‹ Chroniques d'OrientChapitre 75 sur 410 · Athen. Mittheil., t. VII, p · texte numérisé non relu

Athen. Mittheil., t. VII, p

études archéologiques ne sont pas en honneur en Angleterre, et si des archéologues de mérite ont pu s’y former dans ces derniers temps, c’est par l’initiative des Universités et de sociétés privées auxquelles le gouvernement n’a pas prêté son appui. Tandis que la France a déjà dépensé plus de 100,000 francs pour entretenir des missionnaires en Tunisie et y faire exécuter des fouilles, l’Angleterre n’a presque rien fait pour Chypre. Elle n’y a même pas envoyé un archéologue chargé de relever les ruines qui sont à la surface du sol. Le Musée Britannique et le Musée de Kensington ont subventionné quelques travaux de peu d’importance; toutes les autres recherches ont eu lieu aux frais de particuliers ou de la Société d’archéologie locale formée dans l’ile. Mais le sol de Chypre est d’une richesse si prodigieuse qu’il suffit presque de le gratter pour en extraire des antiquités de prix; aussi, malgré l’exiguïté des ressources dont l’archéologie chypriote a pu disposer depuis 1878, la moisson a-t-elle élé très abondante sur quelques points. Nous voudrions résumer ici les principaux résultats des nombreuses petites explorations dont Chypre a été le théâtre dans ces cinq ou six dernières années. Ce serait une lâche presque impossible à remplir si l’on ne voulait mettre en œuvre que des documents imprimés. Heureusement, un jeune savant allemand, M. Ohnefalsch- Richter, qui suit ou dirige avec une véritable passion les recherches archéologiques dans l’ile, a bien voulu nous envoyer une série de rapports très détaillés sur les travaux qu’il a conduits ou dont il a été témoin. C’est à lui que nous devons de pouvoir présenter à nos lecteurs le tableau d’ensemble de ces efforts, auxquels les ressources matérielles ont fait défaut, mais non pas la méthode, la perspicacité et l’intelligence, qui suppléent, clans une certaine mesure, à l’insuffisance regrettable des moyens.

M. Richter n’est pas un archéologue de profession : il est devenu archéologue par guût et par le hasard des circonstances. De 1869 à 1872, il a étudié les sciences naturelles à l’Université de Halle. Ensuite il a passé six ans à parcourir l’Italie et l’Allemagne, s’appliquant de préférence à la peinture et à la photographie. C’est pour ce dernier art qu’il finit par se décider, sur le conseil des peintres qui avaient dirigé ses premiers essais. Il pensait, en 1877, à se fixer comme photographe en Italie et à publier un grand ouvrage illustré sur l’Italie archéologique et pittoresque. L’occupation de Chypre par

les Anglais en 1878, la lecture du livre de M. F. de Loeher sur cette île, enfin le bruit des découvertes de M. de Cesnola, le poussèrent, au mois d’avril 1878, à partir pour Chypre en qualité de correspondant de divers journaux et de revues illustrées. Arrivé à Larnaca, il commença par peindre et par exercer son métier de photographe. La chancellerie allemande l’avait recommandé aux autorités anglaises comme pouvant rendre des services à l’archéologie; MM. C.-D. Cobliam, commissaire anglais à Larnaca, et M. le Dr Piéridès, un des plus intelligents collectionneui s de Chypre, avaient appelé sur lui la bienveillante attention de M. Newton. Dès 1878, M. Richter s’adressa à plusieurs reprises à sir Samuel Wolseley, gouverneur de l’ile, pour lui signaler des emplacements inexplorés et obtenir l’autorisation d’y faire des fouilles. Cette autorisation se fit attendre pendant deux ans. Entre temps, M. Richter parcourait Chypre dans toutes les directions, enseignait le dessin et la peinture à l’école américaine de Larnaca, étudiait l’entomologie et l’herpétologie chypriotes, envoyait des correspondances à Y Allgemeine Zeitung, à la Neue Frété Presse et à la revue Unsre Zeit. Enfin, au mois d’octobre 1880, il fut chargé par le Musée Britannique de commencer des fouilles près de Larnaca, puis, en 1881, à Salamis et en d’autres endroits. Mais le manque de fonds ne permettant pas de continuer ces travaux, qui avaient été très fructueux, M. Richter se décida, une fois de plus, à changer de profession.

