‹ Chroniques d'OrientChapitre 4 sur 410 · Cf. ibid., p. 505, flg · texte numérisé non relu

Cf. ibid., p. 505, flg

3. [Les résultats de ces fouilles ont été publiés par M. Monceaux dans la Gazette archéologique, 1884, p. 213-285, 354-363; 1885, p. 205-214, 402-412.]

Les fouilles de l’Acropole, d’Épidaure et d’Éleusis n’ont pas donné, rdepuis un mois, de résultats importants. L’Aion a publié un article fort remarqué sur le déplorable état du Musée de l’Acropole, état qui avait été déjà signalé par plusieurs savants étrangers. Nous serions heureux que le directeur de 1 ’Aion, M. Pbilémon, voulût bien prendre en main la cause de la réorganisation ou plutôt de l’organisation"des' Musées grecs. Personne ne serait d’ailleurs plus capable que lui d’accomplir des réformes dont la nécessité est évidente. Le jour où la direction des antiquités de la Grèce serait confiée à des mains anssi habiles, les Musées d’Atbènes deviendraient bientôt des modèles, comme l’est devenue, sous la direction de M. Philémon, la biblio thèque de la Chambre des députés d’Athènes, la plus riche et la mieux entretenue de tout l’Orient.

Tiiessalie. — M. Sakkélion, bien connu par ses publications de textes grecs inédits provenant de la bibliothèque de Patmos, a été chargé d’examiner les manuscrits des bibliothèques que les couvents de Thessalie ont cédées à l’Université d’Athènes. 11 y a découvert un manuscrit contenant un écrit de Justin le Philosophe que l’on croyait perdu, le traité IIscl itu yjfi- Le correspondant de la Philologische Wochenschrift signale encore, parmi ces acquisitions, deux Évangiles du Xe siècle, dont l’un est orné de belles miniatures, et un manuscrit en parchemin des homélies de saint Chrysostome avec deux 'portraits représentant le saint et l’apôlre Paul.

(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1883, t. II, p. 60-64.)

Comagène. — Les fouilles de Pergame ont recommencé sous la direction de M. Bohn, qui a déjà pris part aux premières campagnes, et de M. Fabricius, un nouvel arrivé, bien connu par ses publications de documents épigraphiques relatifs à l’architecture grecque. Au mois d’avril, sur le désir exprimé par M. Conze, M. Humann est allé passer huit jours à Pergame, pour mettre en train les travaux d’exploration qu’il a dirigés si longtemps avec tant d’énergie et de succès. L’infatigable ingénieur, à peine revenu à Smyrne, s’est embarqué le 30 avril pour la Comagène avec M. Puchstein, dont le départ avait été retardé jusqu’alors par une maladie assez sérieuse. Les deux voyageurs ont appris, non sans surprise, qu’ils auraient pour compagnons de voyage le directeur du Musée de Constantinople, Hamdi-Bey, et un sculpteur arménien nommé Osgan. Hamdi-Bey, qui montre pour l’archéologie un véritable enthousiasme de néophyte, était arrivé à Smyrne quelques jours auparavant, pour faire connaître à M. Humann la décision du ministre de 1 Instruction publique qui le chargeait de prendre part à 1 expédition de Comagène. Jusqu’à présent, les archéologues étrangers faisant les fouilles en Turquie étaient seuls placés sous la surveillance d un commissaire ottoman; il parait qu’aujourd’hui le gouvernement turc réclame aussi sa part dans l’honneur des découvertes sans fouilles, et désire que ses agents ne soient pas devancés par les Européens dans l’exploration des monuments encore inconnus que renferment les parties inexplorées de l’empire. Les archéologues n’ont pas à s’en plaindre : accompagnés d’un haut fonctionnaire turc, ils ne (eront peut-être pas de plus belles découvertes, mais ils trouveront meilleur accueil auprès des populations et ne risqueront plus de mourir de faim ni de coucher à la belle étoile. Leur amour-propre de savants n a pas lieu non plus de s’alarmer, car l’honneur des trou-

vailles archéologiques appartient moins à celui qui les fait qu’à celui qui les comprend et les fait comprendre.

Hamdi-Bey a quitté Smyrne le 27 avril, trois jours avant M. Humann, pour aller l’attendre à Saktsché-gôsü, à 40 kilomètres à l’ouest d ’Aintab. M. Humann l’y a rejoint, avec M. Puchstein, au commencement du mois de mai. A l’heure où nous écrivons, l’exploration du Nimroud-Dagh est sans doute achevée et les moulages des statues colossales du monument d’Anliochus sont en route pour le Musée de Berlin. L’empereur d’Allemagne a donné 35,000 marcs sur son fonds disponible [Dispositions fonds) pour faciliter cette entreprise, qui marquera une date mémorable dans l’histoire de l’archéologie en Asie Mineure.

