‹ Chroniques d'OrientChapitre 100 sur 410 · T0I0TA · texte numérisé non relu

T0I0TA

KOPINOIOI

AYIIITPATOI

EYKAEOI

KOPINOIOI

Je suis certain quecette inscription provient deThasos, car M. Christidis m’en a autrefois communiqué une copie pendant le séjour que j’ai fait dans l’ile. Je suis moins sûr de la provenance du second fragment, qui peut aussi avoir été trouvé sur la côte de Macédoine. lettres de 0m,03; époque assez basse.

FILIo dul- ClSSùno Pam- (?) PHILO parentes (?) ET ■ Cl\ es eius (?)

Roümélie. — Les environs de Philippopolis et la Roumélie tout entière sont encore, si l'on peut dire, une terre vierge pour l’archéologie. Feu Dumont et quelques autres voyageurs n’en ont parcouru qu’une petite partie, et nulle part on n’a encore exécuté de fouilles. R faut espérer que la constitution nouvelle donnée à ce pays par son union avec la principauté bulgare va être le début d’une période de prospérité et de calme qui permettra de l’explorer méthodiquement.

Le doyen de la colonie italienne à Philippopolis, M. Tacchella, a bien voulu nous transmettre quelques informations touchant l’état actuel du pays au point de vue des recherches archéologiques : nous nous empressons de les communiquer à nos lecteurs, dans l’espoir de pouvoir prochainement les compléter.

Avant la guerre de 1877, la ville d’Eski-Zaghra, située entre les vallées de l’Hèbre et de la Toundja à 80 kilomètres au nord-est de Philippopolis, comptait près de trente mille habitants et élait le cheflieu du kaïmanlik du même nom. Au mois de juillet de cette année, elle fut complètement saccagée et détruite par Soliman-Pacha. Lors de

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la constitution de la Roumélie orientale, cet amas de décombres encore fumants devint le chef-lieu d’un des départements de la nouvelle province : depuis, Eski-Zaghra a commencé à se relever et compte aujourd’hui de dix à douze mille habitants. En 1880-81, le gouvernement rouméliote, après avoir tracé le plan de la nouve'le ville, fit construire un hôtel de ville, un grand gymnase, des écoles primaires, des casernes et des prisons. En creusant les fondations de ces édifices, le hasard fit mettre à découvert un certain nombre d’inscriptions ainsi qu’une tête d’Apollon, une statue en marbre du même dieu’, des sarcophages, les restes d'un amphithéâtre, etc. On ne connaissait encore d’Eski-Zaghra que les inscriptions recueillies par M. Dumont : le Bulletin de Correspondance Hellénique, tenu au courant des découvertes nouvelles, en a publié un grand nombre qui ont permis de déterminer l’ancien nom d’Eski-Zaghra1 2. Cette ville s’appelait Ergissa, et porta plus tard le nom de Iraianè. M. Tacchella m’a envoyé des copies nouvelles des inscriptions d Ergissa, qui auraient besoin d’être estampées. Dans l’une [Bulletin, t. II, p. 403), M. Tacchella lit OYAFNA/niAIAIIAINOI (TUAI liés), au lieu de BioA’.mvoç qu’a donné Dumont et qui parait incorrect Une épitaphe métrique est inédite, mais la copie que j’en ai reçue est très défectueuse. M. Tacchella m’apprend que cette inscription a donné lieu à une discussion orageuse entre un savant bulgare et un savant grec, le Bulgare affirmant que le texte est en langue slave (il l’a transcrite en caractères cyrilliens et l’a traduite), l’Hellène affirmant qu'elle est en grec et se laisse comprendre au prix de quelques retouches . C’est l’Hellène qui a raison, mais je suis loin de tout comprendre, et je ne me permettrai les retouches que lorsque j’aurai reçu un estampage. Beaucoup de letrres sont liées.

BOMONATEIAIANnrAMETI . . P. .

CETEKOYNAAEINEKAKOYPIAIO MOYTEKOlOYTENirACTPI nPniATE!AIANnP.OMONTOICD KOYNAAM. . EMANENElCOMENOIClE TONEKYI.

