L*Y est placé à l'intérieur de
v]o6ltdu Beaç PwptTiÇ xal auTOxpatopoî OcôO t]oîJ EeôaaTOîJ, âp^tepécç (sic) jjir^'TCou >tal waxpoç Tîjç waTpSoç, xal T0Î3 fftSjJLxavTCç T(5v âv6[p(i-
! 5 tc]«i)V y^vou^ • èic(e)t ôcoçptuv 6eéf povoç vewTepoç, ivfip xal èv tî} xorpSt y^vôu wpwTOU xal çiXoîoÇoTOTOu xal warpoç èvTi^JtOTaTOU xal tco[X- Xa tJjv iciXtv (I)f eXoîJvTOÇ, lepéoç (Wc) xe xijç êwtçaveoTOTifîç 'Avatxiîoç 'ApréjjLtîoç xal ev t^ 'A-
20 9{a Xa^JurpoTordu o^m\kx:oç éç xal 9uvYe[vtxot^ àp)(tepaTtxotç ^rcçayoïç xexôqjiiSaOat, vUv tèv pCôv ixen^iXaxxev (stc) xaO^xet ôuv î'.a te a[6- Tov xal îià TÔ ToO yévouç wpooxTîpwc ouveicixe- [xX]T26[at] [Jiàv auTàv t9j tôv 'EXXt^vwv au|xxa-
25 [Ô6(a; xal orJeçavcoaOai XP^^*P ctcçovo) xal Tet- [ixflbOai elxovt YP^""?l] ^^ SicXo) êwt^py^w xal * T^jv \th etx6va] TeOuvat {sic) iiA tJ} 7raTp{ît Tijç O.
[ Jtjî 8taxeji.ç6i5vat Te
[t>5ç exiYJpaçiiç [tî âvT(Yp]a?o>' ^poç *T'îratiCY)vot5î. SÛPArEIA*.
Cette importante inscription^ que nous publions ici à titre provisoire, aurait grand besoin d'être revue par un épîgraphiste exercé. L'estampage a souffert en route et ne nous a pas permis de vérifier tous les détails de la copie. Les restitutions que nous avons admises aux dernières lignes sont douteuses. Néanmoins, le sens général nous parait certain et nous hasardons la traduction suivante :
€ (Attendu que Théophron fils de Théophron) a fait paraître sa vertu en toutes choses ; en considération de l'illustration de sa race et de son père Théophron fils de Théophron, fils d'Hermolaûs fils de Théophron, prêtre héréditaire d'Artémis Anaïtisen Asie; en considération des services éclatants qu'il a rendus à sa patrie (?) ;
€ II a paru bon aux Hellènes d'Asie, sur la proposition de Ga!us Julius fils de Pardalas et fils du peuple des Sardiens, petit-fils de Pardalas, archiprêtre et agonothète à vie de la déesse Rome et de
1. [L'anoDyme de la IIp6o8oc lit ainsi la ligne 25-26 : TE9HNAI ATTbv ini TH ENOnAÛ EOlXPrSÛ KA )
2. [Ce dernier mot, à la ligne 30, n^est donné que par Tanonyme de la npioSoç. Faut-il lire KOPAFEIA (Le Bas-Fouart, n» 352 h) ?]
Fempereur dieu Auguste grand pontife, père de la patrie et de tout le genre humain ;
« Attendu que Théophron le jeune, fils de Théophron, homme d'une famille noble entre toutes dans sa pairie et zélé pour la gloire, fils d'un père très honoré et qui a rendu de grands services à la ville, prêtre de la très illustre Artémis Anaïlis et ayant mérité par l'éclat de son nom en Asie d'être orné des couronnes héréditaires d'archiprêtre;
« Attendu que ce jeune homme vient de quitter la vie, il convient, tant à cause de lui-même qu'à cause de l'illustration de sa famille, qu'on fasse paraître la sympathie des Hellènes à son égard; il a paru bon de le couronner d'une couronne d'or, de l'honorer d'une statue en armes dorée avec inscription et d'envoyer la copie de l'inscription à ceux d'Hypaepa. »
Nous sommes donc en présence de la copie d'un décret rendu en l'honneur de Théophron, fils de Théophron, prêtre d'Artémis Anaïtis. Celui qui a fait la proposition, Gaïus Julius, est désigné comme fils de Pardalas (x^jii çuortv) et fils du peuple de Sardes (xaO* OoOeaiav). Les titres de u!oç xôXeo)^, St^i^ou, PouXiJç, yspôuafoç, sont bien connus en Asie Mineure, bien qu'il reste quelque incertitude sur le genre d'adoption dont ils témoignent et la nature des liens qu'ils impliquent entre un citoyen et une ville ou un corps constitué*. Ces liens sont indiqués ici en seconde ligne, entre la filiation naturelle du premier degré el celle du second ; c'est ainsi du moins que nous comprenons et que nous ponctuons le texte, sans nous en dissimuler !a bizarrerie '.