Cataonie. — Une partie presque inconnue de la Cappadoce, la Cataonie, a été visitée en 1882 par M. Carolidis de Smyrne et par M. Ramsay accompagné de sir Charles Wilson, alors consul militaire anglais en Anatolie. En 1881, un artiste français, M. Clayton, avait parcouru la Cicilie et la Cataonie, et, bien que le but de son voyage ne fût nullement archéologique, il avait copié un certain nombre d’inscriptions dont il fit part à M. Waddington. M. Carolidis, le premier, a publié les résultats de son voyage, précédés d’une étude historique et ethnographique, aux frais de l’École évangélique de Smyrne : T à Kép,avx -/.xt xà àpsbaa aÙT&v, üxo II. KapoMSou, èv ’Aôvjvxiç, 1882. MoucteIov y.ai S'.êMcÔfi'/.ïj tî)ç E'j«yy£A'-''-'çç Sy.oAî jç. Presque en même temps, M. Ramsay, de passage à Paris, remettait à M. Waddington les inscriptions copiées par sir Charles Wilson et lui dans la même contrée, et M. Waddington les faisait connaître dans le Bulletin de Correspondance Hellénique, 1883, page 125 (février). Comme les copies de M. Carolidis sont très défectueuses, il est fort heureux que MM. Clayton, Ramsay et Wilson aient copié de leur côté, et très bien copié, les inscriptions des environs de Comana. Quatre textes seulement, qui ne paraissent importants ni l’un ni l’autre, ne sont indiqués que par M. Carolidis ; ce sont : un fragment de six lignes à Sakhirlar (Ta Kop.ava, p. 51) ; une ligne à laulousoun, près de Kaisariéh (p. 66) ; trois lignes èv Tîj y.w;j.ï] "ApTïj-Ç’ tou Koaxsps ( ibid .), et un petit fragmentdans la même localité. Il est tout à fait impossible de tirer un sens ni même un son quelconque des caractères qu’a reproduits M. Carolidis; il avoue luimême ne pas pouvoir reconnaître « si ces inscriptions sont en grec ou en cappadocien » . A deux ou trois exceptions près, les textes qu’il a publiés sont illisibles et il faut véritablement admirer la perspicacité de M. Aristide Eontrier, de Smyrne, qui a réussi, dans un appendice

au livre de M. Carolidis, à restituer par conjecture, et presque toujours avec bonheur, les textes qui portent les n“s 15, 27, 14, 12, 9, 5, 11, l5 23, 19 dans la publication de M. Waddington. Tourmenté par ce que Grimm appelait c< le démon de l’étymologie », M. Carolidis s’est longuement appliqué à interpréter un texte de cinq lignes gravé sur une gemme découverte, à ce qu’on lui a dit, dans le péribole du temple de Comana. Comme la pierre gravée, est aujourd’hui en sa possession, ce texte n’a pas été copié par MM. Ramsay et Clayton, qui n’ont d’ailleurs rien perdu pour l’ignorer. C’est une inscription gnostique que M. Carolidis transcrit ainsi : I avxaSa — ap-opir/Qica — [Xap-xo-a — (Sap.auaa — FEEZX — AEVE. Il y reconnaît « un spécimen unique jusqu’à présent de la langue aryenne parlée en Cappadoce avant que le grec ne prévalût dans ce pays » . Il est inutile de s’arrêter à son interprétation, dont Pictet, Pott et Curtius ont fourni les éléments, et pour laquelle il fait entrer en ligne des mots sanscrits, zends, grecs, latins et même celtiques. En vérité, ce n’est ni du cappadocien, ni de l’aryen, ni aucune autre langue ; ce n’est pas non plus un texte unique. Je possède une cornaline achetée à Smyrne, sur laquelle on lit : oux-nypoi — ap.opa^Qi — uaXap.aÇa — (3ap.aiaÇa, plus deux mots sur le revers qui ne pourraient être reproduits qu’en fac-similé. Il me semble avoir vu ailleurs encore des pierres gnostiques portant à peu près la même formule. Si nous sommes entré dans cette explication, c’est de crainte qu’on ne cherche à restituer par conjecture le texte de la pierre de M. Carolidis; sa transcription paraît assez fidèle, mais elle ne signifie rien.