Du mois de juin 1881 jusqu’à la fin de mars 1882, il occupa une place dans l’administration des forêts de l'île, obligé souvent, malgré ses protestations, de planter des arbres sur des emplacements non fouillés qu'il regrettait de voir ainsi perdus pour l’archéologie. En sa qualité de superintendenl of the ivorks for replanting, M. Richter élait toujours par voies et par chemins, et partageait son attention entre les vieux monuments et les plantations nouvelles1.

En 1882, dernier changement : c’est l’archéologie qui réclame M. Richter et qui doit sans doute le garder. M. Newton le chargea de nouvelles fouilles à Salamis. La même année, le gouvernement local fonda le Musée de Chypre, qui commença dès 1883 à faire pratiquer des fouilles à ses frais par M. Richter. Le gouvernement anglais ne donne aucune subvention au musée, qui est entretenu par des souscriptions privées, mais, héritier des droits que la loi des antiquités de 1874 reconnaissait au gouvernement turc, il concède au Musée la propriété des objets antiques qui lui reviendraient d’après cette loi. Tan-

1. M. Richter a publié dans VAusland (17 septembre 1881, p. 744) un article sur le régime forestier de Chypre ( Cyperns Waelder und Waldwirlhschaft.)

dis que le gouvernement ottoman, obéissant aux plus funestes conseils, a remplacé la loi de '1874 piar le règlement prohibitif de 1884, l’Angleterre a laissé subsister à Chypre l’ancienne loi turque rédigée par Déthier. Le gouvernement, c’est-à-dire le Musée de Nicosie, a droit au tiers des antiquités découvertes sur territoire privé et aux deux tiers de celles que l’on exhume dans un terrain public. M. Richter fut nommé Consulting archaeologist of the Cyprus Muséum , superintendent o f excavations at Cyprus, member of the executive Committee of the Cyprus Muséum. C’est en cette qualité qu’il a dirigé et qu’il dirige encore des fouilles, tant au nom du Musée qu’en celui des particuliers qui lui donnent commission à cet effet; il a été chargé, en outre, de x’édiger le catalogue de la collection locale, que les dernières recherches ont considérablement enrichie. Au commencement de 1885, le conservateur du Musée était le capitaine Sinclair; le comité était présidé par le gouverneur de l’ile, sir R. Biddulph, qui a été remplacé depuis1. Nous avons sous les yeux le rapport présenté au conseil dans la séance du lor mai 1885. Les souscriptions l’ecueillies par le Musée avaient atteint 10,000 francs et les dépenses faites s’élevaient à 9,000 fi’ancs environ. Dans le budget des dépenses figurent le traitement deM. Richter, les frais des fouilles (3,000 francs envii’on), l’acquisition de livres (500 fi’ancs), l’installation du Musée (600 fi’ancs). Parmi les recettes, nous trouvons le montant des souscriptions en 1883-1884 (8,800 francs), leproduit de la ventedes doubles du Musée (500 francs), celui du rachat, par quelques particuliers, du tiers des trouvailles revenant de droit au gouvernement (500 francs). Il est assurément très remarquable qu’une petite île comme Chypi’e fournisse, par voie de souscriptions volontaires, une somme relativement aussi importante pour l’entretien et l’accroissement de son Musée; plusieurs personnes ont, du reste, témoigné leur sympathie à la collection naissante en lui faisant don de livres, de dessins et d’objets d’art. Le directeur du Musée de Soutli-Kensington a envoyé une belle collection d’ouvrages archéologiques ; M. Piéridès a donné des timbres d’amphores, M. Thomson une statuette de mai’bre trouvée à Paphos, M. Tanos, un Chypriote établi en Égypte, deux momies et des photogi'aphies de monuments égyptiens; enfin, le gouvernement a placé dans le Musée la partie de la collection de M. A. -P. de Cesnola qui était restée à Lamaca. M. Piéridès a même commencé (1883) la pu-

