Revue archéol ., 1888, I, p
4. Une commission, composée de MM. Pick, Cavvadias, Stais et Lolling, chargée par la justice hellénique de comparer l’état du Cabinet d’Athènes avec les catalogues existants et de signaler les pièces qui manquaient. On voulait s’assurer par là si d’autres monnaies n'avaient pas disparu avant 1 epoque du
vol de Raftopoulos. , ,
5. 'H voû sv ’A6r)vaiç sOvixoû voiuagaTixoû Moixreîou, gxôssi; iwxvvov
Sëopcévou, npwàv voù Moureiou, xcé vüv ôracXXriXou 1% AikoxpavoptXTjç
npoooaoô,; ’AxaSwfaç tûv ’Eiu<m)nfi>v. ’Ev ’AQ^vouç, êx toû TUiTOypa^oo vu>v àSeXcp&v Illppq- 1889, 28 p. in-8.
tions ou de connaissances suffisantes, n’en avaient pu découvrir qu’un petit nombre. D’après M. Svoronos, M. Pick se serait brouillé avec l’Epliorie parce qu’on voulait se servir de lui pour compromettre M. Postolakka. L’auteur a cité une lettre de M. von Sallet, directeur du Cabinet de Berlin, où l’Épborie serait traitée d'« affreuse clique » (fpuwc-rjç supp-opi'a paoioâpYiav, traduit M. Svoronos) et une autre de M. Imhoof-Blumer, où il est dit que M. Cavvadias aurait voulu se servir de M. Pick contre M. Postolakka. II ajoutait qu’il avait retrouvé à Paris, chez M. Feuardent, un bon nombre de monnaies rares provenant du vol, qui avaient échappé aux recherches superficielles de MM. Comnos et Staïs; enfin, chose grave, si elle était vraie, que MM. Rollin et Feuardent lui auraient tenu le propos suivant : « Depuis des années, nous savons que le Musée des sculptures d’Athènes (celui qui est confié à la garde de l’Êphorie) est mis au pillage. » M. Svoronos annonçait à son avocat l’envoi d’une attestation écrite de MM. Rollin et Feuardent, confirmant cette singulière accusation ('H •/.Xoxy; Toit Iv Affïjva'.ç Mouasîou, p. 28).
Naturellement, cetle brochure produisit un énorme scandale à Athènes. Une interpellation, provoquée par M. Carapanos, eut lieu à la Chambre des députés ; le ministre de l’Instruction publique, M. Manétas, fit interroger MM. Rollin et Feuardent par le ministre de Grèce à Paris, et ceux-ci nièrent formellement le propos que leur avait prêté M. Svoronos. M. von Sallet nia également qu’il eût traité l’Ephorie d’ « affreuse clique »; seul, M. Imhoof-Blumer répondit qu’il n’avait pas à s’expliquer sur le contenu d’une lettre particulière publiée à son insu. M. Cavvadias a résumé les faits et présenté la défense de l’Éphorie dans l’ ’AupéxoXiç du 15 janvier, la Nsa ’E<p7]p.epfç du 16 janvier 1889 et dans un supplément du AeX-wov (p. 1-8). Un procès en diffamation serait intenté à M. Svoronos.
Dans sa brochure, dont la publication est assurément regrettable, M. Svoronos a reconnu (p. 18) que plusieurs des accusations portées contre M. Postolakka éfaient. fondées. Il parait que c’est là une nouvelle erreur, car, par un jugement en date du 5 avril, la cour d’assises d’Athènes a déclaré que M. Postolakka était innocent. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce jugement, qui met fin aux tristes épreuves de ce vétéran de la numismatique. M. Svoronos, non moins que son ancien directeur, a droit à une complète réhabilitation. Après cela, et l’affaire du vol Raftopoulos une fois liquidée, on pourra continuer ou non à échanger des insinuations malveillantes et des injures : la querelle perdra toute importance au point de vue scientifique. Le temps de M. Cavvadias est en général trop bien employé pour que les
archéologues du dehors, juges désintéressés de l’affaire, ne souhaitent pas de voir cesser promptement une polémique dont ni la science ni personne ne tire profit.
— On lisait dans la Gazette de Francfort , à la date du 8 septembre 1888 :
Les autorités du Musée Britannique et les conservateurs du Musée de South-Kensington se trouvent dans une situation embarrassante.il y a peu de temps, ils acquirent à grands frais un magnifique buste de l’empereur Hadrien, et ils invitèrent un diplomate bien connu à venir examiner leur acquisition. Ce dernier, qui est grec, se souvint d’avoir vu le buste au Musée d’Athènes; une enquête fut immédiatement ouverte et l’on acquit la conviction que non seulement ce buste, mais d’autres sculptures encore, avaient été dérobées au Musée athénien avec la connivence de personnages haut placés dans la capitale de la Grèce.
J’ai communiqué cel entrefilet à M. Gavvadias ; l’éphore général m’a répondu que c’était une pure et simple invention. Mais qui donc a intérêt à faire croire au public que les Musées aihéniens sont mis au pillage? La chose vaudrait la peine qu’on s’en occupât.
Pirée. — On annonce la découverte d’un fragment des comptes de la marine, en trente lignes, où sont énumérés les crxetiyj xpsp.aTcdt de la galère Nt'y.ï) *.
Eleusis. — On a découvert à Éleusis une villa ornée de peintures murales qui ont été copiées par M. Gilliéron et puis de nouveau recouvertes de terre en attendant que l’on puisse les détacher®. Une excellente publication de ces peintures a été faite dans 1’ ’E<pï)p.spfç par M. Philios (J 888, p. 77, pl. IV et V). On y remarque notamment des animaux d’un beau caractère et une figure de Jupiter assis sur un trône, qui est désormais un des documents à consulter pour la restitution du chef-d’œuvre de Phidias.
Le même recueil a publié, avec des commentaires de M. Philios, plusieurs inscriptions d’Éleusis, entre autres l’inventaire des richesses du temple en 332 avant J.-C. 1 2 3. Un important passage du premier de ces textes (1. 22-45), dont l’éditeur grec n'avait donné qu'une lecture défectueuse, a été restitué par M. Foucart, quo est ingenii et oculorum
1. Philologische Wochenschrift, 1889, p. 428, 489 (transcription du texte en caractères cursifs).