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Mittheilungen, t. VIII, pl. II et III

rinlhiennes. M. Belger a exprimé le désir qu’un architecte compétent ne tardât pas à se rendre sur les lieux; nous ne pouvons que nous associer à ce vœu, avec l’espoir qu’il sera entendu de quelque pensionnaire de la villa Médicis.

A 25 mètres environ de la lliolos on a mis au jour les fondations d’un temple dorique long de 2im,70 et large de 13m,20. Parmi les débris se sont trouvés de nombreux fragments de sculptures provenant des frontons ; le fronton de l’est représentait une Centauromachie, celui de l’ouest un combat d’Amazones. Au dire de M. Cavvadias, ces fragments seraient d’une grande beauté. Comment se fait-il que les archéologues grecs ne puissent pas s’habituer aux procédés de la photographie, procédés qu’un enfant peut apprendre aujourd’hui en quelques heures? Le moindre cliché vaut mieux pour le public savant que les descriptions les plus enthousiastes, où des clichés d’un tout autre genre tiennent souvent lieu de renseignements précis.

Le rapport de M. Pliilios sur les fouilles d’Eleusis est accompagné d’un plan provisoire dressé par M. Doerpfeld, l’architecte attaché à l’Institut allemand d’Athènes1. Les fouilles ont porté serdement sur le grand lemple : pour les achever, il faudra détruire les cabanes de Lefsina, que la Société archéologique a peu à peu rachetées depuis dix ans. Les tranchées creusées par les Dilettanti en 1811 avaient été comblées depuis cette époque et presque tout le travail était à refaire. Les Dilettanti, d’ailleurs, se sont trompés en bien des points. Au lieu de quatre rangées de sept colonnes à l’intérieur du temple, il y en avait certainement six. Au lieu d’une seule entrée du côté de l’est, il y en avait deux, l’une à l’est et l’autre à l’ouest. Un détail tout à fait nouveau est l’existence de huit degrés à l’intérieur du temple, sur lesquels se tenait la foule des fidèles pendant l’accomplissement des cérémonies du culte. Ces degrés s’appuient aux quatre murs, mais au nord-ouest, où le temple touche au rocher, ils sont creusés dans le roc lui-même au lieu de former une construction distincte. Malheureusement, l’intérieur du temple a été détruit ou bouleversé

1. Eu présence du grand développement que les travaux d’excavation ont pris en Grèce, il serait bien nécessaire qu’un architecte de profession résidât aussi à l'École française d’Athènes. Les architectes de la villa Médicis, qui viennent passer à tour de rôle quelques mois en Grèce, sont entravés dans leurs travaux par l’ignorance de la langue, souvent aussi par les effets d’un climat auquel ils n’ont pas eu le temps de s’habituer. Ne pourrait -on pas envoyer à Athènes, pendant une année entière, les second: t grand-prix d’architecture du concours de Rome, aux mêmes conditions que les membres de l’École?

4i CHRONIQUE D’ORIENT (1883) [3*, 402-3]

de fond en comble, de sorle qu’une restauration complète sera toujours difficile.

Nous avons déjà fait mention de la belle tète de femme d’ancien style que M. Philios a publiée dans 1’ ’E<pï)|jiep(ç. Un torse de femme archaïque doit paraître dans un prochain numéro. L’ Eijï;p.ep{g a également fait connaître (fasc. n, p. 107) des marques et des lettres d’assemblage lues sur les pierres de fondation du temple et sir les tuiles de la toiture. Les fouilles, qui ont coûlé jusqu’à présent 16,000 drachmes, ont donné plus de cent inscriplions et cinquante fragments de sculpture.

Enfin, quelques travaux moins importants sont brièvement indiqués dans les Ilpaimiex. M. Stamatakis a étudié le tombeau de Corinthe, orné à l’intérieur de peintures romaines, dont une excellente copie se trouve depuis 1882 au Musée de Patissia. A Sicyone, il acquit pour le musée un lion de marbre long de lra,10. En outre, le même épistate a ouvert trois cents tombeaux à Tanagre et découvert quelques bijoux en or et trente inscriptions funéraires. Nos lecteurs connaissent déjà les importants travaux entrepris sur l’Acropole d’Athènes, au sud du Parthénon et à l’enlour du petit Musée.

— On sait que les fouilles de Pergame ont été reprises au mois de mai dernier par MM. Bohn et Fabricius, en l’absence de M. Cari Humann, chargé d’une mission en Comagène. Comme le fîrman de l’Allemagne était expiré, la Porte n'avait d’abord consenti à le renouveler qu'à condition que les objets découverts revinssent de droit au Musée ottoman. A force de parlemenler, on réussit à obtenir des conditions m dns dures : il fut stipulé que toute antiquité complétant les produits des fouilles antérieures qui se trouvent déjà au Musée de Berlin serait cédée à la Commission allemande. MM. Bohn et Fabricius, très préoccupés de compléter les découvertes des années précédenles, ont démoli jusqu’aux fondements le mur byzantin qui formait une enceinte au sommet de l’acropole, et ils sont parvenus à dégager de ce mur cent cinquante fragmenls de différentes grandeurs faisant partie de la Gigantomachie et du groupe de Télèphe, ainsi qu’un bon nombred’inscriptions. Parmi les fragments importanls de la Giganlomachie se trouvent un pied colossal, une tète de géant dont l’œil est percé d’une flèche, une grande tête de femme et une tète de serpent. Des fragments nouveaux porlent des noms de géants et même, assure-t-on, des noms d’artistes. Le groupe de Télèphe s’est enrichi de deux figures. L’étude des inscriptions, qui sont très remarquables, a particulièrement occupé M Fabricius Le gouvernement turc recevra, pour sa part, une grande statue d’une pi êlresse de Minerve Polias et