OJ èwl Tfjç *Aar{aç ''EXXtqvsç sont les Grecs d'Asie réunis à Sardes pour célébrer les fêtes de Rome et d'Auguste. On connaît, à l'époque de Tibère, un ipyiepthç t^ç 'A^toç vawv tûv âv AuBia Sapîtavwv (C. /. G., 3461) et des xôtvi 'AcCaç ev SapSeat (C. J. ff., 5918) ».
L. 20. SuYYevtxcTç içir/upxitxoXq orTe^ovoiç. On sait que l'exercice des grands sacerdoces entraînait des frais si considérables que l'on en
1. Cf. WaddiDgton, ad Le Bas, Inscriptions d'Asie Mineure, n«« 53, 525, 881, 1592, 1«02; Perret, Mémoires d'archéologie, p. 175; Hirscbfeld, Zeilschrifl fur Ôslerreichische Gymnasien, 1882; Hamsay, Bulletin de Correspondance Hellénique^ 1883, p. 263; Mionnet, Phrygie, 442, 445; Sapplém. Cane, 131; Phrygie, 196.
2. On connatt déjà quelques textes où la filiation naturelle et radoption municipale sont indiquées en même temps : *H pouXri èteiiiTidev TtSIpiov KXav- Stov MevepLttxov xai toO Si^(i.ou ulbv o-j<rsi 8à *Ep(jLoOéoTou (Waddington-Le Bas, no 108). — KXE6<rrpaTo; viôç ic^Xeco; çv<rîi 5à *AiceXXcxfi^vTo; {Papersoflhe American School, I, p. 48 ; Waddington-Le Bas, 1033 a). [Cf. plus loin, 1890*, p. 258.]
3. Cf. Marquardt, Ephemeris epigraphica^ t. I, p. 209; TGuiraud, Les assemblées provinciales, p. 75.]
choisissait volontiers les titulaires dans les mêmes familles. Ces mots ont pour commentaire naturel le passage de Philostrate, Vies des SopkisleSy I, 21, *2 : àp^igpsù^ jxlv y^P l'^i'ft'zo Ti}<; 'Aaïaç auToç xe xal oî wpsYOVsi a-jTOu, icaTç èx waTpOî icovisç, h il axé^avoç outoç woXùç xal uicàp xoXXôv )rpt;',JwéTa)v.
L'intérêt de notre inscription réside surtout dans la mention d'Artémis Analtis, dont le nom ne s'était encore rencontré que très rarement dans les documents épigraphiques. Voici ceux dont nous avons connaissance :
Waddington-Le Bas, Inscriptions d'Asie Mineure, Ck)mmentaire, no 655 = C. /. G. y n* 3424 : *Ayx^ Ti>xy). 'H gouX^ xal b îfJixoç Aip. Ei^eviTOpa 'EXxtîiovosJ ^iXaîeX^fa, Içyj6ov xavxparuTriîV, v£t- XT^aavTa tx jxêYaXa Seôaori *Avae(T6ia èv86$c»)ç, etc. (Philadelphie en Lydie).
A Koula, en Lydie. MoyjeTov, 1880, p. 127 : 'ApTéfjLtî: 'AvaetTt xal Mti l TiiiJLOu MsXtivy; biàp zi^q iXoxXijp'Iaç twv xoîwv ei^V ivéarr^asv.
A Divlit, près de Koula, en Lydie. MouœsTov, 1880, p. 164 : "'Etouç Tx', ixr^[voç] HepstTbu P', Aip. STpaTovetxoç P, èweiî^j xaià aYVStov èx Tcu oXdou^ Ixo^î^a 8£vîpa ôewv Aïoç SaôaÇCou xal 'ApT^ixiSoç *AvaeiV.ç xoXajOeiç, ei$iiJi.€Voç ei)raptJT'/jptov àvicrcr^aa.
