‹ Chroniques d'OrientChapitre 255 sur 410 · Journal of Hellenic Studies, 1888, p. 330 et suiv · texte numérisé non relu

Journal of Hellenic Studies, 1888, p. 330 et suiv

pl. X) *. La restauration que M. Ramsay propose pour la face du sud est confirmée par un tombeau voisin qui porte un motif tout semblable (, .Journ . Hell. Stud., 1888, p. 368). Voici, en quelques mots, les conclusions tirées par M. Ramsay de ces frappantes analogies. Les Phrygiens sont une race européenne qui entrèrent en Asie Mineure en traversant l’Hellespont ; ils étaient apparentés aux Cariens et se distinguaient comme eux des populations qu’ils subjuguèrent par la supériorité de leur armement. Les peuples soumis par les Phrygo- Cariens appartenaient à une race qui se répandit sur une partie de la Grèce, de l’Asie Mineure et de l’Italie ; elle a laissé comme traces de son passage des noms de lieux terminés en -sa et en -nda%. Au point de vue social, elle ne connaissait que la descendance maternelle ; sa religion admettait une déesse mère et son fils, adorés sous différents noms comme auv8wp.ot Osot. Les conquérants introduisirent le culte d’un dieu suprême, le Père (Papas) et le Tonnant (Bronton), aussi nommé Bennis ou Benneus, du mot thraco-illyrien Benna signifiant char \ La Lydie et la Lycie furent aussi soumises par une caste conquérante apparentée aux Phrygiens, qui se mêla dans une proportion plus ou moins forte aux populations indigènes. Les Phrygiens, au vme siècle avant J.-C., étaient en relations suivies avec les Grecs de Cymé et de Phocée ; aux yeux des Grecs de cette époque, les Phrygiens étaient les Asiatiques par excellence ; leur langue était la langue pri mitive (Hérod., II, 2), leur pays était celui des grandes cités fortifiées £Ùxer/f(x ow, Hom., Hymn. Aphr., 111 sqq.) et leurs rois étaient les compagnons des dieux. Damodiké, fille d’Agamemnon roi de Cymé, épousa le roi phrygien Midas et il est probable que l’alphabet archaïque de Cymé fut adopté par les Phrygiens. Grâce à ses rapports avec la ville éolienne, la Phrygie entra en relations avec les rois d’Argos, les plus puissants de la Grèce continentale au vmc siècle ; la porte des Lions de Mycènes serait un motif phrygien contemporain de la suprématie argienne (800-700 av. J.-C.). Les monuments

1. Un autre fragment de peinture découvert à Mycènes (’Eçyiii.. i?x-> 1887> pl. X), représentant des personnages à tête d’àne portant une poutre, rappelle la légende phrygienne de Midas, le seul personnage à tête dàne dont les traditions antiques fassent mention (cf. Gazette des beaux-arts , 1888, I, p. 60, où j’ai donné un croquis de cette peinture). D’autre part, ce curieux morceau ressemble beaucoup à certaines intailles crétoises (Milchhoefer, Anfange der Kunst, p. 55), qui doivent appartenir à l’époque ielzthalassocratie des Phrygiens, c’est-à-dire à l’an 900 environ avant J.-C.

Page 1