Archives Israélites , 24 novembre
une découverte faite en 1868 par M. Macgregor, à savoir qu il existe encore des crocodiles dans cette partie de la Palestine. Le même explorateur a trouvé le cimetière juif de Tibériade et étudié les grandes ruines de Kasr-Bint-el-Melek, que le colonel Kitchener n’avait pu relever qu’imparfaitement en 1887. M. Schumacher a retrouvé les traces de la muraille de Tibériade, datant de l’époque d’Hérode, sur une longueur de 3 milles ; il signale aussi l’emplacement de l’acropole et les restes du palais royal1.
Gaulanitide. — La Gaulanitide ou Djolan a été l’objet d’une étude très minutieuse de M. Schumacher2, qui a dressé un véritable inventaire topographique et archéologique de cette région, accompagné de nombreuses gravures. Nous signalerons surtout (p. 267 etsuiv.) ce qui
se rapporte aux dolmens3, qui couvrent littéralement des hectares de terrain et se rencontrent groupés par centaines. L’un des champs de dolmens les plus importants est celui d’Aïn Dakar, appelé par les indigènes Kbour Béni Israël (tombeaux des Juifs), où les monuments mégalithiques sont souvent entourés de cercles de pierres. M. Schumacher a publié (p. 271), et nous reproduisons d’après lui, un tombeau de Bédouin à Iialat el-Housn, qui est un exemple frappant de la survivance du type des sépultures mégalithiques dans un pays où les traditions ont la vie dure. Quant aux sépultures judéo- romaines et autres, la Gaulanitide n’en a guère fourni d’intéressantes : notons un chandelier à sept branches, avec Vétrog et le loulab, à El-Ahmedidjé
Tombeau de Bédouin en Gaulanitide.
(fig. 34); une statue féminine de basalte d’El-Al (fig. 42); un assez joli chapiteau ionique à El-Iélioudidjé (fig. 60); une statue de basalte en haut relief à Kefr el-Ma, représentant un homme debout, cuirassé, dont la main gauche tient un sceptre autour duquel s’enroule un ser-
1. Quarterly Slatement, 1887, p. 1, 63, 18-90. Cf. ta carte archéologique des environs de Tibériade publiée par A. Frei, dans la Zeitschrift des deutschen Palaestina-Vereins, 1886, pl. III, p. 81-145.
2. Schumacher, Zeitschrift des deutschen Palaestina-Vereins, 1886, p. 167- 368. On en annonce une traduction anglaise.
3. Cf. l’ouvrage du même auteur, .ItTOSs the Jordan , 1886, p. 62 et suiv.
pent. M. Schumacher a aussi dressé le plan d’un théâtre antique situé à El-Hammi (fîg. 52).
Artouf. — M. Schik, chargé en 1883 d’installer une colonie de juifs russes dans les environs d’Artouf, à 5 lieues de Jérusalem, au sud de la route de cette ville à Jaffa, a donné une intéressante description des antiquités qu’il a découvertes sur le territoire de la colonie nouvelle1 2. Artouf est dans le voisinage de la ville biblique de Sara . Or, il est question dans les Juges (xiii, 19) d’un sacrifice offert sur un autel taillé dans le roc par Manué, natif de Sara. M. Schick a découvert un autel de ce genre, dont la surface, parfaitement horizontale, présente des dépressions singulières qui rappellent immédiatement les pierres à cupules ou pierres à écuelles, répandues dans l’ancien monde depuis l’Inde jusqu’en Écosse, pour le tourment des archéologues qui ont vainement cherché à les expliquer1. Une seconde pierre d’autel, à Chirbet-Marmîta, éloignée de 3 kilomètres vers l’est de la première, présente des cupules analogues sur sa surface hori-