Le véritable mérite de l’ouvrage du professeur de Smyrne consiste dans la description très minutieuse, sinon toujours claire, qu’il fait des ruines de Comana [Char) et du temple de la déesse Nicéphore, Enyo ou Ma. Comana de Cappadoce, comme le montrent plusieurs inscriptions, portait à l’époque impériale le nom de Hiérapolis, de même que l’autre Comana, dans le Pont , s’appelait Hiérocésarée. M. Carolidis a appris des indigènes que la montagne dominant les ruines s’appelle encore Koup.evex-Texî, et l’identifie avec le Ivop.avov cpoç que Photius place, il est vrai, près de Comana dans le Pont. Le temple, dont plusieurs colonnes sont encore debout, serait, suivant M. Carolidis, d’ordre dorique et d’un style très ancien, àvcép. tÇiç ’EXXrçvwfjç -/.ai ’AsiaTOîjç tè/'irfi. Au-dessous s’étendraient de vastes souterrains qu’il n’a d’ailleurs pas eu moyen d’explorer. Les colonnes, formées de trois ou quatre tambours, on t0m,90 de diamètre et 4m,50 de haut. M. Carolidis signale les ruines de deux autres temples, une porte colossale avec des montants monolithes hauts de 5 mètres, et

un grand théâtre, Osaipiv nsyaXoxpEîcéç. 11 serait fort à désirer que ces ruines intéressantes, hier encore tout à fait inconnues, fussent explorées avec soin ; la description de M. Carolidis éveille la curiosité plutôt qu’elle ne la satisfait, car la connaissance de l'architecture grecque lui fait malheureusement défaut.

Dans quelques lignes que la Philologische Wochenschrift dul6 juin consacre à ce livre, on lit que « la déesse Baze était identifiée à l’Athéné grecque ». Cette assertion se fonde sur une inscription de Comana (Waddington, n° 13) où il est fait mention d’une femme ’Aôïjvatç Sxlro'j r; xai M. Waddington se contente de dire que

cette femme portait un nom grec aussi bien qu’un nom cataonien. Il est imprudent d’affirmer autre chose, puisque nous n’avons aucune connaissance de la déesse orientale appelée Bazé. Une ville de Ba'lïç, aux environs de Tyane en Cappadoce, est mentionnée par Ptolémée (V, 6, 18). M. Carolidis, de son côté, cède à son goût pour l’étymologie en rapprochant BaÇe'.ç d’une racine zende signifiant « sacrifier », avec laquelle ce nom propre n’a aucun rapport.

La première partie du livre de M. Carolidis a pour but d’établir l’identité du nom de la Cataonie et de celui des Hittites ou Khétas; les ap.i5p,ovsç AlOîoxsç d’Homère auraient été des Hittites également, habitant non pas l’Éthiopie, mais la Cappadoce. Nous n’entrerons pas dans la discussion de cette ethnographie aventureuse. Depuis les découvertes de MM. Sayce et Dennis, que M. Weber a fait connaître au public smyrniote, on entend parler des Hittites partout, jusque dans les cafés de Smyrne ; chacun s’est fait son opinion au sujet de ce peuple mystérieux, et l’on ne peut en vouloir à M. Carolidis de nous avoir fait connaître la sienne.

Clazomène. — Nous avons décrit, dans une précédente chronique, deux grands sarcophages en terre cuite découverts à Clazomène et transportés par S. E. Hamdi-Bey à Constantinople. Le bruit que l’on a fait autour de ces objets a naturellement déterminé les habitants à continuer leurs recherches, et il n’y aurait pas lieu de s’en plaindre, si la funeste loi des antiquités n’avait pour résultat inévitable de faire mutiler ou détruire ce qu’on découvre de plus précieux. Nous savons de source certaine qu’un sarcophage plus beau encore que les deux premiers a été trouvé à Vourla, qu’on l’a brisé en morceaux pour le vendre en détail à Smyrne, et que le gouvernement local, informé de la chose, n’a pu confisquer que des fragments incomplets et impossibles à réunir. Quelque surveillance que l’on exerce, il en sera toujours ainsi : le Musée de Constantinople ne peut avoir un représen-

tant dans chaque village de l’Asie Mineure, un factionnaire au pied de chaque ruine. Hamdi-Bey est trop intelligent pour ne pas le comprendre, pour ne pas reconnaître que son activité, ses voyages même, rendront toujours moins de services à l’archéologie que la loi des antiquités ne lui causera de dommages. D’autre part, on nous signale des actes de vandalisme qui n’ont même pas pour excuse l’absurdité d’une loi prohibitive. Des savants autrichiens, ayant obtenu un firman pour Lagina, ont envoyé un ingénieur sur les lieux pour estimer la dépense à laquelle pourraient s’élever les fouilles et le temps qu’il faudrait y consacrer. Pendant une absence de cet ingénieur, un Turc, nous écrit-on, a brisé en mille morceaux une statue d’Apollon, la tête d’un guerrier en armure et la moitié d’une statue de femme. M. Benndorf, qui doit fouiller à Lagina en automne, perdra son temps s’il veut convaincre les Turcs que les statues de marbre ne contiennent pas d’or à l’intérieur. On ne saura jamais combien de monuments figurés sont tombés victimes de cette croyance absurde et de la loi non moins absurde promulguée en 1874.

Éolide. — M. Baltazzi nous a communiqué une copie du journal de ses fouilles en Éolide et divers renseignements d’un grand intérêt que nous donnerons prochainement. Pour le moment, la sécheresse du sol a forcé d’interrompre les travaux ; M. Baltazzi est parti pour Assos, où il doit procéder au partage des antiquités découvertes par l’expédition américaine de 1882.

