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Cf. A. de Longpérier, Musée Navoléon III, p!. LIN

et exclusivement à Katidata, font presque absolument défaut à Dali. Remarquons que le type des joueuses de lyre se retrouve sous un aspect presque identique dans la série de terres cuites carthaginoises conservées au Musée de Saint-Louis.

3° Des prêtresses, des sacrifïcatrices, des dedicantes, quelques-unes dans l’attitude de la bénédiction.

4“ Des images de la mère nourricière. Très rares à Dali, ces images sont très fréquentes à Citium et à Chytroi. Quand la déesse est représentée debout, elle est le plus souvent en argile; quand elle est assise, elle est de pierre. On ne rencontre pas à Dali le type, fréquent à Citium, de la déesse nourricière debout avec une coiffure égyptienne (Perrot-Chipiez, t. 111, p. 201, fîg. 143).

5° Des images de la déesse portant l’une et l’autre main à ses seins.

Il n’y a pas de traces des figurines de guerriers et de cavaliers, si fréquentes dans le temple exploré à Dali même par M. Lang, dans celui que M. de Cesnola a fouillé à Athiénau, ainsi qu’à Kosci et à Chytroi. Ces figurines font également défaut à Achna.

Avant de passer à la description des statuettes d’un style plus soigné, il faut signaler une classe d’objets à part, les colombiers (cf. Perrot-Chipiez, t. III, fîg. 208.) On a trouvé à Dali un très curieux monument de ce genre; M. Piéridès à Larnaca en possède un autre, où l’on voit la déesse assise devant la grande porte tandis que des colombes en relief sont placées autour des trous latéraux. Un second fragment découvert à Dali est exactement conforme à celui qui a été publié par M. Perrot.

Les arbres sacrés, les fleurs et les fruits en terre cuite sont assez nombreux. Un des fruits paraît être un coing.

La seconde classe de figurines comprend celles qui ont été faites, en partie du moins, à l’aide du moule. Les bras, les mains et les attributs sont modelés à la main et ajustés*. Les types sont analogues à ceux de la première série. Certaines figures sont plutôt phéniciennes de style, d’autres plutôt grecques ; on trouve des motifs identiques exécutés fort différemment. Quelques statuettes sont comme la première ébauche du type de la Spes romaine ; elles tiennent un fruit ou une fleur de la main droite étendue et soulèvent un pan de leur draperie de la main gauche.

Parmi les figurines de bon style faites au moule nous signalerons les motifs suivants :

1° La déesse portant les mains aux deux seins.

Piemarquons que la déesse ne paraît nue qu’à une époque postérieure : les plus anciennes idoles en galette la montrent habillée. A Achna, où l’élément phénicien n’eut jamais le dessus, les idoles d’Artémis sont toujours vêtues. A Dali, il y a quelques figures nues de style phénicien. L’une d’elles, semblable aux Astartés du sarcophage d’Amathonte (Perrot, t. III, fig. 417), porte un anneau passé dans le nez.

2° La déesse nue d ms l’attitude de la Vénus pudique.

3° Les figures dont la partie inférieure seule est drapée.

4° Une série très remarquable est celle des statuettes avec un grand anneau dans le nez. On n’en avait encore signalé de semblables ni à Chypre, ni dans le reste du monde antique, mais M. le professeur Christ a fait savoir récemment à M. Richter que YAntiquarium de Munich possédait un aryballe en forme de tète avec des boucles d’oreilles et un anneau dans le nez.

Cet ornement ne se trouve que dans les figures de style indigène ou cypro-phénicien. Le premier spécimen a été découvert en 1883 à Chytroi; c’est une figure nue, d’un type grossier et laid, dont le sexe est indiqué avec précision. Dali en a fourni un assez grand nombre.

i. A Chytroi, en 1883, M. Richter a trouvé un moule pour la tête et le cou d’une figurine en terre cuite.

5° Les figures avec des ornements au-dessus des oreilles, qui sont ainsi dissimulées (cf. Perrot, III, p. 562). Des officiers anglais venus de l’Inde à Chypre affirment que les femmes indiennes portent encore des ornements du même genre, que l’on rencontre également chez les fellahines d’Égypte.

