Revue, 1885, II, p. 362; 1886, II, p
archaïque extrêmement curieux et celle d’une belle inscription bilingue phénicienne et chypriote.
L’emplacement de Tamassos et de sa nécropo'e1 s’étend à l’ouest, au nord-est et au nord du village actuel de Politiko, construit en grande partie avec les débris de la ville antique. Vers 1 ouest, on peut encore suivre distinctement la trace des murs. Les premières découvertes de M. Richter furent une fabrique de verreries à 1 intérieur de l’enceinte et un tombeau gréco-romain taillé dans le roc, adjacent au mur occidenlal. A quelques centaines de pas plus loin, en dehors de la ville, il eut la chance de rencontrer un groupe compact de tombeaux phéniciens datant des premiers temps de l’influence grecque à Chypre. Ce sont de simples fosses creusées dans la terre et qui sont, en général, d’autant plus profondes que le contenu en est plus riche. Les pauvres, à ce qu’il semble, étaient ensevelis à fleur de terre, n’ayant pas à redouter les Tupiupô/ît.
Le tombeau où l’on a découvert le grand vase qui portera désormais dans la science le nom de vase de 7 amassos, est une fosse très profonde avec une galerie ou couloir d’accès fermé par un mur grossier de petites pierres. A droite de l’entrée était une petite coupe commune, puis les ossements de plusieurs squelettes. Au fond gisaient entassés plusieurs vases, un aryballe à une anse, un vase à deux anses, sans couvercle, avec cercles concentriques peints, et trois autres qui méritent d’être décrits avec plus dedétail : l°vase sans couvercle (forme Perrot-Chipiez, t. III, fig. 497, p. 691), décoré de cercles concentriques noirs et d’ornements géométriques; sur la panse est représentée une figure humaine extrêmement grossière, formée de deux cônes opposés remplis par des lignes noires parallèles, auxquels sont attachés des bras terminés par des doigts écartés (et. A. de Cesnola, Salaminia, fig. 235, p. 249); 2» espèce de prochous à une anse, présentant un déversoir latéral; à l’intérieur du vase s élève un conduit vertical qui communique avec le déversoir (cf. Salaminia, p. 275, fig. 269). On fabrique encore des récipients de ce genre à Varoschia, près de Pamagouste. Celui qu’a découvert M. Richter est sans couvercle, orné de cercles concentriques et d un oiseau aquatique peints en noir (cf. Cesnola- Stern, pl. XCIV). Le troisième vase, malheureusement assez dégradé, est celui dont nous avons essayé de reproduii e les peintures d’après les photographies très défectueuses et deux calques un peu rapides de M. Richter. Nous pensons toutefois que
1. Tamassos est indiquée sur la carte de Chypre publiée par M. Perrot, Histoire de l’Art , t. lit, p. 482.
l’étude directe de l’original ne modifierait rien d’essentiel à nos dessins.
Le vase a la forme d'une urne apode; comme beaucoup de produits de la céramique chypriote, il a été cuit avant d’être peint. L’argile est grise et travaillée au tour. Les contours des figures sont noirs, l’intérieur rouge; les boucliers, les armes, les cheveux, la barbe et le cris¬
tallin des yeux des personnages sont peints en noir. Les tètes sont toutes rouges, excepté celles de la Gorgone et du lion (?) ; les arbres eux-mêmes sont rouges. Cette coloration capricieuse est une singularité dont on n’avait pas encore rencontré d’exemple à Chypre.
De chaque côté du vase est une tête de mouflon’ en relief, dont les
1. Le mouflon est encore fréquent à Cbypre. Un correspondant du Cyprus Herald (4 décembre 1886) se plaint que les chasseurs anglais en détruisent un
cornes — autre détail exceptionnel — forment deux petites anses géminées. Au-dessus et au-dessous des figures, courent des bandes parallèles peintes en noir.