Myrina. — Le Musée du Louvre vient d’acquérir une collection de cinquante terres cuites provenant presque toutes de Myrina, où elles ont peut-être été découvertes par les paysans antérieurement aux fouilles de l’École française. Comme ces terres cuites sont restées en dépôt chez nous pendant deux mois, nous avons pu les étudier avec le soin qu’elles méritent. La plus belle est un grand danseur analogue à celui qui a été publié par 1 e Bulletin de Correspondance Hellénique, t. VI, pl. VIII, mais d’une conservation encore meilleure. D’autres sont des imitations évidentes des figurines de Tanagre, dont elles reproduisent même la plinthe amincie, tandis que les figurines asiatiques sont généralement posées sur des socles. Une grande terre cuite, représentant une Vénus nue avec un vase à côté d’elle, est signée sur le revers ANT1CCTIOY, nom qui doit être ajouté à ceux dont la liste a été donnée par M. Pottier et moi ( Bulletin de Corresp. Hellén., t. VII, p. 204). Nous avons vu à Paris une autre statuette de même provenance, que le Louvre n’a pas acquise et qui porte la signature

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KPHNOC, déjà connue par plusieurs figurines signalées dans le Bulletin.

Athènes. — L ’Êphéméris d’Athènes annonce que « sur la proposition de M. Foucart, directeur de l’École française, le ministère de l’Instruction publique en France aurait décrété que l’étude du grec moderne serait obligatoire dans tous les lycées français ».L e Messager d Athènes du 9 juin reproduit cette nouvelle, en souhaitant qu’elle se confirme. L Ephéméris a été mystifiée; les études grecques sont bien assez malades en Fiance sans qu on leur porte le coup de grâce par 1 introduction du romaïque dans les classes. Si la connaissance du grec ancien facilite l’acquisition du grec vulgaire, la réciproque n’est assurément pas vraie, car la Grèce compterait alors les plus grands hellénistes de 1 Europe. Inutile d’ajouter que la proposition dont parle Y Ephéméris n’a pas été faite et qu’il est fort improbable qu’elle le soit jamais.

Épidaure, Laurium. — D’après f 'Ecr-ix du 17 juin, M. Cavvadias, en continuant ses fouilles à Épidaure, a déblayé le temple dorique d’Esculape. Il a découvert dix tètes de lions ayant servi de gargouilles, deux statues acéphales d’Esculape et une d’Hygie, une statue virile (ex-\oto à Esculape?), enfin des fragments d’une Centauromachie. — La Société française du Laurium a découvert vingt-neuf vases de style primitif qui ont été placés dans la salle de la direction.

La Philologiscke Wochenschrift annonce encore que M. Ant. Miliarakis est parti pour Amorgos et Ios, en vue de continuer son utile ouvrage sur les Gyclades (Ta KuxXaStxâ, 1874).

(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1883, t. II, p. 120-123.)

ÉolidE. — Dans une lettre datée du 3 juin dernier, M.Démosthène Baltazzi a Lien voulu nous donner des détails complémentaires sur les fouilles entreprises par lui, au nom du gouvernement turc, sur les Lords du golfe Éléatique en Éolide. On se souvient peut-être qu’en annonçant ces fouilles à nos lecteurs nous avons cru pouvoir féliciter M. Bal lazzi du soin et de la méthode, c’est-à-dire des préoccupations scientifiques, qu’il portait dans ses explorations. Les renseignements que nous reproduisons aujourd’hui prouvent que ces éloges étaient mérités et que l’archéologie de l’Éolide est en de bonnes mains.

L’emplacement de l’ancienne Cymé, qu’on appelle actuellement Namourt, n’est presque pas habité, et des plantations récentes de vignobles y rendent les fouilles presque impossibles. Mais le village de Tcliahnakli, situé sur la route de Phocée à 500 mètres environ de Namourt, contient différentes antiquités provenant de la cité éolienne; nous nous souvenons d’y avoir vu souvent des tètes en terre cuite et des pierres gravées d’un excellent travail. M. Baltazzi nous écrit qu’il a pu y recueillir un bas-relief en marbre blanc, haut de 0m,39 et large de 0ra,35, représentant un cavalier tenant d’une main une patère et de l’autre la bride de son cheval Le cheval est dans l’attitude de la marche et ressemble exactement à celui qu’on trouve figuré sur les monnaies de Cymé. Derrière le cavalier se tient un guerrier armé d’un bouclier. Ce bas-relief qui est d’une bonne exécution, a été expédié au Musée de Constantinople.

