I. Manuel de Philologie, II, p. 136, note
EnATAGni en pointillé. Sur une pierre gravée, on voit Hermès psychopompe conduisant un homme barbu, deux fois plus petit que lui, qui fait mine de lui résister, dans le gouffre de l’Hadès indiqué par un creux horizontal de l’intaille. Dans les tombeaux de femmes, il y a des quantités de miroirs et d’aiguilles à cheveux. M. Richter nous signale encore une serrure avec sa clef, recueillie en meme temps que des fragments de bois provenant d un coffret. Parmi les petits objets en terre cuite, nous mentionnerons les suivants : 1° une lampe avec Athéné qui menace du fouet Marsyas jouant de la flûte devant elle; 2° un groupe haut de 0"»,16, représentant Aphrodite sur une oie, ’le bas du corps recouvert d’une draperie. Il existait une légende d'après laquelle Aphrodite avait abordé sur la côte est de Chypre et s’était rendue à Palaeopaphos en traversant l’île, montée sur une oie.
M. Alexandre de Cesnola a trouvé des répi iques du même motif ; 3° une Athéné d’excellent style, haute de 0m,2l, le bras gauche appuyé sur un bouclier ovale avec des traces de coloration (détail rare à Chypre). Cette intéressante figurine a été mabgravée dans le Journal of Hellenic Sludies (pl. XVI), dans les Mittheilungeri (t . VI , p . 250) et dans l 'HistoryofGreek Sculpture de M. Murray (II, pl .17), le croquis ci-joint en donnera une idée.
Il est remarquable que Salamis n ait pas encore fourni d’inscription phénicienne, et par contre qu’on y ait recueilli beaucoup plus d inscriptions chypriotes qu’à Citium De même, la période grecque et grecoromaine est mieux représentée à Salamis qu’à Citium. La raison e ces deux faits connexes a été donnée par M. Richter : nous 1 avons indiquée plus haut d'après son travail inédit intitulé : Salamis und Kiion.
Une inscription grecque découverte en 1882, à Salamis, est relative à Ptolémée Évergète :
XAPAFTIAi B A X I A E I TTT O A qj.xiu y.x\ A IXXHlBEpsvsix.fi OEOIXEYEPrETa’.ç et» I A I N O X <î> I A O T î [J.o j AOHNAIO,-
M. Richter me signale un second fragment au même endroit, où les mots rPAMMATEYZ IEPATTYTNIOZ (d’Hiérapytna en Crète) sont seuls visibles.
III. Soli. — Pendant l’été de 1883, M. Richter a dirigé plusieurs fouilles dans les environs de Soli, tant pour le Musée de Chypre qu’au nom de quelques particuliers, sir R. Biddulph, MM. Warren, Brown, Stevenson, Gordon, Fahlwas et Tyler.
Les travaux commencèrent au nord de Katidata, à l’est du couvent de Skurgotissa, voisin des anciennes mines de cuivre de Soloi. On découvrit un tombeau colossal renfermant de nombreuses niches et long de 35 pieds; il contenait des centaines de verreries parfaitement intactes. Parmi les autres trouvailles M. Richter nous signale : une bague en or, beaucoup d’anneaux en bronze doré décorés aux extrémités de tètes de lions, une serrure intacte, un masque en terre cuite, une lampe avec une tête de Méduse, des bâtonnets de verre pointus à une extrémité et pourvus à l’autre d’une sorte de palette en forme de pointe de flèche, des boucles d’oreilles en or. Ce grand tombeau appartient certainement à l’époque gréco-romaine.
Un autre emplacement, au sud-est de Katidata près de Linou, a donné des tombes appartenant à diverses périodes, depuis l’époque archaïque jusqu’à l’époque romaine. Dans les parties les plus anciennes de la nécropole, on a trouvé des vases avec ornements en relief (le croissant, le disque du soleil, des groupes de serpents, le cerf, le mouflon). Des motifs analogues apparaissent sur de grossiers cylindres en terre rouge découverts à Hagia-Paraskévi près de Nicosie et que M. Sayce croit hittites. Avec ces vases à reliefs, on découvrit des quantités d’armes, en bronze fortement allié d’étain ou en cuivre pur, surtout des poignards ou des pointes de lance, ainsi que de nombreux pesons en terre cuite avec ornements gravés. Il faut remarquer que dans les tombes chypriotes où se manifeste l’influence phénicienne on ne trouve plus ni vases à reliefs, ni cylindres, ni armes. Par contre, les tombes archaïques ne présentent aucune trace de fer.
