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glois. Lors lesdits bastards et archiers montèrent à cheval et allèrent après les huict Anglois ; et quant lesdits Anglois les veirent, sise meirent à courre et les autres à cachier (chasser) ; et en courant Tung des chevaux desdits Anglois fust recran t (fatigué); si demeura derrière, et fust ledit Anglois tué de ces archiers.TantcachièrentlesditsAngloisqu'ilsvindrent là où leur embûche estoit; de laquelle embûche saillirent sur lesdits bastards et archiers. Lors se meirent à retourner et prindrent la fuite , et en fuyant y oit ung desdits archiers, nommé Colinet-le-Brasseur, lequel fust tué. Il y oit trois débits archiers , lesquels se bouttèrent au bois , et par ainsi eschappérent ; les autres se bouttèrent en une maison assés près , et illecq se deffendirent. Quant les Angiois veirent ce , si y voUurent boutter le feu ; quant aucuns desdits archiers apperceurent ce , ils saillirent en la cour , et se deffendirent et blessèrent plusieurs Anglois; mais en la fin ils feurent touts mis à mort. Quant veit Taisné desdits bastards , nommé Bonnet , lequel en l^bsence de son père estoit capitaine des archiers du duc, il demanda s'il n'y avoit nuls gentilhommes en la compagnie , et estoit ledit Bonnet moult valliant josne homme et bien aimé ; lorsque les Anglois lui respondirent que oui et que hardiment descendist et que mal n'auroit de son corps , lors ledit Bonnet , après ce qu'il se fust deffendu le plus qu'il peut , et que bien voyoit qu'il ne pooit plus résister , descendit sans baston , lequel , sitost qu'il fust des-
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cendu , lesdits Anglois le prindrent et lui couppèrent la gorge , et ainsi mourut. Et fust ce fait le jour Saint-Betremieu (Barthélémy), en aoust audit an cinquante huict.
Audit an, le vingt-septiesme dudit mois d*aoust , le duc vint en la ville d'Arras; et illecq, pour plusieurs choses par son conseil proposées , demanda certaines aides, lesquels lui f eurent accordés , c'est à scavoir aide et demi ; puis se partit dudit Arras et s'en alla à Lille.
Audit an aussi, le vingt-septiesme dudit mois d'aoust , environ six heures du vespres, par le commandement dudit duc , par vingt-quatre de ses archiers de corps y en la ville de Douay , en l'église des Frères mineurs, feurent prins Jehan de Ferrin, lui sixiesme et ses complices, lesquels avoient mis à mort, comme dessus est dit ; Willame d' Aubermont ; et feurent menés à Bouchain en Haynault, et le quinziesme de septembre ensuivant, feurent décappités trois desdits compagnons et mis sus deux roues hors à l'entrée des portes de la ville ; et n'y demoura que ledit Jehan Ferrin, et un sien cousin germain nommé Cahe , lequel avoit agachié lesdits d' Aubermont ; et ce n'euist esté que Jehan , abbé de Saint Vaast,'auquel ledit Jehan Ferrin esloit parent, et pour lequel ledit abbé se jetta à genoux devant le duc, en lui priant qu'il euist pitié dudit Jehan Ferrin et ne le feist point mourir, ils euissent, comme on disoit, touts esté décappités. Et fust son cousin respilé (épargné) avecq lui, pour tant qu'il
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le avoit servi comme parent , et les trois autres l'avoient accompagnié et servi par argent. Toutes voyes, combien que on né les euist fait mourir , si demourèrent - ils prisonniers i et n'estoient point asseurés encoires que on feroit d'eux , pourquoi ils feirent tant à leur chepier (geôliers), que par argent il les laissa VHider jet s'en alla le chepier avec eux.
