‹ Chroniques d'OrientChapitre 102 sur 410 · ANTIQUITÉS CONFISQUÉES · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS CONFISQUÉES

« Sur le paquebot de la Compagnie Fraissinet en partance pour Marseille, les douaniers du Pirée Georges Kossaras et Démétrios Kopidès ont confisqué deux caisses contenant des antiquités, que l’on expédiait à Paris.

« La première caisse renfermait un vase funéraire en marbre (haut. 0m,83), avec une représentation funéraire de travail commun : c’est un homme vêtu, debout, qui serre la main d’une femme debout également et derrière laquelle se tient une autre femme : au-dessus, quelques lettres d’une inscription. Cette caisse était adressée à MM. ***', 24, rue Croix-des- Petits-Champs. Le bas-relief confisqué a été déposé au Musée du Pirée.

« La seconde caisse était adressée à MM. ***!. Elle contenait deux

GROUPES EN TERRE CUITE BRISÉS EN UN GRAND NOMBRE DE FRAGMENTS et pourtant tout à fait complets, conservant des traces notables de coloration et de dorure. L’un des groupes représente Aphrodite couchée sur un lit (long. 0m,30 ; larg. 0m,08; haut. 0m,10), avec trois Amours assis à ses pieds ; l’autre (haut. 0m,30) est une Victoire ailée conduisant un taureau, précédée d’un Amour avec une torche allumée. Ces objets, déposés d’abord au Musée du Pirée, ont 'été ensuite envoyés à l’Éphorie générale. D’après l’examen de la terre dont ils sont faits, de leur enduit et du style même du travail, il apparaît qu’ils sont apocryphes. On ignore encore qui en est le fabricant et qui en était le possesseur, bien qu’une enquête ait été ouverte pour éclaircir cette affaire. »

Les groupes faux confisqués par l’Éphorie générale sont pour nous de vieilles connaissances. Des répliques de l’un et de l’autre existent dans des collections parisiennes. Ils appartiennent à la série très connue des « groupes d’Asie Mineure », successivement attribués par certains industriels à Éphèse, à Cymé, à Myrina, puis à l’Anatolie in genere. Dès 1880, mon excellent ami Gabriel Charmes, dont la mort prématurée n’est pas seulement un deuil pour la politique, me signalait chez un marchand athénien que je ne fréquenta s pas, des groupes de ce genre attribués à Cymé. Un peu plus tard, c’était sous le pavillon de

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