XIV PREFACE
menacés qui se défendent et qui se défendent avec une acrimonie extraordinaire. Je ne crains pas la controverse, mais le pugilat littéraire n'est pas de mon goût et, vainqueur ou vaincu, j'aurais une reconnaissance particulière à celui qui ferait cesser la lutte en nous éclairant.
La période de sept ans qu'embrassent ces Chroniques a été singulièrement féconde pour la science. Si elle n'a pas été marquée, comme la précédente, par la découverte de beaucoup d'œuvres d'art de premier ordre — je pense surtout aux fouilles d'Olympie, de Pergame, de Délos, de Dodone, de Tanagre et de Myrina — elle a vu s'opérer l'exhumation de l'art des Pisistratides, dont nous ne savions encore presque rien. A côté ou plutôt au-dessus des autres campagnes archéologiques, celles d'Épidaure, de Tirynthe, de Gortyne, d'Eleusis, d'Akraephiae, d'Orope, de Mantinée, de Thespies, d'Érétrie, d'Icarie, de Sidon, de Troie, de Pharis, de Corcyre — presque toutes les nations civilisées ont eu les leurs — l'exploration méthodique et définitive de l'Acropole d'Athènes, œuvre magnifique de M. Cavvadias, brille au premier rang parmi les beaux travaux dont la science du xix® siècle peut s'applaudir. La série de ces Chroniques a commencé en même temps que les grandes fouilles de l'Acropole ; elle se termine avec les derniers coups de pioche donnés à l'entourdu Parthénon. Mais déjà d'autres espérances viennent solliciter notre curiosité et la tenir en haleine. Après dix ans de négociations, l'École française d'Athènes a conquis le droit d'explorer le sol de Delphes. S'il m'est permis de pu-