Cf. Revue archéologique, 1887, t. II, p
Le Tell-el-Yahoudièh exploré parM. Naville est voisin d’un autre tell du même nom près de Belbeis, qui parait être le Viens Judaeorum de l’Itinéraire d’Antonin : en ce cas, comme l’a supposé M. Griffith, le premier tell serait la Scencie veteranorum de l’Itinéraire.
Bubastis. — Les fouilles de M. Naville à Bubastis, pour le compte de l’ Egypt Exploration fund , ont donné un résultat fort imprévu* . Bubastis, comme Tanis, a été une ville des Hycsos. Une tête colossale en granit noir qu’on y a découverte présente exactement le même type que les sphinx de Tanis à Boulaq. Une seconde tête de Hycsos a été déterrée le 9 avril. L’une et l’autre ont appartenu à des colosses placés devant l’entrée du temple. Sur une architrave du même édifice, on a reconnu le cartouche du roi hycsos Apepi. Une inscription gravée sur un trône voisin, partie inférieure d’une grande statue assise, nomme le roi Raian, fils de Ra; or, remarque M. Naville, une tradition arabe donne le nom de Raian ibn Welid au pharaon dont Joseph fut le ministre. Mais quelle est la source de cette tradition arabe? Voilà ce qui reste à examiner. M. Tomkins a fait observer” que Ra-ian doit être identique au ’Tavvaç ou ’lavîaç de la XVe dynastie des Pasteurs dans Manéthon ; il se demande si l’élément an, qui se retrouve dans les noms de plusieurs rois pasteurs, ne serait pas l’accadien an ( anna ), c’est-à-dire le titre divin et royal. Le Janas de Manéthon vient immédiatement après Apophis; or, suivant Georges Syncelle, c’est sous le roi Apophis que Joseph était venu en Égypte. Le reste de la lettre de M. Tomkins contient des exercices d’acrobatie étymologique devant lesquels nous ne croyons pas nécessaire de nous arrêter.
M. Sayce a écrit à Y Academy 3 , à la suite de la communication de M. Tomkins, qu’il possédait un scarabée portant le nom Set-an; il l’a acquis autrefois au Caire dans la pensée que ce nom était identique à celui du roi hycsos Staan. Quant à Ra-ian, il ne pense pas que ce puisse être un nom hycsos, à cause de la première syllabe qui est le nom du dieu solaire égyptien Ra. En ce qui touche la question d’exégèse biblique soulevée par M. Naville, M. Sayce fait observer que les historiens arabes font de Raian, ou Er-Reian, le fils d’El-Welid l’Amalécite : or, les Amalécites des historiens arabes représentent précisément les Hycsos de Manéthon.
1. The Academy, 14 avril 1888; cf. ibid., 17 mars 1888, pour le résumé des travaux de la précédente campagne.