vers ont rapport à l'événement. On obtient ces phrases mnémoniques par la valeur numérique àe» lettres de l'alphabet arabe. Les deux mots turcs qui se traduisent p^r ville excellente ( tirés du Coran, Surate xxiv. v. i4) , équivalent à 857 en faisant F-addition deallettres*

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