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Etpufiepiç, 29 mai

2. M. Furtwaengler s’est seulement trompé en suspectant dans le même

Ceci élait écrit lorsque nous avons appris par le Temps (26 mai 1888) que le vice-consul de Grèce à Paris, M. Manolopoulos, avaitété chargé de commencer une enquête au sujet de l’exportation de ce buste et de celle d’autres antiquités faite au mépris de la loi. On assure que M. Dulac, commissaire aux délégations judiciaires, a saisi des statuettes de Tanagre chez un M. C..., des bijoux et des vases chez un M. A..., enfin qu’un M. G... a spontanément renvoyé au consulat grec trois caisses d’œuvrés d’art antiques. Voilà bien des affaires et je me demande si M. Dulac ne s’y perdra point. Comment distinguera-t-il les antiquités vraies des attrape-nigauds portant une étiquette hellénique? Mais, dans cette enquête féconde en incidents, le tragique se mêle malheureusement au comique. Voici un télégramme que tous les journaux ont publié :

M. P..., avocat, impliqué dans le commerce des antiquités grecques découvert par M. Dulac, commissaire aux délégations judiciaires à Paris, s’est suicidé hier.

Les nouvelles des journaux parisiens relatives à ce commerce causent ici une vive impression. Les journaux demandent des poursuites exemplaires pour mettre un terme à ce trafic honteux.

Quand les journaux quotidiens - — annales Volusi — s’occupent d’une question touchant à l’antiquité, on peut être sûr que les bêtises vont pleuvoir dru, Un des plus beaux spécimens du genre est l’article intitulé : Le commerce des antiquités, qui a paru dans le Figaro du 13 juin. L’auteur a découvert que le Louvre possède des œuvres d’art exportées de Grèce ; on lui a même assuré que M. Waddington en collectionnait aussi. C’est vers 1834, ajoute-t-il doctement, qu’on a commencé à faire ce trafic. Puis il dénonce un sieur R..., exportateur d’antiquités, qui « s’est fait bâtir un palais tout en marbre », fruit de son commerce illicite. Il est question aussi de M. P .., l’avocat, qui aurait apporté à Paris, lors de son dernier voyage, au mois de janvier, «une statue de Minerve, fort remarquable, trouvée en 1811 (U). Cette statue en marbre pentélique est coiffée d’une couronne formée des monuments les plus remarquables d’Athènes : sur le milieu du front, l’Acropole; sur un côté, le Parthénon ; sur l’autre un autre temple. [C’est le pastiche dont nous avons parlé tout à l’heure et qui a été exposé à Londres.] Il avait également un buste d’adolescent, en marbrede Paros, attribué à Polycratès [sic), contemporain de Phidias».

article l’authenticité de la Héra de Girgenti. Mais on ne saurait trop conseiller aux amateurs de se méfier des têtes de marbre dont l’état civil n’est pas exactement établi.

Parmi les objets soustraits aux Musées grecs « il y avait des ciselures d’une pureté admirable, notamment un Pégase qui est exactement celui de Mercié que tout le monde admire aux Tuileries. C’est au point qu’un des magistrats se demandait si ce n’était pas un pastiche. » Suit le récit du suicide de P... Notre auleur termine en posant un grave problème : le Musée du Louvre sera-t-il obligé de rendre les objets volés dont il s’est rendu acquéreur? Assurément, un journaliste qui traite de questions qu’jl ignore a le droit de se tromper sur les détails ; mais il passe les bornes de la légèreté lorsqu’il se permet de mêler, à des racontars sans queue ni tête, le nom de notre Musée national. Le Louvre n’a jamais acquis un objet volé; il ne possède pas une seule antiquité qu’un Musée quelconque soit en droit de revendiquer; est-il besoin, vraiment, de le déclarer à nos lecteurs?

— Les journaux annoncent la construction à Athènes, par les soins de M. Doerpfeld et Kawerau, d’un théâtre destiné à la représentation des anciennes pièces grecques1 2. On demande des spectateurs pour comprendre et pour n’applaudir qu’aux bons endroits.

— Extrait de l’ Athenaeum, 3 mars 1888, p. 283 : « In the excavations at the South East corner of the Parlhenon... has been found a marble figure in form of a Zoanon (a tree-lihe animal ) with in its right hand a cithera. » Zoanon pour Xoanon, avec la glose « un animal ressemblant à un arbre », doit être recommandé aux paléographes conchyliologistes .

— La Bibliothèque nationale d’Athènes possède depuis deux ans un nouveau manuscrit de Sophocle, don du patriarche d’Alexandrie; c’est un chartaceus de 180 feuilles, avec gloses inédites à l’encre rouge, contenant Ajax et Electre. Les gloses, suivant M. Constantin Damiralis8, sont de la main de Moschopule. Le texte dérive de la même source que celui du Laurentianus, mais présente cependant quelques variantes, par exemple Electre, v. 360: è®’ oiç ch vov /Xtcaç toôtoi 5 iire»iâ6oijj.i.

Le vol des monnaies. — La numismatique aura bientôt sa causé célèbre, et Ton s’entretiendra longtemps, dans le monde des collectionneurs, du très illustre Périclès Raftopoulos. Voici les faits, brièvement résumés. Le 11 novembre 1887, le Cabinet des médailles d’Athènes était l’objet d’une spoliation nocturne parfaitement con-

1 . The Athenaeum, 11 février 1888 ; Berliner Philologische Wochenschrift , 1888, p. 644.

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