Décrivons maintenant les compositions qui ornent la panse. Au-dessous des tètes de mouflon, qui sont peintes, on voit, d’une part, un oiseau au vol, d’un type fréquent dans la céramique de Chypre, et de
trop grand nombre; il raconte que M. Williamson s’est vanté d’en avoir tué seize en 1886. Le correspondant demande qu’une loi fixe annuellement le nombre des mouflons laissés à la merci des Nemrods de l’ile.
l'autre, un cerf entre deux arbres, probablement des cyprès ou des pins (cf. Cesnola-Stern, pl. XC1V; Perrot- Chipiez, t. III, fig. 513). Plus loin, nous trouvons une scène de chasse : un personnage, sans doute un prince, accompagné de son écuyer, debout sur une voiture à un cheval: le cheval est atlaqué par un monstre, peut-être un lion, qu’un chasseur à pied saisit par les oreilles et qu’il s’apprête à frapper d’une hache bipenne. Au-dessus de l’attelage vole l’oiseau, destiné, suivant M. Clermont-Ganneau, à marquer la direction de la marche'. Le dessin de cette scène est d’une extrême grossièreté. Les corps sont vus de face, les tètes, d’une laideur presque grotesque, sont de profil.
La coiffure des personnages suffirait à prouver que le vase a été peint par un céramiste indigène, qui connaissait mal les chevaux et n’avait jamais vu de lion que sur des cylindres hittites ou assyriens. Une chasse au lion, dont l’analogie avec la peinture de Tamassos est tout à fait frappante, figure sur une des pierres de Salitché-Gheuzkou (Perrot-Chipiez, t. IV, fig. 279). Un chasseur, armé d’une hache bipenne, attaque le lion par derrière, tandis qu’un autre lui enfonce un pieu dans la tète. Ce bas-relief pseudo -assyrien est très probablement hittite. Il y a là une preuve nouvelle de l’influence de cet art asiatique sur l’art gréco-chypriote à ses débuts.
A cette scène correspondent, de l’autre côté du vase, une chasse aux chèvres sauvages et l’épisode de Persée. Le premier motif est d’origine assyrienne : on le relrouve sur un bas-relief du Musée Bri-
1. Nous avons cité d’autres exemples de ce motif. Revue archéologique, 1885, II, p. 361 ; cf. Clermont-Ganneau, Imagerie phénicienne, 1 80, p. 42.
tannique (Perrot-Chipiez, t. II, fig. 31o). Quant au second, il présente un intérêt tout particulier ; c’est la plus ancienne apparition d’une légende grecque sur un monument de la céramique chypriote. Malheureusement, la figure de la Gorgone est fort effacée, mais 1 ensemble de la composition ne peut pas prêter au doute. Un compagnon de Persée enfonce un clou dans le cou de la Méduse, tandis que le héros a- saisi la tête du monstre, qui porte, détail singulier, la coiffure chypriote indigène. L’episode du fichcmcut du clou doit correspond i e à quelque détail de la légende que les auteurs ne noiisont pas transmis
on qui s’est modifié de bonne heure1. Remarquons que la représentation du mythe de Persée parait aussi sur un sarcophage d’Athiénau
t. C’est peut-être le plus ancien exemple de la clavi fixio (yo^oüv) considérée comme prophylactique. Cette superstition, qui parvint à Rome par l’emtremise des Étrusques, est certainement d’origine orientale (cf. Marquardt, Roemisches Staatswesen, t, HT, p. 105; Müller-Deecke, Die Etrusker, t. II, p. 307 et suiv.). M. Stephani a cité, entre autres monuments analogues, une cornaline où l'on voit Éros clouant un papillon (Psyché) contre un tronc d’arbre. Voir le Compte rendu de la Commission impériale pour 1862, p. 157- 168, pl. VI; 1877, p. 116; Unger, Philologus, t. XXXII, p. 531-540. [M. Cler" mont-Ganneau a étudié la même scène dans son Recueil d'archéologie orientale, t. I, p. 172-175. Il pense qu'il a pu y avoir une étymologie populaire rapportant le nom de nrjyaao;, né du sang de la Gorgone, à 7rrjYvup.t, synonyme de y°Pï>o'jv ]
(Cesnola-Stern, pl. XVIII); Persée s’éloigne, portant dans un sac la tète de la Méduse, dont le torse mutilé donne naissance au cheval Pégase et à Chrysaor1 2.
