Cf. Newton, Ancient inscriptions, t. II, ccxi et ccxti
3. Cf. Rubensoho, dans la Philo/.. Wochenschrift, 1888, p. 1570.
Chypre. — Un long rapport sur les fouilles anglaises à Kouklia (Paphos) a paru dans le Journal of Hellenic Studies (1888, p. 147- 271) *, avec plusieurs vignettes et héliogravures Dujardin. Une de celles-ci est exquise : c’est la reproduction, sur deux faces, d’une tête d’enfant en marbre découverte dans les fouilles, un des plus jolis morceaux que nous possédions de la sculpture néo-attique du IIe siècle1 2. Les inscriptions grecques sont des dédicaces d’une importance médiocre ; il y a un certain nombre d’inscriptions chypriotes, qui ont été lues et commentées par M. Deecke3. En somme, les résultats de cette première campagne sont restés bien au-dessous de l’attente qu’elle avait provoquée. Le rapport des explorateurs est consciencieusement fait; on s’étonnera cependant que dans leur exposé historique des fouilles pratiquées depuis dix ans à Chypre, ils aient passé sous silence les travaux de M. Ohnefalscli-Richter. Nos précédentes Chroniques suffiraient à attester l’injustice de cette singulière omission 4.
A la fin du mémoire qui nous occupe sont mentionnés quelques disques de verre avec sujets peints qui ont été découverts à Paphos; l’un d’eux, dessiné à la page 271, ressemble beaucoup à la peinture analogue trouvée à Curium et que nous avons reproduite ici même (1885, II, p. 99), mais les auteurs anglais ont négligé de faire cette observation.
— Sous le titre The Owl parait à Chypre, depuis le 1er septembre 1888, un journal rédigé en anglais et contenant un feuilleton archéologique dirigé par M. Ohnefalsch-Richter. Nous donnons en note l’indication des principaux articles qui ont été publiés dans ce recueil,
1. Voir aussi The temple of Paphian Aphrodite, iutéressante correspondance publiée dans la Nation de New-York (6 septembre 1888, p. 189-192); V American Journal of Archaeology, 1888, p. 488; la Classical Review , 1888, p. 155, 186, etc.
2. Suivant M. Cecil Smith, cette tête serait graeco-roman work of no spécial merit or interest ( Classical Revieut, 1888, p. 329). Aenjugerpar l’héliogravure, ce jugement est bien trop sévère ; mais on sait qu’il y a des héliogravures qui flattent leur modèle.
3. 11 est étrange que des savants. anglais soient obligés de s’adresser en Allemagne pour faire déchiffrer quelques inscriptions chypriotes. A-t-on préféré M. Deecke à M. Sayce?
4. Signalons les passages suivants : p. 150, appréciation des travaux de M. deCesnola; p. 175, collection des textes antiques relatifs à Paphos; p. 193, étude de l’architecture du temple d’Aphrodite, avec un bon plan; p. 218, description de la tête d’enfant; p. 220, vases peints; p. 222 et pl. XI, épingle en bronze doré avec dédicace à Aphrodite Paphia; p. 225 et suiv., inscriptions, dont quelques-unes palimpsestes; p. 264, tombeaux.
dont la disposition ne nous a pas semblé heureuse ; elle doit, nous assure-t-on, être prochainement modifiée*.
— Dans le village d’Amargetti (Paphos), M. llogaith a découvert un grand nombre de terres cuites et dix bases d’ex-voto avec la dédicace ’OTïâovt MsXavGi'co; il en conclut (à tort, je crois) que l’ancien nom de celte localité était Melantha ou Melanthos. Sur la jambe droite d’un statuette, il a déchiffré une dédicace à A pollon MsÀâGtoç ; il considère donc comme probable que la divinité topique de Melantha était Apollon Opaon 1 2.
— Le 16 novembre 1888, on a découvert à ldalion, dans le sanctuaire d’Aphrodite, un groupe important, représentant Aphrodite surun trône avec deux enfants; le piédestal porte une inscription phénicienne en lettres peintes. Tout auprès on a trouvé quatre chapiteaux d’un beau style et un fragment d’un très grand sphinx. Toutes ces œuvres archaïques sont en pierre calcaire 3.
— - Le Musée Britannique a reçu de M. le colonel Warren trentequatre vases provenant de Chypre, entre autres des spécimens appartenant au type d'Hissarlik. 11 y a aussi des vases à couverte noire brillante qui paraissent apparentés à la céramique de Mitylène, récemment découverte à Naucratis4 5.
— Le bruit a couru que l’Allemagne se disposait à entreprendre des fouilles à ldalion8, ce qui a fort mécontenté les archéologues anglais. M. Smith s’est même demandé, dans un entrefilet assez aigre de la Classical Review 6, à quoi servait donc l’École anglaise d’Athènes. Non nostrum inter vos..., mais nous croyons qu’il y a place à Chypre pour bien des archéologues d’écoles différentes !
— Au commencement de 1889, le Cyprus Exploration fund a entrepris des fouilles dans la nécropole de Polis tis Chrysokhou 7 . La
1. P. 5-8, The alabastron of Pasiades, avec pl. (Dümmler) ; p. 6-15, 17-23, 25-29, The copper, bronze and iron weapons of Cyprus , avec 2 pl. (Naue); p. 29- 32, Homeric studies in Cyprus , avec 2 pl. (Konstantinidès s’y occupe de la forme des casques); p. 34-40, The wandering of art and religion in the Mediterranean (O.-Richter); p. 41-47, ldalion , avec 2 pl. (O.-Richter) ; p. 65-68, Ancient ldalion (Oberhummer) ; p. 76-80, Excavations for sir Ch. Newton, 1882 (O.-Richter).
2. The Athenaeum, 16 juin 1888; American Journal of Archaeology , 1888,