Entre Nouvelle-Phocée et Cymé, on a découvert l’emplacement d’une ville antique avec des restes de fortifications. On l’appelle dans le pays IIzAsc’.s’ Xwpto’. M. Baltazzi se propose d’y opérer quelques sondages. Il est encore difficile d’identifier cet emplacement avec une des cités éoliennes dont parlent les anciens; M. Baltazzi est tenté d’y

reconnaître Larissa, surnommée Phriconis, et cette hypothèse que rien n est venu confirmer jusqu’à présent, s’accorderait assez Lien avec les textes. En effet, Strabon (XIII, p. 621) dit que Larissa est situee 7cepi y K iRv, et le fait qu’elle fut assiégée sans succès par Thymhron donne à penser qu’elle possédait des fortifications importantes. Les cartographes modernes ont placé Larissa assez loin dans 1 intérieur, entre Phocée et Néonteichos; mais toute la géographie comparée de l’Eolide est fort incertaine, et l’on doit s’attendre à ce que des fouilles et des trouvailles de monnaies modifient considérablement bien des opinions reçues à cet égard.

Qu’on me permette ici une parenthèse". Mon savant ami M. Sayce dans le Journal of Hellenic Sludies (vol. III, n° 2, p. 218-227) a donné, sous le titre d ’ Explorations in Aeolis, le récit d’une excursion que j ai eu le plaisir de faire avec lui en 1881 dans les environs d’Ali-

?£; M' 6St d’aCC°rd aV6C m0i iBulletin ^ Corresp. Hellén.,

1881, p. 136) en plaçant Aegae à Nimroud-Kalessi, où des ruines imposantes ont été explorées en 1882 par M. Clerc, et non à Guzelüissar ou l’indique la carte de Kiepert. Mais il veut identifier avec cette derniere localité une ville nommée Adae, tout en signalant comme plausible l’hypothèse que je lui avais communiquée, d’après laquelle Mae devait se trouver entre Ali-Aga et Cymé, dans la presqu de d Arap-Chiflik. Or, la ville d’Adae n’est mentionnée que dans un passage de Strabon (XIII, p. 621, p. 531, Didot), qui ne permet-

£ paS,d<3 h Chert1?r, ailleurs Ru’entre Myrina et Cymé : âxo xr? vjp/çç eiw Aoxi six’ «V p.sxi xexxapixsvxa axsrgfouç, -i)v xaXouatv l àpav etxa vcV.yy.o, Tpévtov x. X. Mais les recherches que j’ai ai6Sda“S a preSqUlle d Arap-Chiflik, en compagnie de M. Foucart et de M. Baltazzi, pour découvrir l’emplacement d’une ville antique ont ete complètement vaines, et je crois qu’il faut effacer le nom d Aoxi des répertoires de géographie ancienne. C. Millier a déjà dit dans son index du Strabon de Didot : « Sin ignotus orae locus memoratur quaentur an non 'AXa(, frequens locorum maritimorum nomen, legendum sit. » Toute la côte entre Myrina et Phocée est encore couverte de salines, que l’on appelle à'Xeç, âXai, àXfoai, àXuxfôsç *.

, me S^nb'e dono Pres(iue certain que la ville d’Adae n’a jamais existé et que Strabon a voulu simplement parler de salines situées dans les environs de Cymé.

1. Cf. Hermann-Blümner, Lehrbuch der griechischen Privatalterthümer, 1882, p. -, no e . AXai dans le sens de « salines » manque dans les dictionnaires, mais la langue moderne a conservé ce mot.

M. Baltazzi a fouillé à Guzel-Hissar huit tombeaux creusés dans le tuf et recouverts de plaques. L’un d’entre eux contenait une petite croix byzantine en bronze, avec un trou de suspension. Ceci nous confirme dans l’opinion que le village actuel de Guzel-Hissar date tout au plus de l’époque byzantine et que les inscriptions qu’on y a trouvées (MoujeTov xîjç Eù«yy£^’-xî/Ç —V.c,'rV.’ 1873-1875, p. 125) ont été apportées de Cymé ou de Myrina. Dans le cimetière de Guzel-Hissar, M. Baltazzi a découvert un autel antique en marbre orné de bucrânes et de guirlandes, portant une inscription, dont il a bien voulu m’envoyer l'estampage. On y lit seulement :

CYNOEPOYCA KAH///////

Le nom de Suvçspooua, qui s’est déjà rencontré ( Eœv;p.. y.y/vSi.Tp , n° 2279), manque dans le Wœrterbuch der griechischen Eigennamen de Pape-Benseler; mais on y trouve le masculin Suvç£pwv, lu sur une monnaie de Cymé par Mionnet (Suppl., VI, 16).

A Doumanli-Dagh, M. Baltazzi a trouvé une stèle funéraire avec une inscription, dont il m’envoie l’estampage. C’est un nom propre, ÀHMEA, en caractères de l’époque macédonienne ou romaine.

