Philologische Wochenschrift, 1886, p. S
âegae. — M. Clerc a publié dans le Bulletin de Correspondance Hellénique , t. X, p. 275-296) la première partie de son rapport sur les ruines d’Aegae et les fouilles qu’il y a pratiquées en 1882. On trouve, à la page 281, un plan de la grande façade avec un spécimen très fidèle de l’appareil. Une inscription recueillie par M. Clerc est particulièrement intéressante : elle porte les mots 0ï5>v avop.<paiwv, dont le second est tout à fait nouveau. Ces dieux sans voix sont-ils des dieux sans nom, des dii ignotil Une idée mystique ou philosophique se cache certainement sous cette épithète, qu’il faut signaler aux méditations des mythologues.
Pergame. — Les pluies torrentielles du mois de février 1886 ont fait écrouler un pan de mur entre le théâtre et le nouveau temple ionique. A l’est du temple de Minerve on a trouvé les soubassements en marbre d’un grand édifice qui paraît être un palais. Le firman de l’Allemagne expirait le 1er juin, mais elle a obtenu qu’il fût prorogé jusqu’au mois de septembre. A moins de découvertes inattendues, les travaux seront alors suspendus pour une période de cinq ans.
Cymé. — M. Meister, bien connu par ses travaux de dialectologie grecque, a repris l’examen de l’inscription publiée par nous (plus haut, 1885, II, p. 94) à l’aide d’un estampage que nous lui avons communiqué’. Voici sa lecture, qui diffère peu de la nôtre, mais qui donne deux mots nouveaux :
"Eoo^e tm Sdtp.w ■ èirsiSï) to SaaorVjpiov, TCxpy£VÔp.£[vov] èy MayvYjaiaç fcaxà to 8iaypap.p.a to ’AvTiyôvw iici T«iç otV.aiç T a\q iSta’.ç, sy osSiV.axs Tîaioa'.fç] aùoiTéXsaç àvsy[o]eÜTœç [xal Baajtuç, exarvsfsat] . . .
M. Meister admet une forme aùcixéXeaç, accusatif pluriel d’aùeiTéXijç, signifiant « rapidement achevé » et composée à l aide de aSoi, locatif àe at'jtoç , aurore »; cf. les composés analogues Oyjêaiy evifc, yau.atyevvjç, etc. A3 oi a signifié d’abord « tôt dans la journée », puis « bientôt, rapidement », changement de sens que l’on observe aussi dans xpeoî. — ’AveytSjeuTwç (j’avais proposé àveyXsjTioç = àveyxXfjToiç, en admettant la chute du x par une erreur du lapicide) serait, suivant M. Meister, un nouvel adverbe formé de «veySsiiToç, « sans défaut », qui contient le mot lySeuxoç — attique èxSe^ç.
L’Antigone qui a prescrit aux Cyméens de faire venir des juges de
i. Philologische Wochenschrift, 17 avril 1886.
Magnésie ne peut être qu Antigone Monophlhalme : or, il n’est pas encore nommé roi, ce qui place l’inscription avant 306. D’autre part, comme Antigone n’a conquis la satrapie de Lydie et la côte de la mer Egée qu’en 319, la date de notre texte doit être placée entre 319 et 306. Les inscriptions dialectales datées sont assez rares pour que ce résultat des recherches de M. Meister soit à signaler.
Myrina. — M. Démosthène Baltazzi m’annonce qu’on vient de découvrir à Myrina une terre cuite représentant un éphèbe jouant de la lyre avec la signature MHNOcPlAOY YMNflAOY. Cette signature, si M. Baltazzi l’a bien lue , est assez singulière : nous connaissons beaucoup de figurines signées MHNO<î>IAOY, on a un exemple de TIYOOAflPOY TOY MHNCKP1AOY, mais que peut signifier le nom d’YMNHAHZ accolé à celui de Ménophile? Faudrait-il y voir une allusion au sujet même de la statuette? Nous avons réuni, M. Potlier et moi, dans le premier fascicule de notre ouvrage sur la nécropole de Myrina, toutes les signatures de terres cuites qui nous étaient connues jusqu’au mois de mars 1886 : et voici que nous allons être obligés de publier, à la fin du second fascicule, un appendice à ce petit Corpus'. L’appendice comprendra notamment le? figurines signées de la collection de M. Gréau, récemment publiée par M. Froehner, et celles que M. Froehner a signalées dans le catalogue de la collection de M. Hoffmann, qui a été vendue au mois de mai dernier.
Puisque j’ai été amené à parler de la Collection Gréau et de son éditeur, qu’on me permette de renvoyer mes lecteurs à l’article que j’ai publié dans la Revue critique du 21 juin 1886, en réponse à certains propos de M. Froehner touchant les fouilles de l’École française à Myrina. Je ne veux point perdre mon temps à réfuter les erreurs d’un archéologue qui présente sérieusement au public, comme d'inimitables chefs-d’œuvre, les produits d’une récente fabrique. Il me suffit, puisque cet archéologue m’a pris à partie, de signaler ici l’àv-rfSwpov que j’ai cru légitime de lui offrir.
Pompéiopolis. — Le Musée du Louvre a récemment reçu en cadeau deux briques ornées de masques trouvées à Pompéiopolis (Soli), dans les murs de la ville du côté de la mer. Elles étaient, dit-on, posées à plat l’une sur l’autre et séparées avec du ciment, comme les briques ordinaires qui servent à la construction des murs. Il est possible que ces briques aient fait partie de la décoration d’un théâtre.