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poignées représentent des Harpyes, d’un art archaïque et d’une conservation remarquable ;
2° Une statue en bronze Archaïque d’Apollon ;
3° Un torse en marbre archaïque- d’une petite statue d'Apollon ;
4° Une tète archaïque d’Apollon en marbre;
5° Une tête en pierre calcaire, de grandeur naturelle, représentant un vieillard barbu ;
6° Plusieurs statuettes archaïques en bronze, entre autres une panthère, un lion, un manche de miroir (Atlante?), enfin nombre d’inscriptions gravées boustrophédon.
Décembre -1885. — On a transporté à l’Éphorie la grande statue archaïque d’Apollon découverte à Acraephiae par l’Ecole française (. Bulletin de Corresp. Hellén., t. X. pl. IV), ainsi que d’autres sculptures de même provenance : un torse d’une statue d’Apollon plus petite que la précédente et (l’un type analogue ; une tête de vieillard en pierre calcaire; une statuette en bronze d’Apollon ; un manche de miroir bislorié; deux poignées de lébès représentant des Harpyes; trois lions en bronze ; un petit guerrier en bronze ; une lampe en bronze avec inscription ; plusieurs bases de statues en bronze avec des dédicaces, etc.
MM. Bellos et Nostrakis avaient obtenu, au mois de novembre, l’autorisation de pratiquer des fouilles à Érétrie, sur un terrain leur appartenant, sous la surveillance de l’éphore Tsountas. Ils ont découvert un miroir en bronze à double couvercle avec bas-reliefs, qui paraît être un objet de grande valeur. Sur une des faces on voit une figure \irile tenant un thyrse et une figure de femme derrière laquelle apparaît un tliyrse appuyé contre un rocher: les deux figures forment un symplegma érotique. De l’autre côté est gravée une autre scène, qui se compose d’une femme ailée tenant une autre femme plus jeune sur ses genoux. Le diamètre du miroir est de 0m,182, celui des disques de 0m,09. Les mêmes fouilles ont donné plus de quarante feuilles d’or, un petit tube également en or, quatre œnochoés noires en terre cuite avec figures blanches et un lion en marbre mutilé, de travail médiocre, long de lm,10.
Le compte rendu des mois de janvier et février 1886 mentionne encore, parmi les découvertes faites à Érétrie, une statuette de femme en terre cuite, debout sous un édicule; un lécythe blanc représentant Charon dans sa I arque, avec un jeune homme drapé devant lui et une figure indistincte par derrière; une œnochoé à ouverture trilobée décorée de figures rouges (femme ? tenant une lyre, assise dans un char traîné veis la droile par deux enfants nus précédés d’un chien); deux
lécythes à moitié blancs (éphèbe vêtu d’une chlamyde marchant à droite, retournant la tête; éphèbe vêtu d’un himation et tenant un bâton, debout devant un stèle funéraire); un lécythe à figures noires mutilé (Neptune sur un char ailé traîné par des dauphins); un lécythe blanc (deux éplièbes, celui de gauche vêtu d’un himation rouge, de part et d’autre d’une stèle; celui de droite tient une bandelette rouge). Tous ces objets ont été retenus par le gouvernement.
L’Institut allemand d’Athènes a été autorisé à déblayer les soubassements du temple archaïque de Corinthe.
Janvier et février i 886. — Les habitanls de Myconos s’étaient jusqu’à présent opposés à ce que l’on transportât à Athènes les statues découvertes à Délos par l'Ecole française. Nous apprenons avec plaisir que M. Cavvadias a pu triompher de cette résistance. Les objets dont les Musées athéniens s’enriclf ssent par l’effet de cette mesure sont les suivants :
1° L’Artémis archaïque à inscription boustrophède ;
2° La Victoire (ou Artémis?) ailée;
3° Une composition bien connue décrite par M. Homolle, comprenant le groupe de Borée et Orithye, celui d’une femme enlevant un enfant et quatre statues féminines ;
4° Une tète archaïque d’Artémis;
5° La base de statue portant le nom d’Archermos ;
6° La statue d’un guerrier nu appuyé sur le genou droit que j’ai découverte en 1882, œuvre d’Agasias d’Éphèse;
7° Une admirable fête de femme en marbre découverte et publiée par M. Homolle.
Les fouilles entreprises à Corinthe sous la direction de M. Doerpfeld, aux frais de l'Institut allemand, ont complètement rendu à la lumière les soubassemenls du temple archaïque.