Nous avons annoncé que dans les fouilles qu’il a faites à 1 chandarli, l’ancienne Pitane, M. Baltazzi a découvert des fragments de poterie archaïque. 11 nous a fait parvenir depuis des calques soignés de ces objets. L’un d’eux est un petit aryballe à fond jaune clair, avec des dessins en brun rouge très foncé représentant quatre guerriers marchant en file, de style très archaïque. Chaque guerrier porte une lance et un grand bouclier qui cache tout le milieu de la figure. Le bouclier est décoré à l’intérieur d’un cercle blanc en guise d’épisème et d’une rangée de points blancs disposés en circonférence autour du cercle central. Le fragment de grand vase portant un cervidé paraît fort intéressant. L’animal est peint en brun rouge et en blanc alternants; entre la ramure et le cou étendu (le cerf est représenté paissant) se voit l’ornement improprement appelé svastika. Une rangée de méandres encadre la figure sur la droite. C’est là un spécimen de poterie rhodienne qu’il est curieux de renconlrer en Éolide, et qui remonte sans doute au vne siècle avant notre ère. En fait de terres cuites, on n’a trouvé à Pitane qu’une Vénus nue à sa toilette, type fréquent dans la nécropole de Myrina. Un des tombeaux ouverts à Pitane co tenait une monnaie en bronze de cette dernière ville, portant la légende MYPI, Apollon lauré, le diota et la lyre.

M. Baltazzi nous envoie le journal très détaillé des fouilles qu’il a

exécutées à Doumanli-Dagh du 20 avril au 7 mai 1883. Il a ouvert cent deux tombeaux, longs en moyenne de 2 mètres, larges de 0m,50 et profonds de 0m,40 à 1"',80. Presque tous étaient recouverts de plaques en granit très épaisses; un assez grand nombre ne contenaient aucun objet. Nous détachons de ce journal les indications qui peuvent présenter de l’intérêt.

1. Long. 2m,10, larg. 0m,50, prof. lm,50; 4 plaques. Sans ossements. Trois bouteilles en terre, communes.

2. Long. 2 mètre-, larg. 0m,50, prof. lm,50; 5 plaques. Sans ossements. Miroir de bronze, trois clous en fer, trois bouteilles communes, une monnaie de Cymé (partie antérieure de cheval, vase monotome).

6. Long. 2m,10, larg. 0m,60, prof. 1™,80; 4 plaques. Strigile en bronze du côté de la tête.

12. Long. 2m,15, larg. 0m,55, prof. lm,45; 5 plaques. Sur les plaques, une fiole en verre de l’espèce dite porcelaine de Rhodes. Dans l’intérieur, deux petits pots communs avec une anse, cinq fioles en porcelaine de Rhodes, un petit miroir (nous avons rencontré la porcelaine de Rhodes dans les nécropoles de Myrina et de Cymé).

16. Long. 2m,90, larg. 0m,60, prof. 0m,60; 4 plaques. Débris en terre cuite (un coq et un chien) et trois petits vases samiens (poterie très fréquente dans la nécropole de Myrina).

18. Long. 2m,05, larg. 0m,45, prof. 0m,55 ; 3 plaques. Sur les plaques, débris d’ossements. A l’intérieur, du côté de la tète, quatre fioles en verre, un miroir en bronze, une chaîne et des clous en bronze, une monnaie de Cymé, un anneau, deux crochets en argent (?) et un en bronze.

20. Long. lm,75, larg. 0m,45, prof. 0m,45; 3 plaques. Deux petits vases communs avec anses aux pieds du mort.

22. Long. lm, 75, larg. 0m,55, prof. 0”, 45; 4 plaques. Fiole en porcelaine de Rhodes , deux bouteilles communes.

23. Amphore sans ossements. Une terre cuite représentant un chien du type caniche, couché sur un piédestal haut de 0m, 06, avec des traces de peinture blanche. La hauteur totale est de 0m,10. Sur le haut de la base, on lit la signature OlAITTnOY. (Pour les terres cuites de l’Éolide signéjs de noms de fabricants, cf. Bulletin de Corresp. Hellén., 1883, p."204 et suiv. La signature $iXCmcou ne s’est pas encore rencontrée.)

30. Long. 2 mètres, larg. 0“,50, prof. 0m,50. Une lampe en terre cuite et une aiguille en bronze.

34. Long. P", 80, larg. 0m,50, prof. 0m,45. Deux bronzes de Cymé, un miroir carré en bronze, une aiguille.

35. Long. 2m,10, larg. 0m,52, prof. 0“,50. Un vase samien, un fragment en fer, une feuille d’or.

45. Long-, 2m,10, larg. 0m,45, prof. 0"',55. Une bague en bronze, un vase en terre cuite.

57. Long. lm,50, larg. 0m,35, prof. 0“,40. Fragments de diverses figures en terre cuite : un éphèbe tenant une grappe de raisin vers laquelle s'élance un coq (haut. 0m,13); une abeille peinte en rouge (haut. 0nl,03)‘; un buste d’éphèbe, le bras droit levé (haut. 0m,04); un grotesque acéphale accroupi (haut. 0m,05).