Le deuxième groupe des tombeaux de Katidata-Linou offre les types de l’époque assyro-babylonienne, tels qu’on les observe à Hagia- Paraskévi et à Zarnkas, au sud-est de Marion, entre Larnaca et Limasol. A côté des pesons de terre cuite on y rencontre des pesons de pierre. Là paraissent pour la première fois des vases en terre cuite avec ornements peints et des vases en forme d’anirnaux divers, oiseaux, cerfs, bœufs, etc.
Le troisième groupe de sépultures est plutôt grec que phénicien. On y a trouvé des vases du style de Mycènes recouverts d’un vernis brillant que M. Furtwaengler considère comme imporlés. Ces poteries se sont rencontrées jusqu’à présent à Hagia-Paraskévi, à Phoenidschaes, à Zarnkas et à Katidata. Elles sont toujours isolées et peu nombre uses. Katidata-Linou n’en a fourni qu’une seule, dans un tombeau qui contenait également une idole de Mylitta. En général, comme on le sait, les engobes brillants sont restés inconnus à la céramique chypriote, et les quelques exceptions que l’on a pu signaler s’expliquent par une imitation de types importés qu’ont essayée les fabriques locales *.
Les tombes de l’époque phénicienne ont donné des vases à cercles concentriques peints sans point central. Enfin, les sépultures grécoromaines contenaient beaucoup de verreries, des lampes, des bagues de verre et des coupes plates de couleur rouge, dont le bord vertical est orné de masques en relief, d’Arr.ours jouant de la double flûte ou dansant, de lièvres, de dauphins et de rosaces. On n’a pas rencontré de vases peints.
Quelques recherches ont été faites dans un ancien sanctuaire à Katidata-Skurgotissa. On y a trouvé des statuettes gréco-phéniciennes grossières, un grand nombre de joueurs de flûte et de danseurs, les fragments d’une coupe d’argent avec des fleurs incisées et les restes d’une coupe en bronze de style grec où est figurée une bataille d’Amazones.
IV. Curium-Episcopi. — En 1883, M, Richter a pratiqué des fouilles à Curium aux frais de plusieurs particuliers. Ses recherches ont porté sur quatre nécropoles à l’est de 1 ancienne ville.
1. [M. Richter m’a tait savoir depuis que les résultats des dernières fouilles ne permettent plus d’affirmer que o les engobes brillants sont restés inconnus à la céramique chypriote ». Dès la période préphénicienne (peut-être, comme le pense M. Furtwaengler, par suite de l’importation de vases de Mycènes), on trouve à Chypre des vases à engobes brillants et polis avec grand soin qui sont les produits d’une industrie locale. Cette technique, que 1 on constate souvent sur des vases formés de plusieurs récipients (p. ex. Perrot- Chipiez, t. III, fig. 490), ou sur des vases à trois pieds (ibid., fig. 491, 493), disparaît à l'époque phénicienne . D'autre part, au ive siècle et peut-être plus tôt, certaines nécropoles grecques de l'ile présentent des quantités de vases lustrés à figures rouges et noires qui, mêlés à des vases de même genre qu’apportait le commerce, s’en distinguent, par des caractères incontestables, comme étant de fabrique chypriote. Tels sont, en particulier, les vases du Polis tis Chrysokhou.]
La première, tout auprès des ruines de Curium, avait déjà été fouillée en grande parlie par les ouvriers de M. de Cesnola. Les tombes y sont très profondes. On n’y trouve que des objets grecs, et pas un seul vase à cercles concentriques. M. Richter y a découvert une coupe d’argent à deux anses, et deux bagues d’argent dont l’une avec son chaton, qui porte une intaille représentant Athéné Parlliénos. Elle a été publiée dans V Archaeologische Zeitung par M. Conze (1884, p. 166) ; c’est une des nombreuses répliques de l’Athéné de Phidias.