Dans le lit du Cladéos, à Olympie, on a recueilli les antiquités suivantes, qui ont été transportées au Musée local :
1° Un poids en bronze carré, pesant 880 grammes et portant l’inscription boustrophède AI05 ;
2° Trois statuettes de bœufs (?) en bronze, très archaïques ;
3° Un fragment d’argent mince (long. : 0m,073), portant des gouttes en relief, des lignes serpentines gravées et une oreille d’animal ; c’est probablement une applique ;
4° Un poids carré en p'omb pesant 248g ,30, portant en relief un aigle aux ailes déployées qui lient un serpent entre ses serres : autour, l’inscription AIOPOAYMIIIQ (pour A:oç ’0),up. ~£(o, avec le rhotacisme éléen);
5° Cinquante-deux monnaies, dont une en argent, d’Égine ;
6° Un fragment en marbre d’une statue nue, appartenant aux métopes du temple de Jupiter;
7° Un fragment d’inscription portant des noms de prêtres.
A. Syra, on a trouvé sur la pente nord-ouest de la place Moraïtinis un tombeau contenant une urne cinéraire en bronze, pleine de cendres, et quatre vases de verre, qui ont été déposés an Musée local
Le même compte rendu contient la mention des statues découvertes sur l’Acropole d’Athènes, dont il a été question plus haut, et une note extrêmement intéressante concernant les c< groupes d’Asie Mineure » que nous reproduisons intégralement plus loin.
Constantinople. — Le Moniteur oriental du 1 1 mars 1886 a annoncé la vente aux enchères, après décès, des collections d’antiquités appartenant à feu Soubhi-Pacha, ancien ministre de l’Evkaf, qui avait beaucoup contribué, pendant qu’il était gouverneur de Syrie, à enrichir le Musée de Constantinople. Soubhi-Pacha était un numismate distingué, qui a vendu plusieurs collections formées par lui au Musée Britannique et à notre Cabinet des médailles.
Le Phare du Bosphore du jeudi 6 mai publie un intéressant article de M. Levai sur une découverte archéologique qui a été faite le 8 avril dernier à Constantinople. Des ouvriers employés à l’établissement du square que Blaque-Bey fait disposer sur la place du I unnel à Péia, ont trouvé, à 0m,75 au-dessous du sol actuel, trois plaques et deux stèles en marbre mêlées à des ossements humains et à des briques byzantines. Ces objets ont été transportés à l’hôpital municipal du VP cercle, où M. Levai les a étudiés. Jusqu’en 1867, époque à laquelle le quartier de Péra fut transformé par de grands travaux de voirie, la place du Tunnel était occupée par des tombes musulmanes, superposées à des sépultures chrétiennes. On y découvrit autrefois un sarcophage qui est conservé actuellement près de l’hôtel d’Angleterre. Le cimetière musulman des Petits-Champs a remplacé, dans cette partie de la ville, une nécropole antérieure à la conquête turque. Voici les inscriptions relevées par M. Levai :
1° Stèle en marbre. Hauteur : 0m,55; largeur 0ra,18. Lettres négligemment gravées. | xJvxe | IouAiajvoç y.s | Kup'.|Xicç.
2° Plaque en marbre. Hauteur : 0m,32; largeur : 0,19 en haut,
1. Le AeXtlov de (no 481, Phil. Wochenschrift du 8 mai 1886) mentionne
deux autres tombeaux à incinération découverts à Syra. On aurait aussi trouvé dans l’ile une hache en silex, dite pierre à foudre ou ôwvporceXsxnév par les habitants. Le Musée de Saint-Germain en recevrait avec plaisir un moulage.
0m,14 en bas. Lettres fort mal gravées. Au-dessus, un chrisme. — ’EvGi|3î y.sï|-re 'Hœo’.| yj.x o[A’jp|véjc (pour op.upvaïx).
R" Stèle en marbre. Hauteur : 0m,54; largeur : O111, 28 en haut, 0m,20 en has. Lettres bien gravées. En bas, à droite, un petit chien lève la tête vers l’inscription. Dans le haut, un chrisme. — Mr;xpM| oupjç | <iosi y aliotxiTS (pour v.y.-iv.v.-cn).
4U Plaque en marbre. Hauteur : 0m,69; largeur : 0m,29. Lettres s, G, a carrées. — j— j- | ’EvOaSs | y-axây.ae | Savêâôioç | Tciavoi; ueicç | 'EiXcTïTrou -/co|ptou ’A^psu | opcù'i KaSuv |. Il s’agit peut-être de KaSoi en Phrygie.
5° Plaque en marbre. Hauteur : 0m,71; largeur : 0m,41. Lettres bien gravées. — f | ’Ev9â5s àvx: p,o (pr,ç | ôSvjyvjô iç ■xxpxnpsü y.a[t]
| To”vop,y -/.xxiy^lx’.] IIxuXoç cyokxp'.oq | cr/cAvjç B '| çevo)61ç xap’ è/Æt- Sxç | S;’ a'JTiîi rotTpwwv | xdtipwv oay.pûwv | àîehcpou oîupjj.ûv | cuvyevwv xpoy.o| p.iBrJç çîXwv.
