Cf. plus haut, p
— Les Athéniens modernes n’aiment pas les Chiotes et M. Sophoulis s’est inscrit en faux contre l’influence attribuée par M. Winter aux Chiotes d’autrefois*. Pour lui, la Niké d’Archermos elle-même est une œuvre attique; attiques aussi, et de l’école de Critios, deux belles tètes archaïques trouvées sur l’Acropole qu’il a publiées dans l”EWep!Ç‘, dont l’une rappelle l’Apollon du fronton d’Alcamène, tandis que l’autre ressemble à l’un des Tyrannicides de Naples. La sculpture en marbre dite insulaire ne s’oppose pas à la sculpture attique en calcaire : elle n’en est que le développement et la continuation. Si 1 on veut se faire une idée des différences profondes qui existent entre l’art attique et l’art véritablement insulaire de la même époque, il faut jeter les yeux sur une réplique de la Héra de Samos (celle du Louvre), découverte récemment sur l’Acropole1 2 3 4. Cette statue ne présente aucune trace de polychromie et M. Sophoulis est disposé à expliquer ce fait par l’emploi presque exclusif du métal dans les ateliers des vieux maîtres samiens.
Le travail de M. Sophoulis est fort intéressant; s’il ne convainc pas les partisans d’une influence asiatique et insulaire, il leur donnera du moins à réfléchir et les obligera à modérer leurs prétentions. Je crois cependant qu’il y a du vrai dans leur théorie et que M. Sophoulis va beaucoup trop loin.
On sait que M. Doerpfeld reconnaît la Chaleothèque dans l’édifice dont on a déblayé les fondements entre les Propylées et le Parthénon et qu’il nie l’existence d’un temple d’Athéna Ergané en cet endroit. M. E. Curtius * pense que ce temple a pourtant pu exister entre la Chaleothèque et le Parthénon. Revenant sur un passage fort obscur de Pausanias (I, 24, 3), il s’est déclaré partisan de la correction d’Otfried Muller, suivant lequel il faut lire ’louSai'uv pour SrouîsttMv. Pausanias vient de dire que les Athéniens sont les premiers qui aient donné le surnom d’Ergané à Minerve et qui aient fait des Hermès ày.MAouç ; il ajoute : op.ou U trçwiv èv zS> vaw ’louSai'wv oaîij.wv âtm'v. Si la correction est bonne, faut-il mettre ce texte en rapport avec le célèbre passage de saint Paul : A!sp^5p.evoç y'oep y.ai àvaGscopêiv zy. zzcyz'i.yzy. 6p.wv, sOpov y.at [3(i)p.ov iv ce k'zv'i'ppy.T.zo • ’ Ay'jt'izzto 0£m? (Il pal;. ’A xoct., xvil, 23.)