La même nécropole a encore fourni beaucoup de petites coupes en bronze, des poignards en fer à manche de bois, des boucles d’oreilles en électre et en or, un scarabée phénicien en pierre, quelques grossiers cavaliers en terre cuite, etc. M. Richter me signale aussi un fragment de vase orné d’écailles et des fusaïoles de pierre en forme de doubles cônes opposés, que l’on a déjà rencontrées en grand nombre dans les tombes d’Agia-Paraskévi, où elles sont souvent accompagnées de cylindres assyriens.
L’inscription bilingue de Tamassos a été découverte par M. Richter au mois de novembre 1885, au cours des fouilles qu’il conduisait pour le compte du colonel Warren. Elle était encastrée dans le mur d’enceinte de l’autel adjacent au téménos d’Apollon. Comme les caractères étaient tournés vers l’intérieur, la double inscription s’est conservée presque intacte. M. Richter a recueilli au même endroit une autre inscription bilingue plus petite et mutilée, mais des motifs de discrétion l’ont empêché d’en prendre copie.
La première bilingue a été publiée par M. Piérides dans une petite brochure imprimée à Chypre qu’il a bien voulu nous faire parvenir*. M. Piérides n’a donné que la traduction anglaise de la partie phénicienne et la transcription grecque de la partie chypriote. Ne pouvant contrôler ses lectures, je me contente de les reproduire ici.
Traduction de la partie phénicienne : « Cette statue a été élevée et dédiée par Menahim, fils de Benhodesh, fils de Menahim, fils d’Arek, à son seigneur [Reshep] Elyith, dans le mois Ethanim, dans la trentième année du règne de Melekiaton, roi de Kition et d’Idalion. Puisse-t-il entendre sa prière et le bénir! »
Le mot Reshep est une restitution de M. Piéridès, la pierre présentant une fissure à cet endroit. L’éditeur propose d’identifier Reshep Elyith à l’Apollon Hylates de Curium; il rappelle que M. de Vogüé a déjà signalé la juxtaposition de Reshep Mekal et d’Apollon Amy-
1. On a fait observer récemment que le nom de Chrysaor est très fréquent sur la côte de Carie ( Bulletin de Correspondance Hellénique, t. X, p. 489.)
2. Cf. Deecke, Philologische Wochenschrift , 16 octobre 1886, p. 1322. M. Deecke a fait de vains efforts pour se procurer des estampages des deux inscriptions. — Ce qui précède était déjà imprimé lorsque j’en ai reçu une photographie, que j’ai transmise à la Commission du Corpus inscriptionum semiticaram. J'apprends de M. Berger que les deux textes bilingues doivent être incessamment publiés par M. Wright.
cléen. La date de la trentième année du règne de Melekiaton serait environ 350-360 avant J.-C.1. Le mois Ethanim est déjà mentionné dans une inscription de Larnaca ( Corpus inscr. semitic., n° 86).
Voici maintenant la transcription du texte syllabique chypriote' :
Tov à(v)opta(v)vav tov(v) u è'Swxev v.'xç h'tiOrf/.e') Mavac(a)îjç à Nw[ji.yîvlwv tw 6ew:
tmi ’AxsfXwvc twi EXeivai Ifytfytx.
