‹ Chroniques d'OrientChapitre 177 sur 410 · Philologische Wochenschrift, 1887, p · texte numérisé non relu

Philologische Wochenschrift, 1887, p

3. Sitzungsber. der Akad. zu Berlin, 5 mai 1887 ( Philol.'Woch ., 1887, p. 1390).

Mysie. — A la Société archéologique de Berlin *, M. C. Schuehhardt a donné quelques détails sur les environs de Pergame qu’il a étudiés en 1886. Au pied du Kara-Dagh, entre Atarnée et Pitane, le voyageur allemand a retrouvé l'emplacement de Kane, entouré de tours de garde et joint à Pergame par une ligne de petits castels qui sont des postes de signaux. Des tours analogues se voient à Lesbos et à Colophon. Plusieurs de ces castels laissent entrevoir l’installation et la vie des petites garnisons isolées dans les montagnes : la tour est placée au milieu d’un plateau, ayant d’un côté une citerne et de 1 autre une petite nécropole ; un peu plus bas on reconnaît les restes de maisonnettes construites sur un plan uniforme.

A l’est, depuis les sources du Caïeus jusqu’à la plaine hyreanienne, on trouve les colonies macédoniennes de Thyateira, Nacrasa, Apollonis, Mosteni, Hyrcani. Sauf Nacrasa, elles n’appartinrent au royaume de Pergame qu’après la bataille de Magnésie. Suivant une inscription d’Apollonis, elles existaient dès l’époque d’Eumène II ; il semble que la fondation en remonte à Lysimaque, qui voulut assurer les frontières de son royaume dans la plaine hyrcanienne à la suite de la bataille d Ipsus (301). Comme les nouvelles villes fondées par les A ttales se trouvent principalement dans le même pays (Apollonis, Stratoniké, Attaléia), M. Schuchhardt pense que les Attalides essayèrent de créer ainsi un contrepoids national à l’élément macédonien si fortement établi par Lysimaque.

Héraclée pontique. — Dans un journal quotidien d’Athènes,

1’ ’E?K)|Aep(ç (1887, n° 213, 1er août 1887), M. Dragatsis, éphore des antiquités du Pirée, publie et commente l’inscription suivante, trouvée à Héraclée du Pont :

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t. Séance du 9 décembre 188T ( Philologische Wochenschrift, 1888, p. 94).

2. $ po’j[UEVTcJpiç = frumenlarius me parait nouveau ; je connais ippoufisvrapto;, Bull, clella Comm. munie, di R orna, 1881, p. 15; Corp. inscr. graec., 2802.

M. Dragatsis, qui a étudié ce texle avec M. Svoronos, pense que AoâSouvoç est un nom galatique identique à Lugdunum ( Lugu-du num), et rapproche la réXtç OùXoxaTofvoç des Véliocasses qui faisaient partie de la Gaule lugdunaise. La corruption de Lug-dunum en Ao'j-(3îuvcç est intéressante, puisque (3ou véç, en grec, a le même sens que dun dans les langues celtiques.

Les Hittites. — M. Conder a essayé de répondre aux critiques de ses Altaic hiéroglyphe 1 publiées dans 1 ’Academy et dans VAthenaeum ; il a fait savoir au monde qu’il poursuivait ses études ’, que les Hittites sont des Tartares, que soixante-dix mots hittites, recueillis par lui dans les textes égyptiens, s’expliquent à merveille par le turco-tartare, le turc, le finnois et l’ougrien. L’assurance de M. Gonder est vraiment admirable; il n’éprouve pas le moindre vertige sur cette plate-forme d’où il domine toute la linguistique touranienne, et où les garde-fous font malheureusement défaut. Après tout, les étymologies absurdes sont jeux innocents, et l’on ne peut empêcher personne de s’y amuser. M. T. de Lacouperie, qui a montré récemment d’une manière si frappante l’analogie entre le syllabaire assyrien et l’écriture chinoise, a publié dans le Babylonian and Oriental record (1887, p. 85-90) un intéressant résumé des tentatives faites jusqu’à ce jour pour le déchiffrement des hiéroglyphes hittites. Combien pèseront ces tentatives le jour où le Champollion futur aura parlé?

— M. Th. Tyler annonce à Y Academy 3 que M. Greville Chester a acheté en Asie Mineure un sceau cubique, découvert près de Tarse, qui porte des gravures sur cinq faces. Quatre côtés présentent une figure les jambes écartées, avec la pointe des pieds relevée comme dans d’autres représentations hittites. Suivant M. Tyler, cette figure serait une modification du triangle équilatéral, que Ton trouve gravé sur le sceau de Yûsgad acquis, en 1886, par le Musée Britannique 1 2 3 4 ; ce triangle rappelle à M. Tyler le triangle équilatéral des Pythagoriciens, auquel ils donnaient le nom d’Athénée (TpiToyd'issa et Kopufxyévï;ç)5. Un symbole trinitaire analogue, le trident, est figuré trois fois sur le sceau de Tarse. Sur une autre face, un personnage debout tient verticalement dans la main droite une verge, et deux

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