1. Le comité émet des avis sur l’opportunité d’autoriser des fouilles, lorsque les particuliers en font la demande, mais le gouvernement s’est réservé le droit de prendre seul des décisions à cet égard.

blication d’un bulletin archéologique, intitulé The Cyprus Muséum, qui doit porter à la connaissance des savants d’Europe les découvertes faites dans Elle. Mais tout le bon vouloir ne remplace pas une allocation fixe ni une première mise de fonds qui permettrait d’installer convenablement le Musée. A cet égard, la situation paraît être déplorable. En 1883, M. Ricliter a fait transporter au Musée une collection de grandes statues découvertes par lui à Voni. Faute de place, il a fallu les loger dans un corridor où elles ont été, à trois reprises, mutilées pendant la nuit. A une question de l’arclievêque grec, Msr Sophronios, le gouverneur général a répondu qu’il n’y avait pas un centime à espérer du gouvernement. Cela pouvait être vrai sous le régime des whigs, qui, malgré l’érudition archéologique de leur leader, ont toujours traité Chypre comme une acquisition importune; mais ne pouvions-nous pas espérer queles successeurs deDisraëli, qui a donné Chypre à l’Angleterre, tiendraient à honneur de faire pour cette île, dont le rôle dans l’histoire de la civilisation a été si grand, ce que la France a fait et continue de faire pour une autre terre phénicienne, non moins riche que Chypre en souvenirs, mais bien plus pauvre en monuments de l’art?

Nous allons énumérer successivement, et en suivant l’ordre géographique, les fouilles que M, Ricliter a conduites et celles qu’il a seulement pu surveiller. Les rapports qu’il a eu l’obligeance de nous adresser, et qui étaient accompagnés de nombreuses photographies, sont beaucoup trop considérables pour être reproduits intégralement : écrits d’ailleurs à la hâte, au jour le jour, parfois au milieu même des fouilles, ils ne nous ont pas toujours paru d’une intelligence facile.

M. Richter voudra donc excuser les erreurs de détail que nous pourrons commettre pour l’avoir imparfaitement compris; nous savons d’ailleurs qu’il prépare lui-même une série de publications étendues sur ses recherches, dont nous devons nous contenter de donner un très rapide aperçu l.

La carie ci-dessus, dessinée par nous d’après un croquis deM. Richter, indique les emplacements des fouilles récentes, dont on chercherait vainement les noms sur les cartes antérieures. Le lecteur pourra aisément les reporter sur la carte de M. Kiepert annexée à l’ouvrage de M. de Cesnola 2.

1. Larnaca, Citium. — Au mois d’octobre 1880, M. Richter commença des fouilles à Larnaca aux frais du Musée Brilannique. Il ouvrit des tombes dans un jardin de la ville et y découvrit, dans un sarcophage de pierre, une quantilé d’amulettes en porcelaine verte de style égyptien, qui ont été gravéesdansunerevueillustréedeLondres,

le Graphie (25 décembre 1880, p. 653). Un second sarcophage, voisin du premier, renfermait un miroir en bronze et des periskélides en argent. Tout près de là, M. Richter ouvrit un tombeau en présence de M. Sayce : il contenait également une amulette égyptienne, mais les hiéroglyphes étaient mal copiés et attestaient un travail de contrefaçon locale. Plus tard, des fouilles clandestines ont fait découvrir à Citium des figurines funéraires égyptiennes en porcelaine bleue.

D’autres tombeaux à l’ouest de Larnaca donnèrent des lampes et des monnaies romaines ( Graphie , 1880, p. 653). Comme les résultats étaient minces, mais que les ouvriers désiraient continuer ces fouilles qui leur permettaient d’habiter dans leurs familles à Larnaca, ils profitèrent d’une absence de M. Richter pour apporter quelques vases antiques à cercles concentriques qu’ils avaient trouvés dans des fouilles antérieures et les mêlèrent clandestinement aux objets romains

1. Les vases et poteries découverts par M. Richter doivent être étudiés par M. Furtwaengler. L’Institut allemand d’Athènes a envoyé à Chypre, au mois de mai 1885, un archéologue, M. Dümmler, chargé de contrôler les résultats des fouilles entreprises dans l’ile depuis les travaux de M. de Cesnola. 11 est regrettable que notre École d’Athènes, absorbée par d’autres recherches importantes, n’ait pu encore prendre sa part dans cette œuvre collective d’exploration.

