Cf. Bull, de Con-esp. Hellén., t. IX, p
peut-être celui qu’a mentionné Thucydide (VII, 29). Ce texte nous fait aussi connaître que Sciathos possédait deux villes, une du même nom, l’autre appelée Palaesciathos Bien que rendu sous l’archontat d’Euctémon (408 av. J.-C.), il est gravé dans l’alphabet ionien, qui ne fut officiellement adopté que cinq ans plus tard, sous l’archontat d’Euclide. Il est probable qu’une copie en caractères attiques, faite en 408, a été transcrite sur marbre postérieurement à l’archontat d’Euclide : cette hypothèse est confirmée par l’amendement qui termine le décret et qui demande qu’on remplace le mot ExiciOioç par celui de IIa),ai<7xtà0toç, alors que c’est ce dernier ethnique qui est employé dans la copie que nous possédons.
Mais voici une des plus belles trouvailles de l’année. Deux fragments d’une colonne cannelée en marbre pentélique ont été rapprochés par M. Lolling : on y lit en caractères ioniens archaïques : ’EvSoïoç èraneusv, ”Oçp<rio; àvéôexEv, <3 >lXepaoç Iwoceaev. Les caractères ressemblent tout à fait à ceux de l’inscription de Théodore de Samos découverte sur l’Acropole ( Corp . inscrip. attic., IV, 2, n° 37»o). Ainsi se confirme l’hypothèse de M. Loeschcke ( Mittheil . des d. arch. Inst., t. IV, p. 305), d’après laquelle Endoios, dont on voyait des œuvres à Érythrée et à Milet, était originaire d’Ionie. La même conclusion s’impose pour Philermos, mentionné dans la même inscription ; ce dernier sculpteur était encore inconnu. L’un et l’autre artiste étaient contemporains de Pisistrate ; M. Lolling suppose que le second était l’élève du premier.
Décembre. — 1° Antiquités transportées au Musée central. — Figurines en terre cuite et autres objets trouvés à Tanagra. Une collection de quatre cent soixante monnaies d’Asie Mineure et de cent figurines en terre cuite de même provenance, données au Musée par le premier ministre Tricoupis qui les a reçues de deux anonymes.
2° Fouilles et découvertes. — Les fouilles ont été poursuivies le long du mur méridional de l'Acropole, jusqu’auprès des Propylées; ainsi le grand travail de déblaiement de l’Acropole, si heureusement conduit par M. Cavvadias, louche à sa fin. On signale la trouvaille d’une curieuse couronne (?) en bronze de 0m,77 de diamètre, à l’intérieur de laquelle est représentée, en relief, une figure de Gorgone. (J’avoue ne pas me faire une idée nette de cet objet, d’après la description du AeVrlov.) Un torse de jeune homme en marbre et une tête plus grande que nature de Méduse, cette dernière de travail archaïque, complètent les trouvailles assez maigres de cette fin de fouilles.
A Mantinée, M. Fougères a exhumé une statuette en marbre qui paraît
1. Cette inscriptiou a été publiée par M. Mylonas dans le Bulletin de Correspondance Hellénique, t. XIII, p. 152, avec un bon commentaire.
représenter Télesphore. Les fouilles de Mantinée ayant été interrompues, 1 École française a commencé des travaux à Tégée, près de la petite église de Saint-Jean à Piali ; on y a découvert deux statues drapées acéphales un peu plus petites que nature.
L’Acropole a fourni un nouveau fragment des comptes du Parthénon, où l’on trouve mention de la couronne d’or que Lysandre offrit à Minerve après la prise d Athènes par les Spartiates (cf. Corp. inscr. attic., II, 652). On a aussi recueilli et publié plusieurs décrets et deux dédicaces archaïques à Athéna.
Des travaux de réparation ont été entrepris dans l’église byzantine de Daphni, sur la route d’Éleusis, qui a légèrement souffert par suite d un tremblement de terre récent. Un ouvrier italien a été engagé par le gouvernement grec pour consolider la célèbre mosaïque qui orne cette église.
Un certain nombre de doubles, provenant des fouilles d’Olympie, ont été remis à l’Institut allemand pour être transportés à Berlin.
Le même n° du AsXtcov contient des instructions pour la conservation des objets en bronze et des marbres peints. Les auteurs de ces instructions citent le petit livre récemment publié à Berlin : Merkbuch Alterthümer auszugraben und aufzubeioahren, mais ils auraient pu rappeler aussi la notice de M. de Reffye sur la conservation des objets en fer oui a paru dans la Revue archéologique de 1865 (t. I, p. 392). Le nettoyage des bronzes à l’acide chlorhydrique (procédé déjà indiqué dans la préface de mon Traité d Êpigraphie grecque, p. xxiii, et dans mes Conseils aux voyageurs, p. 102), a permis de déchiffrer quelques inscriptions découvertes au cours des fouilles récentes de l’Acropole.