6° Les figures avec des chaussures à poulaine, recourbées à l’extrémité. Cette mode, que M. Sayce croit hittite, paraît avoir dominé quelque temps à Chypre. Sur un vase remarquable trouvé à Athiénau en 1885, dont nous donnons ici un dessin d’après une photographie de M. Richter, on voit un homme chaussé de la sorte, s’approchant, comme pour la sentir, d’une fleur de l’arbre sacré. Dans le champ du vase sont figurés plusieurs svastikas1 2. M. Richter nous dit que la chaussure à poulaine, fréquente dans les terres cuites, est rare dans les statues en calcaire.

Le vase si curieux que nous venons de reproduire appartient à une variété de la céramique chypriote déjà connue par d’assez nombreux spécimens3; mais la représentation qu’il porte se trouve ici pour la

1. [Ce vase, qui a 0m,296 de haut, a été publié en couleurs dans le Jahrbuch des Instituts , 1S86, pl. VIII, d’après une aquarelle de M. Bichter. M. Perrot a reproduit notre dessin dans son Histoire de l'Art , t. IV, flg. 286.]

2. Perrot et Chipiez, Histoire de l’Art,- 1. III, flg. 496, 509, 511,518. Cf. uneta-

blelte d’ivoire de Phénicie reproduite à la p. 847, flg. 611.

première fois et présente un vif intérêt si on la rapproche de quelques images analogues. Dans l’art assyro-babylonien, rien n’est plus fréquent que de voir un personnage agenouillé ou debout devant un arbre sacré1; les céramistes de Chypre, en imitant ce motif, l’ont interprété à leur manière, et l’attitude del’adoration estdevenue sous leur pinceau l’acte plus simple de sentir une fleur en la rapprochant de ses narines. C’est ce que l’on constate aussi sur le célèbre vase d’Ormidia (Perrot, t. III, fîg. 523), sur la patère d’Àmathonte (iàiol., fig. 547), sur celle d’Idalie (flg. 482), sur celle de Curium ( ibid ., Cg. 552), où deux sphinx disposés symétriquement de part et d’autre de l’arbre sacré sentent chacun une fleur qui s’en détache. Peut être l’imilation de ces imitations mêmes a-t-elle donné naissance, par un processus tout réaliste, aux figures d’animaux broutant que nous trouvons sur les cistes italiques2, dont les rapports avec les patères phéniciennes sont incontestables, et qui paraissent déjà dans la céramique chypriote3 4. Sur la situle de Watsch, que nous avons reproduite autrefois dans la Revue archéologique (1883, II, pl. XXIII), on voit des hommes assis qui approchent des fleurs de leurs narines. Ce motif est très fréquent sur les vases grecs à figures noires; on le trouve également dans le monument lycien des Harpyes.

Les ornements végétaux du vase, le lotus et le bouton de lotus, trahissent l’influence d’un modèle égyptien; les mêmes motifs, figurés de même, se voient sur un vase du Musée de New-York (Perrot, t. III, fig. 521), une œnochoé également, où un personnage est représenté debout entre un grand oiseau et une fleur de lotus. Mais que signifie l’oiseau qui, sur notre vase, paraît maintenu à l’extrémité d’une baguette que le personnage tient dans la main gauche? On peut alléguer plusieurs analogies ; la plus frappante peut-être est celle d’un cylindre en jaspe où l’on a reconnu la présentation de la colombe par deux personnages debout, les bras levés (Perrot, t. III, fig. 431), mais on songe aussi à ces oiseaux qui sont figurés au-dessus des guerriers ou des chevaux sur les coupes gravées phéniciennes1 et les vases grecs de très ancien style5. Quant au costume de notre personnage, tout ce qu’on peut dire avec certitude, c’est qu’il n’est ni égyptien ni assyrien.

1. Perrot et Chipiez, Histoire de l'Art , t. 11, fig. 8, 21, 80, 235, 343, 443, etc.

2. Cf. Sacben, Bas Grab,'eld von Hallstatl , pl. XXI; Revue archéologique , 1883, II, pl. XXIII. Le même détail s’observe sur la ciste de Grandate récemment découverte près de Côme.

3. Perrot et Chipiez, t. III, fig. 314, 316, 318. Cf. fig. 332 (patère de Curium).

4. Grifî, Monum. diCereantica, pl. V, 1 ; pl. VIII; pl. X, 1; Perrot, t. III, fig. 408,344.

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