93. Long. 2 mètres, larg. 0,60, prof. 0m,50. Un masque de femme en terre cuite (haut. 0m,06). A côté, une chambre funéraire, longue de 5 mètres, large de 2m,60, haute de 0m,85, dallée en briques de 0m,30 sur 0m,15. Sur une pierre, l’inscription AHMEA-

94. Long. lm,10, larg. 0™,35, prof. 0“>,40. Un vase avec une anse et un fragment de feuille d’or.

98. Long. 2m, 20, larg. 0m,50, prof. 0m,50. Un petit miroir argenté.

102. Long. lnl,20, larg. Cm,65, prof.'0m,65. Un vase samien brisé, une tête de femme drapée.

M. Baltazzi nous a communiqué encore deux estampages d’une inscription découverte à Cymé, sur une stèle brisée en haut et à droite, haute de 0m,30 sur 0m,16 de large. Les caractères sont très distincts, petits et appartiennent au commencement de l’époque macédonienne. L’état de mutilation du marbre rend une restitution complète assez difficile. Il nous suffira de donner ici une transcription en cursive, avec les restitutions les plus simples : la lecture n’offre nulle part d’ambiguïté.

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S soit ûv p.ev à tûv aAAo)[v zpo ijivwv j]

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V ■N’ou® n’avons jamais rencontré d’abeilles en terre cuite dans les nécropoles de Myrina et de Cymé; si l’indication de M. Baltazzi est exacte, le fait est intéressant a constater. On sait que l’abeille passe pour un attribut de Dionysos Bnsaios (Lenormant, Dict. des antiquités de Saglio, t. I, p. 621 b).

YÉvr)Tca xoixïx xi ysy p a [;j- jj. év a] xapà p,èv ï);j.Tv tov àyû[va]

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Fragment d’un décret du peuple de Bargyliaen Carie, en l’honneur du peuple de Cymé. Les A'.ovûoia de Bargylia sont déjà connus (Newton, Cnidus, t. II, p. 802).

Athènes. — Le dernier fascicule du Bulletin de Correspondance Hellénique (juillet) contient un article de M. Collignon sur un intéressant bas-relief de l’époque attique, reproduit en héliogravure d’après une photographie de M. Stillman (pi. XVII). Ce bas-relief, représentant une course d’apobate, a été découvert en 1880 par M. Bohn, l’auteur de la belle monographie die Propylœen, 1883, et signalé à ce moment dans le Bulletin de Correspondance Hellénique, 1880, p. 415. Il était encastré dans le mur récent à droite de la porte dite de Beulé et, pour ne pas détruire toute la muraille, on l’a laissé en place. Le sujet est le même que celui du bas-relief de la scala d’Oropos, publié par Welcker, Aile Denkmæler, II, pi. IX, 15, et dans les Monumenti dell' Instituto, IV, 5. Welcker avait cru y reconnaître Ampliiaraüs, opinion justement réfutée par M. Korte ( Mittheilungen , III, 41.0). L’àxc6âiY)ç porte un casque et tient un bouclier, comme il est dit dans le passage d’Ératosthène, Catasterismi, 13 L Le style présente de frappantes analogies avec celui de la frise du ParthénonL

1. riapaêaTY)v àtrmôtov eyovx a xat xptXoçcav lid xt)s xecpaV/jç. Ce texte, qui a échappé à M. Collignon, est signalé par Boeckh à Otfried Millier dans une lettre du 1er février 1830 ( Briefwechsel zwischen Augnst Boeckh und Karl Otfried Mueller, Leipzig, 1883, p. 272).

2. M. Collignon {art. cité , p. 459) se fonde sur le texte d’un lexicographe (Bekker, Anecdota , p. 426) pour exprimer l’opinion que l’apobate est au moment de remonter sur le char. Mais ce texte dit simplement que l’apobate se servait de la roue du char pour y monter comme pour en descendre, ajxa 8ià tou xpoyou àviêatvov xa& iràXtv xaxe(3aivov. M. Stillman, qui a étudié ce petit problème, nous écrit : « 11 me paraît certain que l’apobate est en train de descendre du char. 11 jette son pied à gauche en avant pour pr mdre un point d’appui et amortir l’impulsion que le véhicule a imprimée à son corps. Pour s’en assurer, on n’a qu’à descendre du marchepied d’un omnibus en mouvement : on prendra instinctivement la même position que le guerrier du bas-relief de l’Acropole. » Nous sommes porté à partager l’opinion de M. Stillman, après avoir répété son expérience.

(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1883, t. II, p. 192-197.)