A partir du mois de janvier 1889, la distribution des matières a été modifiée dans le AeAxiov; M. Cavvadias annonce que cette publication deviendra plus importante et qu’on y joindra une section rétrospective, contenant des notices sur des monuments découverts à une époque antérieure.
Janvier 1889. — Fouille s de l’Acropole. — Ces fouilles, dont les frais étaient jusqu à présent supportés par la Société archéologique, continuent par les soins du ministère. On a déblayé tout l’emplacement du téménos d Artémis Brauronia, sans y découvrir aucune fondation de temple. La plus importante trouvaille est celle d’un bas-relief archaïque représentant un homme jouant de la double flûte, suivi de trois femmes dansant qui se tiennent par les mains ; la dernière conduit un enfant par la main droite . Les couleurs sont bien conservées, ce qui est assez rare sur les bas-reliefs.
2° Inscriptions de l'Acropole. — Fragments des comptes de l’Athéna chryséléphantine de Phidias (cf. plusloin, p. 99). — Dédicace très archaïque à Athéna, une des plus anciennes inscriptions attiques que l’on connaisse.
— Inscriptions éphébiques (cf. plus bas p. 100). — Partie manquante de l’inscription Corp. inscr. attic., t. II, n° 477, relative aux ergastines (cf. Koehler, Mittheil., t. VIII, p. 65). — Signatures d’Ei'tppMv, artiste parien, et du sculpteur n06iç. — Dédicace des prytanes de la tribu Pandionis, etc. \
3» Musée central. — Parmi les sculptures transportées dans ce Musée, nous mentionnerons une statuette de Télesphore (Mantinée), plusieurs terres cuites découvertes à Élatée et une figurine en bronze représentant un éphèbe nu tenant un coq qui, découverte à Mégalopolis, a été confisquée chez le marchand J. -P. Lambros.
4° Fouilles et nouvelles diverses. — Sous la direction deM. Othon Rousopoulos, professeur de chimie, on travaille à fixer les couleurs qui décorent les statues en marbre et en tuf récemment découvertes sur l’Acropole ; le procédé employé a été décrit dans le AsI.tiov (1888, p. 232). La construction de la nouvelle aile orientale du Musée central est presque terminée ; on s’occupe de l’installation d’un Antiquarium, collection qui comprendra les vases, les terres cuites et les petits bronzes et sera placée sous la surveillance de M. Staïs.
5» Découvertes anciennes. — M. Lolling publie, avec un long commentaire, trois décrets concernant les Samiens, dont le premier, encore inédit, a été découvert en 1888 : les deux autres étaient connus depuis 1876 (cf. Dittenberger, Sylloge, n° 48). Le sénat et le peuple d’Athènes honorent les ambassadeurs, le sénat, les stratèges et beaucoup d’autres citoyens de Samos pour les services qu’ils leur ont rendus et leur accordent le droit de cité athénienne, avec l’usage des galères qu’ils avaient laissées dans le port de Samos avant la bataille d’Aegos Potamoi (405-4 av. J.-C.). On sait que la démocratie samienne avait chaudement épousé la cause d’Athènes et qu’elle la défendit contre Lysandre même après la prise de cette ville (cf. Xénophon, Helléniques, II, 3, 6).
La figure de Héra (personnification de Samos), sculptée au-dessus de l’inscription dont nous venons de parler, ressemble, comme l’a reconnu M. Petersen1 2, à celle d’une divinité qui serre la main d’Athéna sur un bas-relief attique bien connu (Le Bas, Mon. Fig., pl. 42). M. Petersen croit que le motif de cette figure est celui de la Hérad’Alcamène, signalée par Pausanias (I, 1) dans un temple sur la route de Phalère. Cette supposition est aussi ingénieuse que vraisemblable. L’auteur rapproche de ce type celui de l’ Aphrodite ev xyjicoi; d Alcamène, que plusieurs archéologues ont cru reconnaître dans la statue
1. Voir Bull, de Corresp. Hellén., 1889, p. 346, où M. Foucart a publié et commenté ce texte.
2. Petersen, Mittheil. des d. Inst., rSm. Abtlieilung, 1889, p. 65. J’essaye vainement de comprendre suivant quel principe ce recueil insère des travaux qui n’ont rien de commun avec l’archéologie romaine.
souvent copiée dite Venus genetrix; il est surprenant qu’il ignore jusqu’à l’existence du long travail que nous avons publié sur le même sujet ( Gazette archéol., 1887, p. 250-262, 271-285).
Février 1889'. — 1° Fouilles de l'Acropole. — On s'est assuré qjie le pavé du Parthénon repose sur cinq fortes assises de tuf ; aucuirtemple grec connu jusqu’à présent n’a été construit avec autant de solidité.
