‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 5)Chapitre 62 sur 125 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Comnqient Saint Million et Liboume se rendirent an roy de Franche , et de plusieurs places que le comte de Clermont meit en Tobëissance du roy de Franche.

Depuis la rendition de Châstillon , se partirent les Franchois avec leurs puissants canons et artillerie, et allèrent devant Saint-Million. Lesquels, voyants qu'ils ne pouvoient résister contre les Franchois, se rendirent, et ils furent receus à merchy . D'illecq tira toute Tarmée debvant la ville de Libourne, laquelle n*avoit point esté bailliée du gré de ceux de la ville es mains des Anglois , quant Tallebot arriva à Bourdeaux : car les Franchois , à qui ils avoient esté bailliés en garde , quant ils sçeurent la venue de Tallebot , désemparèrent la ville; sy convint les habitants d'icelle obéir à* icelui Tallebot ; pourquoi, quant les Franchois vindrent , ils se rendirent au roy , et le roy les receut en sa bonne grâce ; et ne feurent en rien molestés. En ce temps , le comte de Clermont , lieutenantgénéral du roy, estoit au pays de Guyenne et de Bourdelois , de là la rivière de Gironde, es pays de Languedoc , et estoient en sa compagnie le comte de Foix, le comte d'Albreth, le sieur d'Orval et son fils, messire Theaude de Vaux, Erque, bailly de Lyon , le sieur de Saint-Cailles , grand eseuyer d'es-

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cnrie , méssire Bernard de Bierne (Béarh) , le vicomte de Touraine , le sieur de Lavadan , et plusieurs autres capitaioesavecqdix-huict cents 1 anches, et les archiers et guisarmiêrs, lesquels s'y gouvernèrent en telle manière, que par courses qu'ils feissent sur le pays , en prendant prisonniers et gastant le pays, oncques Anglois de Bourdeaux, qui estoient bien huict mille combattants , ne se embattirent sur eux et ne contredirent en rien.

Ije quatorziesme dudit mois de juillet , le comte de Clerniont et ceux de sa compagnie, allèrent mectre le siège devant le chastel noeuf de Made (Médoc) ; et feurent devant par l'espace de quinze jours ; ettenoit la place pour*le roy d'Angleterre le seigneur de Lisle, chevallier gascon, lequel, voyant lui eslre impossible de la plus tenir, la rendist aux Franchois. Ce fait, icelui comte et ceux de sa compagnie allèrent mectre le siège devant Blancfort ; et là se partist d'eux le comte de Foix et le sieur de Lautrec son frère , et allèrent mectre le siège devant le chastel de Cadillacq; et le sieur de Xaintrailles alla devant Saint-Macaire , et le meit en l'obéissance du roy; et le sieur d'Albrecq se partist de devant Blancfort , et alla devant Langon et Villendras, lesquels il meit pareillement en l'obéissance du roy de Franche, estants les autres Franchois encoires devant Blancfort; et tenoient à la fois les Franchois deux ou trois sièges , lesquels on nombroit mille lanches , en ce comprins les gens du comte d'Ermignac , que conduisoit ung escuyer

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nommé Lasué de Lange, séneschal de Rouargue.

Cependant que le siège estoit devant Gadillacq , le Comte de Clermont tenoit toujours le siège devant Blancfort, et le tint tant qu'il se rendist à lui.

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