La seconde nécropole est un peu à l’est de la précédente. Elle se compose de tombes gréco-phéniciennes peu profondes et contient des vases à décors géométriques et à cercles conctnlriques. On y a encore recueilli de petits trépieds pareils à celui qui est publié dans l’ouvrage de Cesnola-Slern, planche XCII.
Le troisième groupe de sépultures est plus à l’est el près de la mer ; il ne contient que des vases gréco-phéniciens.
La quatrième nécropole a été découverte en 188'2 par les ouvriers de M. G. Hake, qui fouillait pour le Musée de Kensington. L’emplacement est voisin du village d’Épiscopi. Une partie de cetle nécropole, à l’extrémité orientale, est occupée par un grand nombre de tombes de l’époque macédonienne et gréco-romaine; à l’ouest et au centre, les sépultures sont gréco-phéniciennes; elles sont généralement grécoromaines au nord. On ne trouve pas de tombeaux que l’on puisse rapporter avec certitude à l’époque grecque.
Cette nécropole a fourni quelques objets fort intéressants, qui ont passé entre les mains des particuliers commanditaires des fouilles. Ce sont, notamment, deux vases à inscriptions phéniciennes; une plaque d’or archaïque sur laquelle est gravé en repoussé un prèlre devant un char (?) portant le simulacre d’une déesse les mains sur les seins ; deux épées en fer, semblables pour la formeà celles de Mycènes ; des boucles d’oreilles en argent doré; une plaque d’argent avec le busle d’une déesse. Dans les tombes d’époque postérieure, M. Ricliter a recueilli beaucoup de verreries et notamment d’intéressantes peintures, en partie fort bien conservées, sur des plaques de verre convexes ayant pu servir de couvercles. Nous regrettons de n’avoir reçu ni photographies ni dessins de ces curieux objets.
V. Voni-Chytri. — Le 21 mai 1883, le Musée de Chypre fit commencer des fouilles à Yoni sous la direction du capitaine Sinclair et de M. Richter. Un rapport étendu sur ces fouilles, avec le catalogue des objets trouvés, a été déposé par M. Richter au Musée, et il en a
publié un exlrait. dans les Mitlheilungen d’Athènes (1884, p. 127 et suiv., pl. IV et V). Comme le contrat passé avec les propriétaires du terrain obligeait M. Richter à combler les tranchées,, il a dressé lin plan à grande échelle de la fouille, qui a du reste été insuffisante, faute de temps et de ressources matérielles.
Les deux planches gravées au trail et les quelques vignettes publiées dans les Mitlheilungen , d’après les photographies de M. Richter, sont malheureusement si défectueuses que les sculptures trouvées à Voni peuvent être encore considérées comme inédites. En dehors des statues en pierre, on n’y a découvert qu’une seule lerre cuite et une figurine de bronze représentant un cerf. Les slatues, qui élaient destinées à être placées contre des murs, ne sont pas modelées sur le revers; elles offrent des spécimens de tous les styles qui se sont succédé dans Pile et quelques-unes portaient des couleurs très vives. Les tètes étaient généralement brisées. Les plus remarquables sont un joueur de double flûte, avec la ospêsbt, bandeau passé sur la bouche et fixé aux oreilles, qui sert à maintenir l’instrument; un homme couronné dont le bras gauche, appuyé sur un cippe, supporte un aigle, sans doute un mélange du type de Zeus et du type d’Apollon; un personnage debout, dont la tète manque, qui tient sur la main gauche une Victoire analogue à celle de Paeonios. Deux inscriptions : Kâpuj ’Ovojayépsu ’A-i/JM-n e'r/ry et . . .adiopog Kapus; ’AtusT.Xw'N eù^r/jv, prouvent que le temple déblayé par M. Richter était consacré à Apollon. On y a aussi découvert un torse de statue portant une inscription chypriote en quatre lignes.
A l’est et tout près de Voni se trouvent des tombes romaines de basse époque, qui n’ont donné que peu de chose. Les fouilles ont été plus heureuses au nord de Voni, à l’est du village de Kythrea, sur l’emplacement de l’ancienne Cliytroi. M. Richter y a trouvé un gisement de statues appartenant à des sanctuaires d’Aphrodite et deux inscriptions chypriotes, contenant des donations à Aphrodite Paphia, qui ont été publiées par M. Piéridès dans la revue locale The Cyprus Muséum (nos I et II). Toutes les statues trouvées à Kythrea ont été classées dans le Musée sous le nom de Chytroi-colleclion ; elles seront décrites en tête du catalogue actuellement en préparation. Le morceau le plus imporlant de cette provenance est une figure de femme nue en argile avec coiffure égyptienne, pelvis triangulaire et nombril très accentué, qui porte, détail nouveau, un grand anneau passé dans le nez.