2° Inscriptions de l'Acropole. — • Un fragment archaïque mentionne «toiütoç, peut-être le Crotoniate dont parle Hérodote et qui, seul entre les Grecs occidentaux, prit part à la bataille de Salamine. On a découvert aussi une partie de la base d'une statue de Périclès par Crésilas, une signature du sculpteur Hégias et d’autres fragments remontant au v° siècle.
3° Antiquités transportées au Musée central. — Bas-relief funéraire découvert à Anthédon ; dans le fronton, une Sirène entre deux pleureuses ; danslechamp,un enfant portant deux oiseaux; il serre l’un d’eux contre sa poitrine et tend l’autre à un petit chien placé à sa droite. — Fragment d’un bas-relief funéraire confisqué à Markopoulos dans la Mésogée ; on y voit une tète d’homme et une tête de femme sculptées dans le meilleur style du ive siècle. Un certain nombre de vases archaïques de type mycénien ont été saisis au même endroit. L’Éphorie a encore confisqué à Corinthe toute une série de poteries peintes et deux tigurines en terre cuite. — Bas-relief provenant du Laurion et représentant un cavalier vers lequel s’avancent des suppliants. — Statuette en bronze drapée très archaïque, découverte près de Lycosura.
La collection du Pirée s’est enrichie de trois ex-voto à Cybèle, du type connu, et de quelques autres fragments. Celle de Syra a acquis une ancre de plomb trouvée dans la mer près de Délos.
Athènes. — Les Mittheilungen1 2 3 4 5 et le Bulletin de Correspondance Hellénique 3 ont publié d’intéressants articles sur les fouilles de l’Acropole, mais comme nous résumons plus haut le compte rendu officiel, nous n’avons que peu de choses à leur emprunter. Les haches et autres objets de bronze découverts à l’ouest du Musée, à une grande profondeur [plus haut, p. 448], ont été reproduits dans un journal d’Athènes, I’^Autu (1888, n° 137)*; il faut espérer qu’on les fera con-
1 . Ce fascicule n’a été distribué qu a la fin du mai. Il serait utile de donner cette indication à la dernière page, comme le réclame une note très juste publiée par le Bulletin de Correspondance Hellénique, 1889, t. XIII, p. 368.
2. Mittheil. des d. Inst., t. XIII, p. 106, 224, 431 (coup d'œil rétrospectif sur l’ensemble des fouilles par M. Doerpfeld).
3. Bull, de Corr. Rellén., t. XII, p. 238, 332, 430 (Léchât); cf. ibid., t. XIII, p. 130.
4. Le même journal a publié des esquisses d’après les statues trouvées à
l'Olympiéion.
naître dans quelque périodique plus accessible aux archéologues. L’architecte allemand Kawerau a dressé un plan à grande échelle de la partie nord de l’Acropole; M. Cavvadias doit en publier une réduction. On a découvert un fragment de vase à figures noires où sont représentées des femmes puisant de l’eau à une fontaine monumentale; le motif concorde tout à fait avec celui du vase bien connu qu’a décrit Gerhard ( Auserl . Vasenb.,lV, pi. 307), mais les inscriptions diffèrent (KAA1POE. ET7ANOI2 et deux mots mutilés)1. Sur un fragment de plat on a déchiffré une nouvelle signature du céramiste x^XPTLIov2.
— Nous appelons l’attention sur un plan de l’ancienne Athènes publié par M. Doerpfeld, où le cours du ruisseau Éridanos se trouve pour la première fois nettement indiqué, depuis sa source dans le Lycabette jusqu’à son confluent avec l’Ilissus sur la route d’Athènes au Pirée3. Il est aujourd’hui complètement couvert, excepté près de Haghia-Triada.
— Dans la troisième livraison des Antike Denkmaeler, publiée en 1889, on trouve un plan et une restitution du temple de Rome et d’Auguste sur l’Acropole4, des reproductions en couleurs parfaitement exécutées de chapiteaux polychromes trouvés à Athènes5 et de la cui’ieuse tête en tuf de Triton ou d’Héraklès, qui avait été publiée une première fois par M1Ie Harrison dans le Journal of Hellenic Stuclies (1888, p. 122)6. La vive coloration de la barbe et des moustaches a valu à ce singulier morceau le surnom de Barbe-Bleue ; le visage et le cou sont peints en rouge, les globes des yeux en vert. La planche des Denkmaeler ne laisse rien à désirer, mais comme toutes celles du même fascicule elle aurait pu et dû être publiée dans le format in-4°. Je ne me fatiguerai pas de faire la guerre à ces monstres qui encombrent nos tables et viennent porter le désordre dans nos fiches, quand ils ne renversent pas nos encriers.
— Pausanias, en montant à l’Acropole, mentionne le théâtre et le temple de Dionysos, le temple de Thémis, le tombeau d’Hippolyte, les temples d’Aphrodite Pandémos, de Déméter Chloé et de Gé Kouro-