2. On vient de graver à Londres une carte de Chypre en quinze feuilles, à l’échelle d’un pouce au mille, dressée sous la direction du capitaine Kitchener.

qu ils découvraient. M. Richter, étonné de trouver des vases de style archaïque à côté de lampes romaines, mais ne suspectant pas encore la fraude (il n’en fut inslruit que quatre ans après), releva ce fait singulier dans les Mittheilungen de l’Institut allemand (1881, p. 194), et M. Perrot le signala à son tour ( Histoire de l'Art, t. III, p. 732), d après le témoignage de M. Richter. C’était la première, mais non pas la dernière fois que la fourberie des ouvriers chypriotes devait induire M, Richter en erreur; la circonspection et la méfiance sont des qualités précieuses qu’un archéologue ne peut acquérir qu’en se (rompant.

Dans le jardin de Saparilla, à l’échelle de Larnaca, on a découvert au printemps de 1880 une statue en marbre d’Artémis, qui est sans doute la plus belle œuvre grecque encore exhumée à Chypre (h. 0m,80) . Décrite et publiée dans divers recueils1, elle a été transportée presque aussitôt et vendue à Vienne. M. Friedlaender y a reconnu une représentation d’Artémis s’appuyant sur sa propre idole. L’original remonte probablement à l’époque de Praxitèle. Cette statue, dont le bras droit existait au moment de la découverte, fut d’abord offerte à un Français établi à Chypre; dans la suite, le bras s’est perdu et l’on n’a pu le retrouver. Le piédestal ovale qui portait le groupe a été détruit. Des fouilles ultérieures de M. Richter ont prouvé que cette œuvre d’art ornait l’intérieur d’une salle décorée de stuc et de fresques de style pompéien. On y a recueilli également un morceau de frise en terre cuite.

Ce quartier de l’ancienne Citium a déjà fourni un grand nombre d antiquités, parmi lesquelles une inscription grecque publiée dans un journal illustré de Vienne, Die Heirnat (1881, p. 347) ;

BasiXést IItiAsj.xTsv Gôov E'jSpyéT/jv tov ly jBas'.Léoiv

Il'roXsp.sr.su y. x\ Apstvoïjç Gscov tbiXaBiXtpwv tov sgcutwv xpss v-ïvyjv si axô FujJivaslou.

Cette inscription paraît rappeler l’embellissement du gymnase de Citium par Ptolémée III Évergète (246-221). Non loin de là, M. Richter a trouvé une conduite d’eau, les restes de constructions considérables (sans doute du gymnase et le torse en marbre d’un adolescent, haut de 0m,69. La même région, indiquée par la lettre h sur la carte de Citium publiée dans le Corpus inscriplionum semiticarum[\>. 35),

I. Neue illuslrirle Zeitung, Vienne, 1881, p. 12; Heimat, 1881, p. 347; l 'Illustration, 4 9ept. 1881, p. 160; Illustrirte Zeitung, octobre 188), p. 311; Graphie, 26 novembre 1880, p. i99 ;Archaeotog. Zeitung, 1880, p. 184 etpl. XVII.

a fourni une stèle assyrienne, actuellement au Musée de Berlin, et une inscription phénicienne d’abord publiée par M. Schroeder dans la Zeitschrift der morgenlaendischen Gesellschaft (t. XXXIV, 1880, p. 764; Corpus inscr. serait., n° 40, pl. VIII). Il serait très désirable, suivant M. Richter, qu’on y entreprit des fouilles systématiques.

Aux mois de janvier et février 1881, M. Richter ouvrit pour le Musée Britannique de nouvelles tombes à Larnaca, dans le quartier dit Hagios-Ianis. Les deux objets les plus remarquables exhumés dans ces fouilles sont aujourd’hui à Londres : ce sont une œnochoé grécophénicienne avec deux oiseaux aquatiques et les fragments du col d’un grand vase décoré de fleurs, de palmiers et d’oiseaux. L’espace compris entre les palmiers et leurs troncs, d’où s’élèvent des fleurs, est rempli par des oiseaux et des svastikas. Ce décor court autour du col d’une grande amphore trouvée en fragments ; les morceaux en ont été exposés au Musée Britannique.