VI. Achna. — - Au mois de septembre 1883, M. Richter fouillait à
Salamis pour le compte du Musée Britannique lorsqu il fut prévenu qu’on venait de trouver à Achna, en creusant des trous pour enterrer les sauterelles, un dépôt considérable de slatues. M. Richter se transporta immédiatement sur les lieux et y fit exécuter des travaux du 12 septembre au 25 octobre. Le rapport qu’il rédigea à ce sujet, trop long pour qu’on pût l’insérer aux Mittheilungen, sera prochainement publié à part; des extraits en ont déjà été donnés dans le Graphie de Londres (19 janvier 1883). Achna a fourni plusieurs centaines de statuettes toutes antérieures au m0 siècle avant J.-L., qui présentent une image frappante du développement de 1 art chypriote sous l inlluence des modèles orientaux. Les fouilles paraissent avoir porté sur l’enceinte d’un temple d’Artémis, mais il est difficile de savoir si l’on a découvert le temple lui-même, car on n atteignit des murs de fondation qu’à un moment où le manque de fonds empêchait de continuer les travaux.
A Achna comme à Voni, on n’a pas découvert un seul fragment de poterie à cercles concentriques avec ou sans point central.
VIL Mari. — On croyait autrefois que Marion se trouvait au village actuel de Mari, à mi-chemin entre Larnaea et Limasol, là où l’indique encore la carte de M. Kiepert publiée dans l’ouvrage de Cesnola-Stern- M. Schroeder a le premier reconnu que Marion était située à l’extrémité ouest de l’ile près du cap Akamas, opinion qui a été admise par M. Perrot ( Histoire de l’Art , t. III, p. 482). M. Richter a pu s’assurer, en 1881, que les ruines à l’est du village de Mari ne sont pas antiques. Par contre, il a découvert au nord du village quelques tombeaux contenant des vases à cercles concentriques sans point central, une petite œnochoé verte ornée de deux oiseaux d’eau peints en noir et deux aryballes en poterie noire lustrée qui sont aujourd’hui au Musée Britannique.
VIII. Nicosie. — A la fin de 1884, M. Richter ouvrit onze tombeaux dans la nécropole d’Hagia-Paraskévi près de Nicosie, d’où proviennent la plupart des vases chypriotes conservés au Musée de Constantinople. Outre de nombreux vases, il y a découvert un cylindre assyro-babylonien d’un travail très fin ajusté dans une lourde monlure en or. Cette monture prouve que les objets publiés dans Ilios par M. Schliemann comme des boucles d’oreilles (fig. 705, 706, 707, 708) sont en réalité des montures de cylindres. Un tombeau voisin contenait une boucle d’oreille archaïque en électron. Le fer et le verre font défaut, mais il y a quantité d’armes de bronze, de
pesons, de perles en terre cuite et en os ayant fait partie de colliers. Les vases appartiennent à un type très archaïque : il y a notamment des vases à reliefs, dont l’un présente l’image de deux grands cerfs et d’autres des serpents, ainsi que des vases à ornements incisés.
M Ricliter a repris les fouilles dans la nécropole d’Hagia-Paraskévi aux mois d’août et de septembre 1885. Du 2 au 13 août, trente tombeaux ont été ouverts. Us contenaient des centaines de vases ou de fragment s de poterie, dont quat re seulement sont peints ; tous les autres sont dépourvus de décoration, ou bien portent des ornements incisés et en relief. Les vases à reliefs, qui forment un groupe très intéressant, ne trahissent pas encore l’influence phénicienne et paraissent appartenir à une antiquité très reculée. Deux vases, que reproduit notre dessin, rappellent la « coupe aux colombes » de Nestor dans Ylliade (XI, 622 sq.). Us sont en argile rouge très grossière, faits à la main et sans l’aide du tour. Le pied du second
est brisé, ainsi qu’une des colombes du premier (restaurée dans le dessin). La hauteur du vase complet est de 0m,238.
