Quarterly Stalement, 1887, p
des Perses. Son culte, qui a suivi les armées triomphantes des rois perses s est implanté dans les pays conquis et s’y est quelque peu transformé’ empruntant aux cultes indigènes quelques-uns de leurs caractères. Jusqu a ce jour, aucun temple de Mithras n’a été trouvé intact ; car la rage de Constantin a passé comme un ouragan dévastateur sur tous les monumcTits de l’idolâtrie. Le temple de Sidon seul a pu échapper à la destruc-
11 est à plusieurs mètres sous terre, entièrement enfoui dans les décombres. Si 1 on disait au passant, sur le terrain qui recouvre ce temple que sous ses pieds sont des salles splendides, remplies de trésors archéologiques, on le jetterait dans un légitime étonnement, car rien, à la surface du sol, ne révèle l’existence de ces caveaux mystérieux. II m’a été donne de visiter ce sanctuaire, et en voici la description :
U paraît que les adeptes du culte de Mithras de la ville de Sidon à apparition du premier édit de Constantin, se seraient empressés de m’urer la porte de leur temple secret. Peut-être même auraient ils été les victimes de la politique qui poussait Constantin à sévir contre les idolâtres. Le fait est que ce temple est resté caché et inconnu jusqu’à ce que mes recherches, dans le sein des décombres de la Phénicie, m’ait conduit a son entrée mystérieuse.
La porte en bois a été anéantie par l’humidité ; elle donnait sur un louacorridor encombré par la terre qui l’a envahi en partie. A hauteur
îomme, des deux côtés latéraux du corridor, dans quatorze niches sont placées des statues en marbre de I-, 10, représentant des prêtres ou plutôt des guerriers de tout âge, armés de toutes pièces, dans des allures oiiensives.
Au bout de ce corridor, est une vaste salle ronde, dont le dôme est soutenu par vingt-quatre colonnes formant douze angles. Chacun de ces angles contient une sorte d’autel ; au pied de ces autels, des lits en marbre de ormes bizarres gardent encore les traces des mystères qui s'y accomplissaient. Sur ces douze autels sont de grands bas-reliefs en marbre où sont sculptés les signes du zodiaque, et dans l’espace libre on voit peintes sur la muraille des figures extraordinaires qu’il est impossible de décrire ici, a cause de leur obscénité; des candélabres ou porte-torches, en marbre et en bronze, véritables chefs-d’œuvre d’exécution, sont posés sur des piédestaux d’un travail admirable ! Cette salle est pavée de mosaïques en verres de couleur incrustés d’or ; au milieu est un gigantesque taureau en marbre ayant les cornes plaquées d’or ; devant ce taureau est une ouverture étroite conduisant, par un escalier de douze marches, a sept sa les souterraines, creusées dans le roc vif et donnant l’une dans autre; leurs portes de fer, toutes rouillées, détachées de leurs gonds, jonchent les seuils; la grandeur de ces salles va diminuant de plus en p us jusqu a n atteindre, dans la septième et dernière, qu’un espace où une vingtaine de personnes seraient à l’étroit; les murailles de ces salles se eio ent derrière un grand nombre d’autels en marbre supportant
des groupes de statues disposées en scènes étonnantes, tant par la variété des figures que par l’ensemble. Sur tous ces autels, la Vénus orientale domine, et les personnages qui composent la scène portent les têtes de différents animaux. Le marbre blanc, l’ivoire, le bronze, l’argent et l’or surtout, sont employés à profusion. Je n’ai expédié de tous ces trésors qu’une douzaine de statues qui sont en ce moment chez M. de Clercq à Paris.
Quand le gouvernement turc se décidera à tenir compte de ses engagements à mon égard, les savants pourront avoir le bonheur d’étudier et d’admirer ce temple superbe.
Edmond Durighello.
Palestine. — Le Palestine Exploration fund a publié en 1886, chez Bentley, sous le titre de Tiventy one years of u'ork, une histoire de la Société et de ses travaux depuis 1865. On y trouvera l’exposé des fouilles pratiquées à Jérusalem, des grands levés cartographiques commencés en 1868 et poursuivis jusqu’à ce jour, des recherches sur la géologie, la flore et la faune, avec un grand nombre de dessins et de plans, et la bibliographie des ouvrages récents touchant la Syrie et la Palestine. Ce volume fait partie de la même série que les livres du capitaine Conder, Tent work in Palestine, Heth and Moab, Syrian stone lore1 2, et celui de M. Schumacher, Across the Jordan.
