Cf. Revue archéol., 1887, II, p
4. Cf. le Wôrlerbuch der griechischen Eigennamen de Pape, s. v., et Eugel, Kypros , t. 1. p. 18.
ciennes, antérieures à l'influence sémitique. Un de ces vases a été recueilli par M. Richter à Polis tis Chrysokhou en 1885. Aujourd’hui encore, les Chypriotes croient à l’existence d’un serpent cornu à deux télés. Cette conception est due sans doute à l’importation des objets d’art chaldéens. On peut citer comme exemple un curieux cylindre en jaspe noir, trouvé à Haghia-Paraskévi et appartenant à M. Coslantinidès de Nicosie. Nous en donnons ici le dessin en grandeur naturelle d’après une empreinte communiquée par M. Richter; on y voit deux divinités cornues et une tête de bœuf qui reparaît sur certains monuments hittites.
Dans les mêmes couches pré-phéniciennes, on rencontre souvent de petits bœufs en terre cuite d’un travail très grossier, dont M. Richter a photographié quelques spécimens.
Le Centaure portant un veau que nous reproduisons ici a été trouvé en 1884 dans une tombe phénicienne de Curium, voisine de celle où a été découvert le pectoral d’or gravé dans la Revue (1886, II, p. 98). Il a été vendu à Paris en 1885 et nous ne savons où il a passé depuis. Nous publions également, d’après une aquarelle de M. Richter, le torse d’un Centaure cornu tirant la langue; la peau du Centaure est jaune, zébrée de stries noires; sa langue est d’un rouge incarnat.
Il porte une sorte de casquette que surmontent deux cornes. Des centaines de figurines analogues ont été recueillies au cours de fouilles clandestines exécutées récemment près des villages de Leuka, de Loutro et de Xerovouno, dans une vallée voisine de la ville d’Aipeia. La vallée elle-même s’appelle Limniti. Pendant l’hiver de 1886, les paysans ont détruit en cet endroit une grande partie d’un téménos d’Apollon. M. Richter nous signale dans ce téménos, qui est plus vaste que celui de Frangissa, des statues en terre cuite de grandeur naturelle, entre autres une belle tête archaïque d’Apollon de style grec, unetêtede nègre peinte, plus grande que nature, des statuettes de bronze, etc. Quand M. Richter arriva sur les lieux avec M. Oberhummer, le téménos venait d’être bouleversé. M. Richter et M. Cos-
Centaure en terre cuite (Curium).
tantinidès ont pu acquérir un diadème en bronze de cette provenance, qui a probablement servi de parure à une grande figure en terre cuite. Les paysans ont apporté leur butin au bazar de Nicosie où M. Costanlinidès, le scholarque, s’est efforcé d’en racheter une partie. On dit que MM. Williamson, Christian et Watkins sont disposés à reprendre les fouilles sur cet emplacement si indignement dévasté. Pourquoi le gouvernement de l’ile ne fait-il pas explorer Limniti par M. Richter, en se réservant de rentrer dans ses frais par la cession d’une partie des trouvailles au British Muséum? Il est grand temps que les dilettanti britanniques s’en mêlent et mettent fin à des ravages que les Turcs n’auraient jamais tolérés.
— Nous avons sous les yeux la copie d’une lettre ou circulaire de sir H. Bulv.er, en date du 16 juin 1887, relative à la question des recherches archéologiques dans l’ile. Le gouverneur se déclare opposé aux fouilles de spéculation, entreprises par les particuliers : il signale la nécessité de les placer sous la conduite de savants de profession, et reconnaît que l’intérêt de la science et de l’histoire doit, pour le moment, légitimer la cession d’une partie des antiquités que Ton pourra découvrir aux musées étrangers et aux institutions scientifiques qui voudront supporter la dépense des fouilles. Ce langage est excellent : nous n’avons jamais demandé autre chose. Le pillage du sous-sol de Chypre doit prendre fin.
Le colonel Warren a donné sa démission de directeur du Musée de Chypre; c’est une bonne inspiration. Sir H. Bulwer a fait cadeau au musée d’une somme de 22 livres, dont dix ont été employées à l’acquisition de l’inscription phénicienne de Dali.
Un savant bavarois, connu par une étude sur TAcarnanie, le docteur Oberhummer, a parcouru Chypre pendant Tété de 1887. M. Ohnefalseh-Richter a travaillé à lever deux grandes cartes archéologiques de Salamis et de Citium, en collaboration avec MM. Oberhummer, Piéridès etCobham. M. Piérides, le doyen des archéologues de Chypre, a pu fournir pour ce travail bien des indications qui sont connues de lui seul, touchant le lieu exact de la découverte des inscriptions phéniciennes et d’autres antiquités qui ont quitté l’ile depuis longtemps. Ces renseignements sont consignés sur des cartes à grande échelle, dont la publication rapide est fort désirable.
— M. Sayce a passé une partie de la mauvaise saison à Chypre, en compagnie de M. Fr. PercivaP.
— Nous apprenons que les trois vases de Polis tis Chrysokhou,