La même nécropole a donné plusieurs autres vases du même type, mais sans les colombes; les plus nombreux, toutefois, sont de simples coupes sans pieds.
M. Ricliter croit que cette découverte peut servir d appui à 1 opinion de M. Schliemann suivant lequel les deux rruOpivô? de la coupe de Nestor étaient le fond du récipient et le pied, tandis que M. Helbig pense (avec toute raison, selon nous) que ces mots désignent deux soutiens placés de chaque côté du vase entre le col et le pied .
A Hagios-Janis tis Malluntas , dans le district de Nicosie, M. Riclit- r croit avoir retrouvé la nécropole de la ville de Tamassos, mais il n y a fouillé que pendant fort peu de temps. Le verre fait absolument defaut ; on a recueilli des bijoux en or, des diadèmes, des bouc es d’oreilles. Les diadèmes sont de minces feuilles d'or ornees de palmettes en repoussé. La plupart des vases sont dépourvus de peintures; quelques-uns portent des cercles concentriques sans point central. Les recherches devraient être continuées en cet endroit.
IX. 1 dalium-Dali. — Au mois de novembre 1884, M. Ricliter, de passage à Paris, me signalait la nécropole de Dali comme étant, dans son opinion, une des localités de l’ile qui méritaient d’être explorées.
\. Mycènes , fig. 346, p. 273, 275 de 1 éd. allemande. 2. Helbig, Das homerische Epos , p. 272 et suiv.
La direction des fouilles de Dali fut proposée par M. Richter à l’École française d’Athènes, qui n’avait malheureusement pas, à ce moment, de missionnaire disponible; c’est M. Richter lui-même qui a conduit les travaux, pendant les premiers mois de 1885, aux frais de M. Watkins deLarnaca, auquel appartiennent les deux tiers des découverts.
Nous avons reçu de M. Richter un mémoire très volumineux sur ces fouilles, accompagné d’un catalogue des trouvailles qui, bien qu’incomplet, comprend près de 600 numéros. Nous ne pouvons donner ici qu’une idée très succincte des résultats obtenus, queM. Richter se réserve de porter plus tard avec détail à la connaissance du public.
Le temple de Dali comprend trois parties : 1° le sanctuaire proprement dit; 2° le vestibule du temple, où étaient placés des ex-voto dont on a retrouvé les bases; 3° l’enceinte réservée aux sacrifices, avec l'autel.' Une partie de cet emplacement avait été fouillé dès 1883 par les paysans de Dali.
Les offrandes étaient si nombreuses à Idalium qu’après quelques générations il fallait débarrasser le temple des ex-voto qui l’encombraient. On les brisait et on les employait à l’état de moellons comme bases des ex-voto plus récents. Dans les murs même du sanctuaire, M. Richter a trouvé des fragments de statues en pierre encastrés à côté de blocs informes. Dans le vestibule, il a découvert plusieurs fragments de statues percés de trous et transformés en socles. Il en a été de même à Voni.
Les murs du sanctuaire de Dali sont construits sans ciment : on a simplement comblé les interstices laissés par les pierres à l’aide de la terre argileuse des environs préalablement mouillée. Comme à Golgoï (Perrot, Histoire de l'Art , t. III, p. 275 et 373), les bases des colonnes étaient seules en pierre et les piliers, dont on n’a pas retrouvé trace, étaient en bois. Les ex-voto étaient exclusivement placés dans la cour du temple; dans le sanctuaire lui-même, il n’y avait pas une seule statue. On a trouvé en place l’autel, avec des masses de cendres et de charbon de bois. Les statuettes découvertes tout auprès sont en petit nombre et portent des traces manifestes de l’action du feu.
Le sanctuaire de Dali a dù être détruit plusieurs siècles avant notre ère, car on n’y a rencontré ni une lampe romaine ni une monnaie romaine, objets qui sont fréquents à Voni. Les lampes que l’on a recueillies ont la forme de coquilles; c’est là un fait intéressant qui prouve, comme on le supposait déjà, que les lampes analogues découvertes à Carthage appartiennent bien à l’époque punique *.