un nombre considérable de fragments de sculptures et d’inscriptions, Au commencement du mois d’octobre, on avait démoli 60 mètres du mur byzantin; il en restait encore autant à détruire. Les découvertes nouvelles ont jelé beaucoup de lumière sur le plan des édifices déblayés dans la première période. Les fouilles actuelles ont d’ailleurs moins pour but d’enrichir le Musée de Berlin que de compléter et de préciser les résultats des recherches antérieures. Remarquons encore que la convention passée entre l’Allemagne et la Porte pour la répartition des dépouilles est un modèle d’équité et de bon sens; elle nous autorise à espérer que la Turquie se fera désormais une loi, comme en cette circonstance, de concilier les intérêts de ses collections avec ceux de la science, auxquels la dispersion des fragments d’une même œu\re cause un préjudice presque irréparable.

Chargé par le ministère de l’Instruction publique d’une mission en Tunisie, nous devons prendre congé ici, pour quelques mois, des lecteurs de la Revue archéologique. Notre prochaine Chronique les mettra au coux-ant des découvertes dont l’Orient grec aura été le théâtre pendant cet intervalle. Quant à celles qu’il pourrait nous arriver de faire dans l’Afrique française, la Revue serait des premières à en être informée. C’est un devoir pour nous de remercier nos correspondants de Smyrne, de Constantinople et d’Athènes, au moment où nous suspendons la publication régulière de cette Chronique qui est en grande partie leur œuvre, délaissant l’archéologie de cabinet, qui marque les points, pour revenir à l’archéologie militante, qui joue la partie 1 .

I. [Voir dans nos Esquisses archéologiques, 1S85, p. 72-101, l'exposé des recherches auxquelles nous avons donné nos soins en Tunisie du mois de novembre 1883 au mois de mai 1884],

(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1884, t. I, p. 335-345.)

Loi sur les antiquités. — Pendant le séjour de cinq mois que nous avons fait en Tunisie, les découvertes archéologiques se sont succédé dans l’Orient avec une rapidité extraordinaire. Il n’est guère de semaine où les journaux d’Athènes et de Constantinople, les correspondances adressées de ces villes aux différentes Revues de l’Europe, n’aient signalé le commencement de fouilles nouvelles ou les résultats heureux des explorations commencées. Nous nous proposons de résumer prochainement tous les renseignements que nous avons pu obtenir sur cet ensemble si varié de découvertes ; quelques-unes, comme celles du docteur Schliemann à Tirynthe, paraissent vraiment extraordinaires et de nature à modifier profondément le chapitre toujours à récrire qui traite des origines de Part grec. Aujourd’hui nous devons nous borner à faire connaître un document tout à fait moderne, mais dont l’influence peut être très considérable sur les découvertes de documents anciens : nous voulons parler du règlement nouveau concernant les fouilles en Turquie, dont une traduction a paru dans un journal français de Constantinople (La Turquie, 1er, 3 et 4 mars 1884) '. On verra que les conseillers archéologiques de la Sublime Porte ne sont pas mis en frais d’imagination : ils se sont contentés de reproduire, avec des modifications insignifiantes, les lois restrictives et prohibitives appliquées en Grèce depuis plus d’un demi-siècle. Nous ne perdrons pas notre temps à insister sur les inconvénients, sur les funestes effets de ces mesures : c’est une tâche dont nous nous sommes acquitté ailleurs’, sans ménagements et sans

1 [Ce règlement est imprimé aussi dans le livre de A. von Wussow, Die ' rhaltung der Denkmaler im den Kulturstaaten der Gegenwart. Berlin, 1885, t. il, p, 314-321. J

2. Revue des Deux-Mondes, 1er mars 1883 {Le Vandalisme en Orient).

réticences, parce que nous savions que ces mesures étaient sur le point d’être adoptées, parce que nous voulions tenter un effort pour intéresser les lettrés de l’Europe à la défense de leur patrimoine, également menacé par le régime du laisser-aller, c’est-à-dire du pillage, et par celui de la prohibition, qui n’entrave que les recherches régulières. Nos espérances ont été déçues : le règlement élaboré par Hamdi-Bey ' n’a pas provoqué la moindre prolestation diplomatique et la presse savante de l’Europe s’est même abstenue de le signaler. Nous n’imiterons pas ce silence, qui pourrait sembler une approbation tacite, et, sans mettre en doute la pureté des intentions qui ont inspiré les antiquaires ottomans, nous regretterons pour eux et pour nous qu’ils aient pu faire triompher des idées systématiques, tout à fait contraires, nous en avons donné la preuve, aux intérêts de l’archcologie et de l’art.

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