L’auteur de ce galimatias a cru sans doute faire des vers. La mention d’un scholaire de la deuxième scliole ou cohorte prétorienne lui donne seule quelque intérêt. M. Levai a commenté ce texte comme les précédents avec une érudition très sûre et le Phare du Bosphore, en insérant son article, a donné un bon exemple à ses confrères de la presse française du Levant.
Macédoine. — M. Papadopoulos Kerameus m’annonce qu’il a parcouru à cheval toute la côte entre Epibatai (près de Sélymbrie) et Gallipoli. Il a recueilli au cours de son voyage un grand nombre d’inscriptions inédites et rectifié quelques lectures de feu A. Dumont, un des seuls archéologues modernes qui aient visité sérieusement ce pays. De Gallipoli il s’est rendu à Cavalla et a exploré une partie du mont Pangée, les environs de Drama et de Philippes. Le but de son voyage, qui a duré trois mois, de septembre à novembre 1885, était surtout de recueillir des manuscrits pour la Bibliothèque Mavrocordatos dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs (1886, 1, p. 148). Il a pu examiner environ quatre cents manuscrits , ce qui porte à plus de quinze cents le nombre des textes inédits qu'il a dépouillés jusqu’ à ce jour en vue du catalogue dont la rédaction lui a été confiée.
Thasos. — Notre excellent correspondant, le Dr Christidis, nous a communiqué quelques nouvelles de celte île, une de celles où nous pensons qu’il resterait le plus de découvertes à faire si l’on pouvait obtenu 1 autorisation d y pratiquer des fouilles. Non loin du bourg de
Théologos, on a trouvé, au mois de décembre 1885, un grand tombeau que les paysans bulgaies se sont hâtés de mettre en pièces pour construire une chapelle dans les environs. De nombreux menus fragments d’inscriptions, dont il n’est plus possible de tirer un sens, ont été encastrés dans les murs ' . A l’intérieur de la chapelle, la dalle de la sainte table repose sur une eolonnetle portant l’inscription suivante :
AYPHAIA AP TEMEICIA znciMOY ETGON • IA XA1PE $3
AùpïjXta ’Ap-
Tsp,eiai'a
ZoJŒtJAOO
etcov la '/atps.
Le nom de Zozime est particulièrement fréquent à Thasos M. Christidis m’adresse le fac-similé d’une inscription datée de 1708 qui se trouve à Théologos, au-dessus d’une fontaine desséchée depuis longtemps. Les documents de celte espèce sont assez nombreux, mais on ne prend généralement pas la peine de les recueillir, bien qu’ils ne manquent pas d’intérêt pour l’histoire locale. Nous reproduisons ici le fac-similé de M. Christidis avec la transcription dont il Ta accompagné.
■HMIyfJMj: .ïfEWMAT [Î4 IÎTeK [EMOC W cfoNE N 0 C T IpKCJ'FPÂAON 'T £ El) C I U TAUTNEKTiCemÈTSO
a i ktyeic eay? /mo
[Y WON h XPE^' ÜN OIKO VNTfJN
BatriXixo; to yevy^a toO
■rcxTca ’Iwavvou ex yévo; xatayo^E voç
xtbv -rca-rca StoTrjpàôcov Trjv ppvaiv
xauTYiv ext tas [là eEoôa
ôixà tou si; iaviToO jxvyjjjlo-
auvov xai ^pstav tcoV oixo-
uvtoùv *. 1708.
M. Christidis m’annonce encore la découverte d’une belle tète de marbre parfaitement intacte, dont les cheveux sont ceints d une couronne de feuillage, avec les trous destinés à l’insertion d ornements en métal. Le possesseur actuel de cet objet prétend, en effet, avoir trouvé des feuilles d’or en même temps que le marbre : il n’en a gardé qu une seule et a vendu les autres à un fondeur.
1. M. Christidis a déchiffré les fragments suivant : TT I . . . . PONH. . . XHAAO- . . IATG0N. • . IIAY. . . TON. . .
2. L’inscription est accentuée, suivant la mode byzantine, mais le lapicide a écrit oixoOvTcov pour oixovvtwv.
Au mois d’avril 1886, on a trouvé, dans un jardin de Liménas (le port de Thasos), un bas-relief représentant un foudre surmonté de l’inscription AlOI K09PAYNIOY. L’E du second mot a la forme d’un petit e cursif gravé horizontalement .
La succession de feu E. Miller comprend quelques marbres de Thasos que j’ai eu l’occasion d’examiner grâce à l’obligeante autorisation de Mme Miller. Le premier est une petite stèle à fronton portant une coloration [rouge encore vive, sur laquelle on lit l’inscription suivante, en bons caractères du ive siècle. Les S sont à branches divergentes.
AOKPinN