Pendant ces vingt et une années, de 1865 à 1886, la Société, qui a pour patronne la reine Victoria, n’a pas dépensé moins de 1 million 700,000 francs; elle a environ 12,000 francs de revenus. Son grand ouvrage est l’exploration, aujourd’hui achevée, de la Palestine occidentale*. Dans un intéressant discours, où il a résumé les résultats
1. Sur ce dernier ouvrage, cf. F. Brown, American Journal of Archaeol., 1887, p. 127-130. La conclusion du critique est que le livre de M. Conder, impropre à l’instruction du public, est pis qu’inutile au but apologétique qu’il poursuit.
2. The Survey of western Palestine, comprenant : l- The memoirs, en 3 vol., d’après les notes des capitaines Conder et Kitchener, avec des milliers de gravures d’après des ruines, des tombeaux, etc. ; 2° The name lisls , toponymie avec transcriptions par E.-H. Palmer; 3° The volume of spécial papers, où sont réimprimés les principaux travaux publiés dans le Quarterly Statement, par sir Ch. Wilson, sir Ch. Warren, MM. Conder, Clermont-Ganneau, Greville-Chester, etc. ; 4° The flora and fauna of Palestine, par Canon Tristram ; 5“ The Jérusalem volume, avec un atlas de 60 planches, par sir Ch. Warren et le capitaine Conder ; 6° The geological memoirs, par E. Hull; 7° les cartes, à savoir 26 feuilles à l’échelle d’un pouce par mille, comprenant toute la Palestine occidentale. Un index général de la Survey vient d’être terminé en manuscrit par M. Stewardson ( Quarterly Statem., 1887, p. 72). La grande carte de la Palestine occidentale se vend à part (2 guinées) ; on peut aussi se
acquis', sir Charles Wilson a exprimé le regret qu’on n’eût guère encore fouillé qu'à Jérusalem ; il a ajouté que certaines localités, comme Capharnaüm, Jezréel, Samarie, réclament instamment la pioche des archéologues. « Pourquoi, a-t-il dit en terminant, ne se trouve-t-il pas des millionnaires anglais pour suivre l’exemple de M. Schliemann? » M. Newton a déjà posé la même question il y a dix ans; nous ne pensons pas qu’on y ait encore répondu.
A côté de la Société anglaise ( Palestine Exploration fund), fondée en 1865, il y a la Society of Biblical Archaeology (1870) et trois autres sociétés proprement palestiniennes, une américaine (1870), une allemande (1870) et une russe (1885). La Société allemande publie un recueil périodique depuis 1871. Enfin, la Palestine Pilgrims text Society, établie à Londres, fait paraître des traductions annotées des descriptions anciennes de la Palestine; elle a déjà donné Antonius Martyr, Procope De Aedificiis, l’ Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, etc.
— Au mois de décembre 1885, en construisant un hôtel élevé par l’archimandrite Ethimius, on a découvert à Jérusalem, du côté de la porte de Jaffa, une inscription latine qui a été aussitôt copiée, mais qui a disparu peu de temps après. M. Zangemeisteiv, qui a étudié les copies, propose la transcription suivante2 : M. lunio Maximo legato Augustorum legionis X Fretensis Antoninianae. C. Domitius Sergianus et Julius Honoratus, stratores ejus. Ce Junius Maximus, d’ailleurs inconnu, a donc commandé la légion dixième Fretensis, qui, pendant des siècles, a été stationnée en Judée; il a été aussi légat impérial de la province de Syrie Palestine. Le surnom de la légion, Antoniniana, a été ajouté postérieurement sur la pierre ; on le retrouve, appliqué à la même légion, dans une inscription en l’honneur de Caracalla ( Corp . inscr. lat., t. III, n° 3472). Les deux Augustes sont sans doute Caracalla et Géta (211-212); on sait que Caracalla donna le surnom d ’ Antoniniana à la plupart des légions. Les stratores sont de simples soldats ou des centurions qui servaient d’ordonnances aux gouverneurs3. L’objet dédié par eux était probablement un buste : la colonne portait, à sa partie supérieure, un trou pour le scellement.
La liste des gouverneurs de la Palestine, telle qu’elle a été dressée par P. von Rohden1, s’enrichit du nom de M. Iunius Maximus.
procurer une feuille contenant la partie de la Palestine orientale qui a été relevée jusqu’à présent (1 s. 6 d.)