’Aoptaxav pour âv$.ptavra, avec aphérèse du v médian et addition d’un v final, est conforme au dialecte grec actuel de Chypre. Noe[«]vfoç s’était déjà rencontré dans une bilingue athénienne comme équivalent du phénicien Benhodesch. La forme ’A-cO.wv est à remarquer. Quant à l’identification d’Éleitas avec Hylates, elle nous semble bien contestable; M. Deecke fait d’ailleurs observer que l’ ’AiréXXwv 'TXaxaç de Chypre doit son nom à la localité chypriote "TXï) ou 'T asc. 'EXsîxaç, d’après Étienne de Byzance, est l’ethnique de la ville laconienne d’Hélos ; r’AitôXXwv 'EXsiraç paraît ainsi, suivant une ingénieuse remarque du savant allemand, comme la contre-partie de l’Apollon Amycléen, également originaire de Laconie. Le phénicien Elyith n’est qu’une transcription du grec 'EXsrcaç. M. Deecke vient à se demander si l’ile de Chypre n’a pas été colonisée à l’origine par des Achéens de Laconie fuyant devant l’invasion dorienne. La fondation de Paphos était attribuée à une colonie d’Arcadiens, qui auraient émigré après la guerre de Troie sous la conduite d’Agapénor de Tégée; or, Tégée était une ville royale achéenne, comme le prouve l’histoire de la découverte des ossements d’Oreste. Mais laissons la parole à M. Deecke : « Expliquera-t-on aussi par cette émigration achéenne la part importante que Chypre a prise de bonne heure dans la poésie homérique et cyclique, qui n’est que la mise en œuvre de la tradition héroïque des Achéens? Que l’on songe seulement au Ve chant de Y Iliade et aux Kfepta de Stasinos ! J’ai déjà indiquédans les Studien deCurtius (t. VII, p. 262) les traces de la langue épique dans le dialecte chypriote. Faut-il encore expliquer de même cette notice d’Hésychius : A^aiop,cmctç- oi tyjv twv Oeûv enivre? lepwjév^v sv K’j-itpw? Enfin, le
\. Cf. Six, Classement dessertes chypriotes, p. 335.
2. Je profite des observations de M. Deecke, Philologische Wochenschrift , 1886, p. 1323. [Cf. Clermont-Ganneau, Recueil d archéologie orientale, t. I,
dialecte chypriote ne ressemble-t-il au dialecte arcadien que parce que l’un et l’autre sont achaeo-laconiens et que la population achéenne de la Laconie était proche parente de sa voisine, la population arcadienne? Ce sont là des problèmes fort intéressants. » — Le premier établissement des Achéens à Chypre pourrait remonter à une époque plus ancienne que l’invasion des Doriens, puisque nous les trouvons guerroyant dans la Haute-Égypte au xne siècle avant J.-C. Vaincus par Ramsès et par Ménephtah, les peuples de la mer ont dû refluer en partie sur les îles de l’Archipel b
— Les fouilles de Polis tis Clirysokhou, l’ancienne Arsinoé, ont été faites aux frais de trois Anglais, MM. C. Watkins et G. Christian, de la Banque ottomane, et M. J.-W. Williamson, propriétaire du Cyprus Herald. Leur succès paraît dû en grande partie à la persévérance de M. Watkins, qui n’a pas reculé devant les sacrifices considérables qu’elles entraînaient. Commencées au mois de mars 1885 et poussées avec beaucoup d’activité — on a employé jusqu’à cent ouvriers à la fois — elles ont porté sur deux nécropoles, situées l’une au sud, l'autre à l’est de la ville. Les produits de ces fouilles seront probablement exposés à Paris au printemps de 1887 : MM. Froehner et Hoffmann en préparent, dit on, le catalogue.
Ce qui frappe d’abord dans l'ensemble des découvertes de Polis, ce sont les rapports qu’elles présentent avec Athènes et Vulci, d'une part, avec Camiros de l’autre. On a trouvé deux coupes à figures rouges de style sévère portant la signature HEPMAIOZ ETTOIEIEN, qui s’est rencontrée à Vulci (Klein, p. 115-116), et une troisième avec l’inscription KAXPYAION EITOIEZEN, qui a déjà été signalée en Italie et en Attique (Klein, p. 124-130)*. Par contre, une ceinture d’argent doré, formée de quatre plaques minces avec pendeloques unies par des charnières, rappelle exactement les bijoux archaïques de Camiros découverts par M. Salzmann. Les plaques, ornées de granulé, portent des reliefs au repoussé représentant : 1° l’Artémis persique vue de face, tenant de chaque main un cerf ou un mouflon; des soleils remplissent le champ et les bords sont décorés de méandres,
1. Cf. Perrot, Histoire de l'Art, t. IV, p. 18. Après l’invasion dorienne, une partie des Achéens sera revenue vers le sud, notamment à Lesbos et à Chypre.
