‹ Chroniques d'OrientChapitre 14 sur 410 · Philologische Wochenschrift, 1883, p. 1403 et · texte numérisé non relu

Philologische Wochenschrift, 1883, p. 1403 et

Eleusis. — La Société archéologique a eu la main heureuse en 1883. Non seulement elle a découvert sur l’Acropole, à côté de beaucoup d’inscriptions et de fragmenls, les deux admirables 'tètes archaïques dont 1’ Etp-rçjj.sp'tç àp%mo\oqiYj] a donné des gravures (pl. IV et VI), mais les fouilles entreprises par elle à Eleusis, sous la direction de M. Philios, ont produit des résultats aussi importants que ce'les d’Épidaure. L’’EÿY]p,spfç a reproduit (pl. V) une tète de femme archaïque, du style le plus curieux, découverte le 13 septembre dans l’enceinte sacrée d’Eleusis, à une profondeur de 3m,50. Elle est en marbre pentélique, un peu plus petite que nature, et porte des traces de coloration. On peut y reconnaître une Coré, bien que, suivant la juste remarque de M. Philios, cette dénomination ne s'impose pas. Les yeux en amande, la saillie des pommettes, le travail régulier et comme mécanique des cheveux, permettent d'en rapporter l’exécution aux dernières années du vie siècle, c’est-à-dire à la période d'archaïsme en progrès qui précède immédiatement l’époque de Phidias. M. Philios avait pensé, d'après des indices peu concluants, que c’était une oeuvre afchaïsante; mais il a eu raison de ne pas insister sur cette hypothèse, qui est absolument inadmissible.

Les inscriptions découvertes à Eleusis ont été publiées en partie d -ns 1 Eçïgj.sp'.ç. Une des plus imposantes, trop longue pour êlre reproduite ici, est un fragment de comple, dont plusieurs détails sont très difficiles à expliquer '. L’épigramme suivante (p 75) fait connaître un mol nouveau, xpcp.ûuxï;ç; nous laissons à de plus habiles le soin d en comprendre les deux dernières lignes, qui sont parfaitement lisibles.

£2 Hsivo1. 0r(îTu9î p.sx’ eùy.Xs àvâ'/.xopx Ar;ouç ■/.al ysvsïjv xaxépwv sjy.Xsa Ilparayôpaç, vjv sxexev MsXixeùç Aï)p,éaxpaxoç rfîl <ï>’Xèjx<j fp'jrceç SaBoû^wv àp.ipôxepci xoy.éwv • àXXa p.e y.ai xafîwv xoapsî /opoç, c? xo IIpopuoxwv à'XXwv sv xeXexaïç oxspp.a y.opaioi Gsaav.

Nous empruntons à 1’ ’E^p.sptc (p. 77) un autre document épigraphique de même provenance, dont le lecteur appréciera 1 intérêt :

J" ^ nokiç ' A'{si3x(sv) Mîp.p.uv èxl Bwp.ù ©opbuov, xov àxo oaxa; apxovxwv y.a: axpaxïjywv xai àywvoGsxwv , xov y.ai aixov p,sxà xcüv aXXwv ap-guv xai Xixo'jpytMV ap^avxa x^v sxwv.ip.ov àp^v, y.a 1

t. Gf. un autre fragment de comptes des épistates d’ÉIeusis publié par M. Foucart, Bull, de Corr. Hellén., I8S3, p. 38L

aTpxTïJYov sxi xx oxXa y.xi ir.’.j.tKr^rp y up.vxoixp-/jx; 0£cü A8pi«vs3 y. xi ayuviôé tyjv xp(ç, irpEuSeuTïjv te xoXXx/.tç xspi xwv jxsyi'axuv, èv oie jcal xsp! yspouaiaç, p.'JvjxxvTX, xapôvxoç 0esu ’ASpixvsü, p,ur1axvxa 0ecv Aôûy.ov Oufjpsv App.svr/.ov, IIxpOty.GV y.xi A'jxoxpxxopx M(apy.ov) AùpvjXtov AvxwvTvsv M(apy.3v) Aùp^Xiav Ko[j.;j.sÎ3v rspp,xvixoùç, SxppxTiy.oùç, XeixoupY'^xvxx xoTv 0soïv sxsuiv vcp (?) tov àp/ispÉwv (?) tov çiXoxaxpiv.

Le second article de M. Philios se termine (p. 83) par une inscription du ive siècle en l’honneur de l'hiérophante XxipïjTicç, e’ivcuç wv xm Y^vei xw te Kvjpûy.wv y.xi EùpoX-iSwv, décret rendu par les Céryces et les Eumolpides, qui décernent à l’hiérophante une couronne de myrte (•/.ai GTsçavwjxi pupp£v/)ç otsoxvw, wç xruptov £3Tiv a’jTw). Le sens de ces quatre derniers mots est loin d’être clair.