Asie Mineure. — Tous ceux qui s’occupent de la géographie ancienne de l’Asie Mineure connaissent les importantes découvertes que M. W. M. Ramsay y a faites depuis trois ans, tant dans les environs immédiats de Smyrne qu’en Lydie, en Galatie et surtout en Phrygie. Voyageur infatigable, parlant avec aisance le grec moderne et le turc, très bien préparé d’ailleurs par ses études à Oxford et en Allemagne, où il a suivi les cours de MM. Sayce et Benfey, M. Ramsay a rendu non moins de services par ses publications de textes et de monuments que par les relevés topographiques partiels qu’il a exécutés dans des régions encore mal connues. Nous ne pouvons donner ici la liste complète des travaux qu’il a disséminés, sans doute pour les réunir un jour, dans les revues anglaises, françaises et allemandes; le Journal of Hellenic Siudies n’a pas eu, depuis sa fondation, de collaborateur plus assidu que 1 ui, et le Bulletin de Correspondance Hellénique, organe de 1 École française d’Athènes, a publié sous sa signature plusieurs articles très remarqués1. Après avoir voyagé, pendant deux ans, en compagnie de sir Charles Wilson, alors consul militaire britannique en Asie Mineure, M. Ramsay s’est mis en route cette année avec M. Sterrett, membre de l’École américaine d’Athènes. Grâce à une lettre détaillée qu’il nous a adressée d’Oushak, le 12 juillet dernier, nous sommes en mesure de renseigner nos lecteurs sur l’itinéraire qu’il a suivi et les principales découvertes qu’il a faites dans la première partie de cette nouvelle campagne.

Le 6 juin dernier, les voyageurs quittèrent la station du chemin de fer à Serai-Keui et visitèrent le site de Tripolis, près de Yénidjé, où

t. T. VI, p. 503-520; t. VII, p. 15-28; p. 258-278 ; p. 297-328. Voir aussi Mittheilungen des deutschen Instituts in Athen, t. VII, p. 126-145 ; t. VIII, p. 71-78' Journal of the Royal Asiatic Society, t. XV, etc.

se trouvent des ruines considérables et les restes d’un théâtre. A Nénidjé, ils prirent copie d’une inscription portant le nom de Mativir; TptxsXiç. De là, ils partirent à la recherche des ruines qu’Arundel a signalées à six heures de chemin environ à l’ouest-nord-ouest d’Yénidjé, à Alamsalam et Ikajik-Hissar : ils ne trouvèrent que des restes insignifiants, datant du moyen âge, avec quelques inscriptions byzantines. M. Ramsay pense cependant que le nom à' Alamsalam peut être un reste de l'ancien nom Sala ; les monnaies de Sala sont assez communes et dans les Notitiae episcopatuum on trouve le nom de cette ville parmi les évêchés de Lydie. Ptolémée la place dans le sud la Phrygie, auprès de Gazéna (Y, 2, 626).

« De là, poursuit M. Ramsay, nous passâmes en Phrygie, pour explorer le cours du Méandre depuis sa source jusqu’à la longue gorge à travers laquelle il s’est frayé un chemin dans la direction de Tripolis. Le pays qu’il traverse avant d’entrer dans cette gorge s’appelle aujoùrd’hui Tchal-Ova ; en réalité, il se compose de deux vallées, séparées par un chaînon de collines peu élevées. La vallée occidentale contient l’ancienne ville de Dionysopolis; celle de l’est est identique aux Hyrgaletici Campi. M. Waddington a justement placé Hyrgaleia en cet endroit; nous avons maintenant la preuve que c’était non pas une ville, mais une association de villages portant le nom de tg y.sivov tou TpyaXéwv ireSîou. Le sanctuaire autour duquel cette, association s’est formée était un temple de la Mêtêr Lêtô, dont le culte, identifié à celui de la grande déesse asiatique, ne s’était guère rencontré jusqu’à présent qu’en Lycie. Anaslasiopolis était probablement une cité qui, à l’époque byzantine, prit la place de l’association hyrgaléienne. La carte de Kiepert est si inexacte pour cette région qu’on risquerait plutôt d’induire en erreur en indiquant les noms modernes de ces emplacements.

« A l’est du Tchal-Ova se trouve le pays appelé Baldan-Ova. C’est là qu’était la ville ancienne de Lounda, dont le nom n’avait été rencontré jusqu’à présent que dans les listes byzantines; nous y avons lu sur une inscription en l’honneur de Septime Sévère, dédiée par lesénat et le peuple : ///DYNAEGON, c'est-à-dire AcuvBswv.

« Je place par conjecture la ville de Peltae sur les limites du Baldan-Ova et de 1 ’lshekli- Ova 1 ; je n’ai cependant aucune preuve péremptoire à l’appui de cette identification. Les Dix Mille ne suivirent pas la vallée du Méandre d’Apamée à Peltae, mais une route qui traverse un bas plateau et relie directement ces deux villes.

« Attanassos a conservé son ancien nom sous la désignation d ’Eski-

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