‹ Chroniques d'OrientChapitre 30 sur 410 · Cf. Terres cuites de la collection Campana, pl. CXV1I · texte numérisé non relu

Cf. Terres cuites de la collection Campana, pl. CXV1I

2. D’après une lettre de M. Sayce à la Philologische Wochenschrift (24 mai 4884,, les 44 graffites chypriotes qu’il a copiés dans la Haute-Égypte proviennent du temple, de Séti 1«, à l'exception d'un seul qui se trouve dans le emp e de Ramsès II. Les graffites se composent en grande partie de noms

propres, dont plusieurs sont nouveaux; quelques mots sont importants pour la connaissance du dialecte chypriote. Une des inscriptions est ainsi conçue :

lité de grecs, dont quelques-uns paraissent aussi anciens que celui des mercenaires à Abou Simboul.L’un d’eux semble même plus ancien encore, car, bien que l’alphabet soit ionien, l’E a la forme particulière d'un D barré qu'il présente en vieux corinthien. De Karnak, M. Sayce a rapporté des ostraka, la plupart en grec; le plus ancien remonte au règne de Tibère, le plus récent à celui de Pescennius Niger. L’aclivité de M. Sayce dans presque tous les domaines de la philologie est véritablement étonnante; l’Angleterre, plus heureuse que nous, a conservé son François Lenormant.

— On sait que l’archiduc Rénier a récemment acquis pour l'Autriche une grande collection de papyrus trouvés dans le Fayoum *. Déposés par le généreux donateur au Musée devienne, ils ont été soumis à l’examen de MM. Wessely, Krall et Karabacek. D’après les renseignements communiqués aux journaux allemands*, les papyrus Rénier sont un véritable trésor, riche en révélations aussi précieuses qu’inattendues. M. Wessely, chargé de l'étude du fonds grec, a déchiffré sur un fragment de parchemin 44 lignes du VIIIe livre de Thucydide (91, 3 et 92, 1-6), écrites au IIIe siècle et différant notablement de la vulgale. On sait que les plus anciens mss. de Thucydide connus jusqu’à présent ne remontent pas au delà du IXe siècle. Parmi les textes tout nouveaux, on mentionne un discours polémique contre Isocrate, spécimen de la meilleure écriture alexandrine (ive siècle); des fragments d une dissertation esthétique (ne siècle); les débris d’un traité philosophique dans le style d’Aristote, quelques trimètres d’un auteur dramatique inconnu, des morceaux de Cyrille et d’aulres Pères, une metanoia du commencement duiv' siècle après J.-C., peut-être le plus ancien spécimen d’écriture chrétienne. Les fragments de l’Ancien et du Nouveau Testament, écrits entre le iv'et le VIe siècle sur papyrus et sur parchemin, sont en grand nombre et d’une haute importance pour la constitution des textes. La collection des documents émanés d’empereurs romains et byzantins forme une série presque ininterrompue jusqu’à l’époque d’Héraclius. Les docu-

(’Api)<7ToxX(pY)ç o SsXapuvcoç [V ave. TAvs est un mot homérique qui se trouve aussi dans les tragiques, Pindare et Hérodote : l’orthographe SeXaiuvioç est remarquable. Dans une autre inscription on lit : : Zopi; à TigoyavaxTos ’A-/cuyô; (’A^aioç, avec le digamma). Kepapiéç et rj ç sont deux autres formes nouvelles données par ces graffites; cette dernière est la 3e personne sing. de l’imparfait, comme en arcadien, dialecte dont la proche parenté avec le chypriote est confirmée par ce nouveau témoignage.

1. Beaucoup de papyrus de cette provenance ont été achetés antérieurement par le Musée de Berlin. Cf. Philologus, XL1II, p. 107-136.

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