Sur la route de Larnaca à Nicosie, entre le 6° et le 7° milliaire, M. Richter a ouvert en 1882 quelques tombes assez riches, dont le contenu a passé au Musée Britannique. Elles renfermaient beaucoup de vases gréco-phéniciens avec cercles concentriques sans point central et des vases à couverte rouge lustrée avec décorations noires. Un de ces vases (rouge avec décorations noires et cercles concentriques sans point central, presque identique à la fig. 497 de Perrot-Chipiez, Histoire de l’Art, t. III) est d’un travail soigné et tout à fait intact. Le céramiste, après l’avoir achevé, a fixé sur le col, vis-à-vis de l’anse, une tête humaine grossièrement modelée dans une boule d’argile, avec des pastillages indiquant le nez et les oreilles. La cuisson du vase n’a eu lieu qu’après cette opération accessoire. Dans le même tombeau était une petite coupe à deux anses, avec cercles concentriques et point central, qui rappelle le style des vases archaïques trouvés à Athènes au Dipylon.

Sur la pente escarpée de la colline de Kosci, au 5e mille de la route de Larnaca à Nicosie, M. Richter a étudié un sanctuaire d’Apollon qui avait été fouillé antérieurement. Il y a trouvé des fragments de statues analogues à celles d’Athiénau et de Voni, de petits cavaliers en terre cuite, des chars montés par des guerriers, etc. Mais ces objets, dont les précédents fouilleurs n’avaient pas voulu, étaient réduits en morceaux *.

Le tombeau du jardin de Mmo Bargili à Vieux-Larnaca a été décrit

1. Cf. Perrot, Histoire de l'art, t. III, pl. II; Cesnola-Stern, pl. XXXVII, 2, 3.

dès 1865*. Il est aujourd’hui ruiné en grande partie. Sa construction, qui parait une imitation de l’ancien style gréco-pélasgique, est conforme à celles des tombes signalées par Pococke et Ross. La chambre intérieure, d’après les mesures de M. Richter, avait 3 mètres de large, 3m,85 de long et 3m,15 de hauteur; sur les murs latéraux la hauteur n’est que de 2m,60. Toutes les pierres sont admirablement taillées et ajustées. Le toit est formé de deux groupes de cinq pierres chacun, appuyées deux à deux en arcs-boutants. M. Richter en a donné une coupe dans le Journal of Hellenic Studies (1883, pi. XXXIV, 6).

La plus imposante construction de ce genre, près de Larnaca, est située à l’ouest de l’échelle et porte le nom de Panagia Phaneromeni. Comme elle a décrite par M. Perrot1 2 d’après les publications de M. Richter3, il est inutile de nous y arrêter ici. M. Richter a déblayé ce monument au printemps de 1881 au nom du commissaire civil de Larnaka, M. Cobbam. Par la découverte de la source au milieu du monument, il a établi qu’il fallait y voir un château d’eau et non pas, comme les précédents explorateurs, une construction funéraire.

Au printemps de 1881, le gouverneur de l’ile donna ordre à M. Richter de lever le plan de l’Acropole de Citium. Dès 1879^ M. Richter y avait signalé un sanctuaire d’Astarté4, opinion confirmée par la découverte de deux inscriptions phéniciennes5. Cette année même, le lieutenant Sinclair fut chargé d’enlever la terre de la colline de Bamboula (l’Acropole), pour la jeter dans le marais fiévreux qui occupe l’emplacement de l’ancien port fermé de Citium. Ces travaux, qui continuent encore, ont fait disparaître de nombreux murs antiques que M. Richter a pu indiquer dans le plan encore inédit qu’il a dressé. Les constructions de l’Acropole paraissent avoir été détruites à l’époque des Ptolémées et n’avoir pas été réparées depuis, car on n’y a découvert aucun objet d’époque postérieure. En 1879, on a recueilli, dans le sanctuaire d’Astarté, neuf statuettes phéniciennes

1. Unger et Kotschy, Die Insel Cypern, Vienne, 1865, p. 529, 530.

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