M. le docteur Michel Tsakuroglou, qui a publié celte inscription, Ta accompagnée de l'observation suivante : « Au-dessus est représenté un homme; à côté de lui, sur la droite, deux arbres, et un seul à gauche. Il est remarquable que la défense de couper du bois dans le bois sacré de Sabazios et d*Artémis Anaïtis subsiste encore aujourd'hui, caries habitants turcs de Sanial près de Divlit croient que celui qui coupe du bois est puni par quelque maladie. >
Arlémis Ànaïtis, seule ou unie à Mên ou à Sabazios, passait certainement pour exercer quelque influence sur les maladies du corps, puisque dans l'inscription de Koula citée plus haut une femme, Meltiné, lui offr« un ex-voto U7:àp vf^q 6XoxXY;p{aç tûv xoSwv. La survivance de l'idée superstitieuse interdisant de couper du bois dans l'oXwç est assurément très remarquable; je puis d'ailleurs alléguer un exemple parallèle qui m'a été signalé par M. Ohnefalsch-Richter. A Salamis de Chypre, près d'Hagia-Katharina, se trouve un bois composé de très vieux arbres qui s'étend sur une superficie d'environ 75 mètres carrés. La présence de ces arbres dans une île complètement déboisée étonna M. Richter, qui interrogea les paysans à ce sujet. On lui raconta que ce bois était sacré et que personne n'osait y briser une branche de peur de s'exposer à la colère de sainte Cathe-
158 CHIlOiNIQUE D'ORIENT (1885) [5«, 108-9]
rine, à laquelle le bois appartient. « L'essence de ces arbres, m'écrit M. Richter, est exclusivement le ^/zypAu^^pina Christi^ qui ressemble au Zizyphus lotus. Les Chypriotes aiment à manger le fruit du Zizy^ phus lotus et lui attribuent des eflfels mei*veilleux; les Turcs espèrent que dans Tautre monde ils en seront régalés par les houris. » M. Richter a conclu très judicieusement que ce bois devait être sacré dans Tantiquité et pense qu'il y aurait lieu d'exécuter des fouilles dans le voisinage.
Remarquons enfin qu'une inscription de Citium à Chypre (Le Bas et Waddington, n*» 2725) mentionne un Ihiase consacré à Ariémis, et que cette Arlémis, suivant l'observation de M. de Vogué S ne peut être que la déesse lunaire Tanit ou Anaïtîs. Le bois sacré de Salamine était peut-être consacré à la même divinité, aussi jalouse en Lydie qu'à Chypre de la protection de ses ombrages.
A Philadelphie en Lydie. P. Paris, Bulletin de Correspondance Hellénique, 4884, p. 376 : Tuçcov (?) KaXXKrcporou MYjtpl 'AvarfitSt
L'éditeur pense que le nom d'Anaïtis se rencontre ici pour la première fois dans un document épigraphique; les deux textes que nous avons reproduits d'après le MouaeTov prouvent que l'assimilation d'Artémis à Anaïtis en Lydie était déjà positivement attestée.
Ajoutons que le mot IlaTavaCaO, interprété comme Pat-Anatath, € présent d'Anaïtis », se lit sur la stèle d'une prêtresse d'Isis trouvée à Athènes et aujourd'hui à Brov^'n-Hall *.
L'inscription de Théophron, qui mentionne le culte d'Anaïtis à Sardes, confirme un texte souvent cité de Clément d'Alexandrie qui parle d'un temple d'Anaïtis dans cette ville. Pour Clément d'Alexandrie * et pour Agalhias ^, Anaïtis est identique non pas à Artémis, mais à Aphrodite; c'est là, d'ailleurs, une divergence peu importante, car il est vraisemblable qu' Anaïtis, identifiée également à la m^re des dieux (p-T^Tr^p 'AvaeiTtç, dans l'inscription de Philadelphie) tenait à la fois de l'Artémis et de l'Aphrodite des Grecs, comme l'Artémis d'Éphèse, déesse de la fécondité. Anaïtis est la divinité persique Andhita ', invoquée dans un hymne de l'Avesta [Jascht 5) comme la déesse des
1. Cf. Revue archéologique^ 1886, t. I, p. 441 ; Foucart, Associations religieuseSf p. 111.