‹ Chroniques d'Enguerrand de MonstreletChapitre 36 sur 54 · CHAPITRE LXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXI

Comment ceux de Dynant se rendirent par forched^estre battus d'en^^.

Lb comte de Gharollois vojant la malle obstination de ceux de Dynant , après que touls ses engins feurent dressés^ sy commenchèrent à jetter l'ung après l'autre, par si grande impétuosité , que ils ne cessoient trois ou quatre heures ; lesquels durant, ceux de la ville ne se scavoient où sauver, et ne voyoient goutte ; et estoit ung droit enfer que d'y estre pour l'occision, foudre et tempeste que les engins faisoient en la ville ; et disoit-on que en cinq ou six jours , y moururent bien sept cents personnes dedans la ville , ce que je ne certifie point. Toutesfois , ce temps durant , le duc de Bourgogne feit faire deux ponts à Bouvynes pour passer la rivière de Meuse , après que les murailles et les tourres, lesquelles avoient plus de noeuf pieds d'espais, feurent fort endommagiées , et que on

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oit abbattu plus de soixante pieds de murailles. Le venderdy ensuivant ,huict hommes des plus re-séants de la ville , par sauf-conduit, vindrent en l'ost pour cuider avoir paix; mais ils ne y feirent rien. Le samedi ensuivant on feit commandement par l'ost , que chacun fust prest le lendemain.pour assaillir la ville , et que chacun euist un fagot pour emplir le fossé. Le lendemain , qui fust dimanche^ après messe, comme on cuidoit assaillir la ville, le duc ne le volt souflfrir, et envoya dire qu'il vouUoit qu elle fust encoires plus battue d'engins; et le lundy on rua merveilleusement sur la ville, et fust moult fort battue; car ceux delà ville recoient comme par désespoir. Quant ceux de la villeveirent leur ville si battue qu'ils ne sy p(droient plus bonnement tenir, sy vuidèrent ceux de leur garnison ets'enffuirenl. Le remanànt (reste), quivéoient quede leurs gensy avoit grand nombre de morts, se voiidrent (voulurent) tendre, saufs leurs vies; mais le duc ne les volt recepvoir . Leditjour de lundi,y oit trente ou trentedeux hommes morts des gens du comte par une flanmiëeque qui chéit en ting tonnel de poudre de canon que on avoit oublié à clorre, quant onboutta le feu en une bombarde. Plusieurs feurent bîessiés; ^t par espécial, ung vaillant chevalier nommée messire Hugues de Mailly, sieur de Boulliencourt , oit tout le visage bruslé, mais il fust ^nis guérie. Icelui jour de lundi, vingt-cinqniesme jour d-aoust, le duc de Bonrgogpe fust adverti pav son nepve% évesque de Liège, qui se tenoit en la ville de Huy>

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que ceux de la cité de Liège estoient issus' de trente à quarante mille hommes , en intention de venir lever le siège ou livrer bataille au duc. Le duc prestement assembla son conseil et ses chevaliers pour scavoir qu'il feroit, ou s'il lèveroit le siège pour aller allencontre d'eux, ou s'il lairroit une partie devant Dynant pour garder les engins , et l'autre iroit contre ceux de Liège, ou s'ils les atten* droient de pied* Pourquoi lors lui fust conseilliè, que, ains qu'il levast le siège, ne aîlast contre eux; qu 'il assaillist la ville, et qu'il la auroit prinsouli vré grand assaut , ains que ceux de Liège feussent ve-mi^ jusques à eux; et sy ne la avoit prins, sy slot pcftt^il tellement travaillé la ville, qu'ils neauroient pooir de saillir sur eux, s'ils alloient contre ceux de Liège. Lequel conseil fust tenu; et fust commandé que par l'ost, chacun se meist en poinct pour as^ saillir, et apportast chacun son fagot; et comme chacun estoit prest, environ cinq heures du vespres, ceux de la ville, doublants qu'ils r\e poiroient $ouffrir, saqs touts mourir, ledit assaut, se randireot à ia volonté du duc, et portèrent les clefs ^u bastard de Bourgogne , qui les porta au comte de Charol-r lois, lequel comte ne les voplut reeepvoir sans lextonsentement de son père. Lequel consentement jetiv il lesreceupt; et entra ceste nuictle bastard de BoBvgpgjne dedans le chââtel de Dynant, qui lui fusd desjivvè ; ef le marèsclial de Bourgogne , ie seigneur de j^Iaroeul et le capitt^ne de Bouvynes entrèrent avecq leurs geas dedans et gardèrent

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