1. Elle a été publiée par le Bulletin de Corresp. Ilellén . d après un dessin de M. Montani (t. V, p. 178).

2. Bull, de Corresp. Hellén., t. Il, p. 402; t. V, p. 128 et t. VI, p. 181. Cf. quelques autres textes donnés par Jirecek, Monatsberichte der Berliner Akademie, 1881, p. 440 et suiv. ; Ditteuberger, Rheinisches Muséum, t. XXXVI, p. 463; Kaibel, ibid., t. XXXIV, p. 212; Sckoell, Saluraphil. Sauppio obtulit amicorum decas, p. 180.

On reconnaît Bü>p,ov ’ATetAiavQ Ya9'£'t'Ô- . . Ssx,o0v8a si vexa xoupt- §(ou... Tsy.ot o'jt’ èv't yaaTpl, Tcpôiiï ’ATSthiavoi jjwp-ov... è<j(jop.iVoiç. C’est l'épitaphe d’Atilianus par sa femme Secunda, et cette épitaphe est en mauvais vers. Encore serait-il agréable de pouvoir les déchiffrer complètement.

M. Tacchella a obtenu du gouvernement que l’on adjoignit à la bibliothèque provinciale de Philippopolis un musée archéologique. 11 a déjà catalogué le médaillier, qui compte environ trois mille pièces, dont plus de deux cents manquent au répertoire de Mionnet. M. Tacchella porte le titre de conservateur honoraire adjoint du musée; la direction appartient naturellement au bibliothécaire en chef.

Dans l’été de 1 885, le gouvernement rouméliote avait alloué un crédit annuel de 400 livres (9,200 francs) à l’effet d’entreprendre des fouilles dans les innombrables tumuli des environs de Philippopolis. La révolution et la guerre ont tout interrompu. M. Tacchella a bien voulu m’envoyer un arlicle sur les tumuli de cette région, qu’il a publié dans une feuille locale L’Eclio des Balkans (mai 1885). Il pense que les tumuli se divisent en deux classes: ceux qui recèlent un caveau en maçonnerie et des sarcophages, qu’il attribue à l’époque romaine; ceux qui contiennent simplement le corps du mort avec ses ustensiles et ses aimes, qui remontent à l’époque thraee. Nous serions bien curieux de connaître des spécimens des armes découvertes dans les tumuli rouméliotes.

En 1860 et 1865, M. Champoiseau, vice-consul de France, a fouillé quelques tumuli, dont il a, dit-on, envoyé le contenu à Paris. En 1870-71 (toujours suivant M. Tacchella), des ingénieurs autrichiens occupés à la construction du chemin de fer ont ouvert deux tumuli, l’un dans les environs deYéni-Mahallé, l’autre près de Pazardjik. Ces tumuli ne contenaient pas de caveau. Dans le premier on trouva des des armes en silex, dans l’autre des vases en argile et des armes en fer qui auraient pris le chemin de Vienne.

En 1878, lors de l’cccupation russe, un tumulus à caveau a été ouvert dans le Sernena-Gora ; les trouvailles comprenaient une couronne de laurier en or, une cuirasse, des armes et les fers d’un char. Après une courte exposition à Philippopolis, ces objets ont été envoyés à Saint-Pétersbourg.

En 1880, les paysans de Mardjan (village du Ovtché-Helme), voulant construire leur église, se mirent à extraire des moellons d’un tumulus voisin. Ils découvrirent un caveau dont la porte était scellée par une soudure en plomb. La préfecture de Plovdiv, informée du fait, envoya un de ses employés pour ouvrir le caveau, mais les pay-

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sans avaient pris les devants. Outre trois sarcophages, ils trouvèrent dans l’hypogée des lampes et des vases en argile, des fioles en terre et en verre et des ossements. La porte en arc du caveau portait des ornements d’un style assez correct : le panneau se composait d’une plaque en marbre représentant « une femme en pleurs soutenue par un guerrier » (?). Les paysans remirent à l’employé du gouvernement trois boucles d’oreille en bronze ; un témoin affirma que l’un des sarcophages contenait une monnaie byzantine (?).

En somme, presque tout reste à faire dans cette vaste agrégation de tumuli. Les origines thraces sont tellement importantes pour l’ethnographie européenne qu’on ne saurait trop conseiller au gouvernement bulgare de former sans retard une commission archéologique spécialement chargée de la fouille des tumuli rouméliotes. Il n’y perdra ni sa peine ni son argent.