2. Voir Klein, Griechische Vasen mit Meistersignaturen, 2“ édition, 1887. Le nom d’IIermaios doit être ajouté à la liste des céramistes dont les noms se sont retrouvés sur des vases découverts en Grèce et en Italie ( Traité d’épigraphie grecque, p. 450). Celui de Nicosthèues, déjà connu en Grèce et en Italie, se lit sur un vase récemment découvert à Naucratis en Égypte (Klein,
de fleurs et de boutons de lotus; 2° deux lions ailés accroupis et adossés, motif fréquent sur les stèles chypriotes.
Les tombeaux de Polis sont généralement des fosses, mais quelquesuns offrent l'aspect de cryptes funéraires construites avec soin où l’on descend par un escalier. Nous reproduisons ici la coupe de l'un d’eux, d’après une aquarelle de M. Richter. Le couloir qui conduit dans la tombe renferme généralement des statuettes en terre cuite jetées pêle-mêle et brisées intentionnellement . Une fois on a trouvé dans le 1
couloir plus de vingt figurines dont les tètes avaient été cassées. Ces observations sont de M. Richter* et concordent parfaitement avec celles que nous avons faites, M. Pottier et moi, à Myrinas; un archéologue a donc eu tort de se fonder sur nos constatations pour piétendre que la nécropole éolienne avait été violée dès l’antiquité.
M. Richter nous a communiqué la description de plus de cent tombeaux; nous en choisirons deux seulement à titre de spécimens. Dans le premier (nécropole du sud), le couloir contenait deux statuettes et une tète haute de 0m,12 , d’un très beau style grec sévère. La
2. « Fine absichlliche Zertrümmerung und Koepfung der Figuren hat staltgefunden... offenbar absichtlich abgeschlagene Koepfe, »
3. La Nécropole de Myrina , 1. 1, p. 102; cf. Rayet, Monuments de l'art antique, t. II, pl. LXXVII, p. 8, qui a observé le même fait à Tanagra.
tombeau renfei'mait quinze vases à couverte noire portant des caractères chypriotes gravés sur le fond, une quantité de vases communs, des pointes de flèche en fer et en bronze, des ornements d’or. L’objet capital était une grande amphore ornée de peintures polychromes sur la panse (réseaux et palmettes) ; le col est couvert d’un vernis noir et la partie supérieure de la panse présente un petit déversoir latéral en forme d’urne. Entre le déversoir et le col sont deux figures debout, une femme drapée avec un chapeau rouge, un chiton rouge et un himation bleu, et un Éros également peint en rouge.
Le second tombeau (nécropole de l’est) est une fosse simple, de forme rectangulaire; elle contenait un grand nombre de vases à couverte noire et à figures rouges, deux panthères, deux oies, etc. Onze vases portaient des caractères chypriotes incisés. Une amphore avec déversoir latéral est ornée de peintures rouges et brunes représentant deux taureaux cornupètes, ayant chacun devant lui une fleur ; entre le déversoir et le col est une figure drapée coiiïée d’un grand chapeau triangulaire et tenant dans sa main gauche la petite urne qui sert de déversoir.
Nous ne savons si la présence de graffites chypriotes sur des vases à figures rouges autorise à supposer que ces vases auraient été fabriqués dans Pile; nous serions tenté plutôt d’y voir des produits athéniens importés, sur lesquels les marchands indigènes ou les possesseurs auraient pu graver quelques caractères à la pointe. Une phiale noire avec trois A incisés rentre dans la catégorie intéressante des vases avec indication de prix 1 .
Outre les vases que nous venons de signaler, on a découvert beaucoup
de lécythes reproduisant des types grecs connus, des urnes ornées de têtes de bœuf en relief, plusieurs vases à déversoir, dont nous avons dessiné le plus remarquable d’après une photographie de M. Richter.
Il y a quelques statues en pierre calcaire, notamment un Hercule et un homme couché sur une kliné.
Les terres cuites sont nombreuses et souvent d’un excellent style, sans aucune trace d’archaïsme ni de raideur. Ce sont, en particulier, des personnages assis sur des trônes,