Décélie. — A Tatoi, l’ancienne Décélie, où le roi de Grèce possède une résidence d’été, on a découvert une stèle de marbre portant un décret, gravé utoi^Sov, que M. Koumanoudis a publié dans le second fascicule de r’Esvpj.spQ1 2. C’est un document capital, qui fait connaître entre autres le nom d’une nouvelle phratrie, celle des A^poTtwviSxi a .

Les dispositions mentionnées dans ce texte, à l’effet de maintenir les phratries dans leur pureté, peuvent être rapprochées de celles qu’indique un décret de Cos, publié par M. Dubois dans le Bulletin de Correspondance Hellénique (t. VI, p. 249), décret qui a pour but de rétablir une liste exacte des adorateurs autorisés d’Apollon et d’Héraclès au sanctuaire d’Halasarna. Quant à la première partie de l’inscription de Tatoi, relative aux droits du prêtre sur les produits des sacrifices, elle rappelle un décret athénien fixant les cinq espèces de prémices que doit recevoir la prêtresse de Déméter Chloô3.

— Le compte rendu des travaux de la Société archéologique de janvier 1882 à janvier 1883 permet de se faire une idée exacte de l’activité vraiment admirable de cette compagnie4. Le volume s’ouvre

1. [11 a été réédité par M. Koehler dans le Corpus inscript, attic., t. II, 2, n°841 6.]

2. On connaissait jusqu’à présent trois ou quatre noms de phratries, les ’Ayvictcîxi (C. I. G., 463), les AuaXeï; (C. I. A., II, 600), les ©jppix... ( Miltheil II, p. 1868) et peut-être les Zaxuxoac ( Mittheil ., IV, p. 287). 11 reste encore au moins sept noms à déterminer.

3. C. 7. A., 11, 631, 1. 16 : Ar\\U]zpo; XXoyjç ispsÉa hpswuuva : Il : ôsiataç xpecôv, Trjpcov rifj/.éxTecü : III : [aèXstot xovéXrç; ' III : IXatou rpitov xot'jIcüv : 10 x. t. X. Cf. Martha, Les Sacerdoces athéniens, 1882, p. 121; Newton, Essays on art and archaeology, 1880, p. 138.

4. üpaxTixà Trjç Èv ’AO^vai; àp‘/atoXoyiXY]ç Ixaipsta:, arco ’lavooapLu 1882

par un l’apport général de M, Koumanoudis; il annonce que des mesures ont été prises dans la partie nouvellement annexée de la Thessalie pour la protection des monuments anliques. L’école de Larissa contient déjà cent soixanle-six sculptures et inscriptions. D’autres objets trouvés dans cette province ont été transportés au Musée d’Athènes1.

M. Stamatakis rend compte d’une fouille qu’il a conduite près de Thespies; il y a découvert une sorte de polijandrion dans le genre de celui deChéronée, entouré d’un murquadrangulaii’e. Devant le milieu du mur septentrional se trouve un lion de grandes dimensions. Plusieurs stèles funéraires ont été employées postérieurement au pavage d’une route qui longe l’enceinte vers le nord; elles contiennent des listes de noms de guerriers tombés dans une bataille, peut-être des Thespiens morts à Platées, bien que la forme des lettres ne paraisse pas indiquer une date si ancienne.

M. Cavvadias raconte les fouilles qu’il a conduites à Épidaure sur l’emplacement de la célèbre tholos de Polyclète et du temple d’Esculape. Au théâtre, exploré en grande partie l’année précédente, il a mis au jour les murs d’angle de la çavea; la scène a été refaite à une époque tardive avec des matériaux divers provenant du théâtre luimème. Quant aux statues d’Esculape etd’Hygie, que l’on avait annoncées dans les journmx comme des œuvres de Polyclète, ce sont certainement des marbres d’époque romaine et d’une valeur artistique médiocre.

Le plan de la tholos a été dressé par M. Zenopoulos et les détails dessinés par M. Gilliéron, excellent artiste français établi depuis longtemps à Athènes et qui a collaboré, entre autres, à la publication du tombeau de Ménidi. Il ne reste en place que les murs de fondation, mais on a recueilli d’assez nombreux fragments du reste de l’édifice pour qu’une restauration vraisemblable ne soit pas impossible. Le monument présente quelques analogies avec le Pliilippéion d’Olympie. L’aspect extérieur était celui d’un temple rond entouré de deux rangées de colonnes doriques à l’extérieur (au nombre de vingt-quatre et épaisses de 1 mètre) et corinthiennes à l’intérieur (épaisses de 0m, 60). On n’a pas retrouvé de chapiteau des colonnes doriques, mais il existe des métopes, des tuiles, des têtes de lions formant gouttières d’un excellent travail, enfin tous les éléments constitutifs des colonnes co-

pi'/pi ’lavouapiou 1883. ex toO TUTroypacpaou àSD.çwv TUpp-/], 1883.

M. Chr. Belger a donné un compte rendu détaillé de ce volume dans la Philologische Wochenschrift du 27 octobre courant, p. 1350.

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