Crète. — Le 479“ AeTcnov de YHestia annonce la découverte, à Gortyne, d’une statue de femme colossale en marbre pentélique, haute de 2 mètres et ayant 2m,50 de circonférence à la poitrine. La tête n’a pas été retrouvée. Le nom de l’artiste est donné par une inscription : E’ku'Sotoç ’AôyjvscTcç stoi'si. Le nom d’E’tai'Sovoç suffit à nous avertir qu’il s’agit d’une statue de l’époque gréco-romaine.

L’Expédition du comte Lanckoronski en Pampiiylie. — Dans la séance du 20 janvier 1886, M. Hartel a communiqué à l’Académie de Vienne 1 des détails sur cette expédition, qui doit faire pendant à l’exploration de la Lycie exécutée en 1884. Le voyage a commencé dans l’automne de 1884. Outre le comte Lanckoronski, qui en a supporté les frais, la mission comprenait MM. Hartel, Eugène Petersen, Georges Niemann, Maryan Sokolowski, Luschan, le lieutenant du génie Knesche,le peintre Malezewski, un jeune architecte et un photographe. Cn se sépara en plusieurs colonnes pour visiter une étendue de pays plus grande : les uns poussèrent jusqu’à Iconium, tandis que les autres limitaient leurs recheiches à la Pamphylie. Une seconde expédition partit dans l’été de 1885 sous la conduite de MM. Petersen et Niemann, accompagnés d’un médecin, de deux architectes, d’un photographe et d’un mouleur. On travailla d’abord à î elever les monuments de Termessos, puis ceux de Cremna, Perge, Sagalassos, Aspendos, Sidé, déjà visités en partie l’année précédente. Les résultats de ce double voyage sont très

1. Philologische Wochenschrift , Ier niai 1886. Cf. la communication de M. de Luschan à la Société archéologique de Berlin (ibid., 17 avril 1886, p. 511).

considérables : une carte générale de la Pampliylie, des plans des principales villes . une vaste collection de dessins et de relevés, trois cents inscriptions inédites. Le tout doit être publié dans un ou plusieurs volumes qui paraîtront à la fois en allemand, en français et en polonais . Le généreux Mécène qui a fait tout les frais — pourquoi l’Angleterre et la France n'ont-elles pas de Lanekoronski ? — s’est chargé d’écrire l’introduction générale ; Petersen doit rédiger la partie archéologique et topographique, Niemann s’occupera de l’architecture. Puissent les auteurs du bel ouvrage qu’on nous fait espérer se proposer un autre modèle que le Voyage en Lycie et en Carie ! Puissent-ils, au risque de déplaire à quelques bibliophiles qui n’ouvrent jamais leurs livres, renoncer à la séduclion de l’in-folio et nous donner un livre maniable qui soit plein de choses et peu coûteux ! C’est alors seulement que le comte Lanckoronski aura pleinement atteint le but qu’il s’est proposé, qui est de rendre service à la science et non d’encombrer les tables de ses amis.

Éouüe. — • L’Académie de Berlin, dans sa séance du 4 février 1886, a mis une somme de 3,000 marks à la disposition d un premier-lieutenant de hussards, M. W. von Diest, chargé de lever le plan topographique des environs de Pergame et de la vallée du Caïcus.

M. Fabricius a annoncé à la Société archéologique de Berlin (séance du 2 mars 1886)1 2 qu’il vient de découvrir au nord-est de Pergame, près du village d’Asehaga-Beikeui, une ville bien fortifiée dont les murailles appartiennent à la même époque que celles de Pergame et de Nimroud-Kalessi (Aegae). On y a trouvé de petits temples et un théâtre. En dehors de la ville est la nécropole, avec des sarcophages en pierre de grandes dimensions ; au sud est un petit temple dorique. On y voit aussi les restes d’un aqueduc d’époque romaine et une église byzantine, qui est seule en marbre, alors que les monuments antérieurs sont en pierre. Au nord s’élève un château du moyen âge avec une tour ronde et les ruines d’une autre église. On n’a pu découvrir aucune monnaie. M. Fabricius ne pense pas que cette ville soit l’Attaleia de la Table de Peutinger, dont le nom ne serait qu’une corruption de celui d’Atarnea (Dikeli) ; il inclinerait plutôt à l’identifier à l’une des villes de Perpérène et de Triaron, dans le voisinage des mines de cuivre signalées par Strabon (XIII, 1, 51, p. 607), et qui ont été reconnues près Aschaga-Beikeui par M. Humann.

1. [Le premier volume de cet admirable ouvrage a paru en 1890, à la librairie Firmin-Didot.]

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