En ce temps aussi, le duc estant en la ville d'Ar- * ras , tint sur fonts en l'église Nostre-Danje d' Arras, ungfils que Anthoine de Habarre, chevalier, avoit eu de sa femme, la fille du sieur de Contay, et le tint sur fonts avec le duc, son bastard, et la dante de Contay, mère de ladite dame de Habarre, et y oit trente torses pour porter l'enfant aux fonts. Ledit sieur de Habarre estoit en ce temps fort craint en la ville d' Arras et environ , pour tant que plusieurs compagnons se disoient à lui , lesquels avoient fait plusieurs, homicides, et tenoient fillettes, et ne se faisoient toutsles jours que combattre. Ledit sieur de Habarre estoit lui troisiesme de frères légitimes, Pierre et Raoult , lesquels estoient réputés valliants hommes de leurs corps, en guerre et autrement.
Audit an aussi, le dernier d'aoust, le bastard d'Auteville , lui deuxiesme , au terroir de Chelers , ledit bastard estant à cheval et son compagnon à pied , assaillirent un bon laboureur , lequel amassoit avoine, nommé Jehan le Puchier ; lequel Jehan sedeffendit très fort ; enfin, ledit bastard l'occit et tua d'une longe de bœuf qu'il portoit, qui estoit ung long baston comnaed'oseraie, que son corapa-
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gnon tira; et disoit-on pour ce que ledit Jehan avoit prins à marri^ge une josne fille que ledit bastard aimoit.
Environ ce.tenvps aussi, le vingt -sixiesme d'aoust, environ icelui ville de Chelers, sept compagnons prindrent en plein champ une josne fille, laquelle amassoit avoine avecq sa mèrfe et sa sœur; et battirent la mère et la sœur, tellement, que la mère fust en péril de mort ; et amenèrent ladite fille ; et trois jours après vindrent à la feste audit Chelers ou autre ville environ , et ramenèrent la fille , laquelle ^disoit que c'estoit de son bon gré qu'ib la avoient emmenée. Toutesfois combien que les amis de la fille s'en allassent plaindre au siear de Çriencourt, qui estoità Arras devers le duc, lequel ne s'en bougea.
A vérité dire, en ce temps on faisoit si peu de justice, pourquoi on faisoit tant d'occisions et de larcins sans nombre ; et n'y avoit homme de pied , laboureur, marchand^ ni autre qui osast aller par les champs, qui ne portast ung espieu, hache ou autre baston, pour doute des mauvais garchons ; et sembloit que chacun fust homme de guerre; et quant les manants du pays propre avoient desrobhé aucuns de nuict , on disoit que c'estoit ceux de la garnison de Calais ; et tout ce se faisoit par faute de justice.
Audit an , le quatriesme de septembre , en la ville d' Arras , sur les cresteaux de ladite ville , assés près de la porte de Meaulens , on trouva ung en-
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fant nouveau-ïié mort, et avoit-on mis sur ledit enfant une grosse pierre de grez. Duquel fait fust subconnée une fille demourant à la maison Gillot Gissart, cordonnier, assez près, laquelle fille, ce dit jour au matin, estoit allée au village de Thélue, à la feste ; auquel lieu de Thélue , Robert Marcats, lieutenant d'Arras, Talla quérir et la ramena à la Cour-le-Comte prisonnière ; laquelle confessa avoir eu ledit enfant , et le meurdri ; pourquoi- fu$t condamnée à estre ardse, et fust ardse le sixiesme dudit mois.
En ce temps, Jahequin du Chastel , capitaine du chasteau et cbastellenie de Bancaire, assés près d'Avignon , clost son dernier jour ; et mourut de mort naturelle. Lequel Janequin méurdrit et bccit Jeban, duc de Bourgogne , père dudit Philippe , duc de Bourgogne, lequel fust traitreusement et vilainement meurdri et occis en la présence du roy Charles septiesme de ce nom , qui encoires vivoit , lequel jx>y estoit lors dauphin de Vienne; et fust meurdri sur le sauf-conduit dudit dauphin , cV>mme assés pourrez veoir et savoir, sy voulez lire les croniques sur ce faites; et se feit ledit murdre à Monstreau-Fault-Yone, enl'an mil quatre cent-dixneef " .
Audit an , en plusieurs lieux , leis bleds feurent ennielés , par-espécial les purs Meds; mais toutes voyes il fust grande planté (quantité) d'autre bled etfeit bel aou^tetsecq.
"* I . Voyez le tome iv de Monstrelet.
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