‹ Chroniques d'OrientChapitre 84 sur 410 · Farul Constantiei , 12 mai · texte numérisé non relu

Farul Constantiei , 12 mai

3. Revue archéologique, 1881, II, p. 287. Un croquis de la tour a été donné

à la p. 288.

du côté est, des chars de triomphe et de guerre; du côté sud, des ornements d’architecture, spirales, feuilles, palmettes, oves, etc.; du côté ouest, des femmes, des enfants, des animaux. Il est à remarquer que, du côté sud, les pierres sont de plus grandes dimensions que les autres; elles atteignent jusqu’à lm,60 de hauteur. Enfin, parmi les pierres écroulées, on en a trouvé ayant fait partie d’une porte dont on n’a pu encore préciser la position*.

« Un grand nombre de ces pierres ont été emportées par les paysans, qui y ont creusé des auges pour leurs bestiaux. Les Anglais qui ont construit la voie ferrée de Cernavoda à Kustendjé, en ont envoyé plusieurs en Angleterre. Les Turcs en ont dirigé quelques-unes sur Constantinople. Le gouvernement roumain a pris des mesures pour protéger celles qui restent. Il a, d’ailleurs, l’intention de démolir la tour et d’en réunir tous les matériaux à Bucharest, où l’on procéderait à la reconstruction du monument tel qu’il est actuellement. Il est à espérer que les travaux de démolition amèneront au jour quelque indice servant à fixer définitivement la nature de cette tour et la date de sa construction.

« On ne sait, en effet, ou du moins on ne savait jusqu’à ces derniers jours, à qui attribuer cette construction ni à quelle époque la faire remonter. Les opinions les plus disparates ont été soutenues sur ce dernier point. C'est ainsi que M. Opréan affirme que la tour est un ouvrage des Perses; M. Soutzo veut y reconnaître un travail des Odryses, tribu thrace qui était parvenue à un certain degré de culture, grâce à son contact avec les Grecs des villes pontiques, ce qui ferait remonter l’époque de la construction au ve siècle avant J. -C. L’année dernière, une commission de savants allemands, venue pour visiter la tour, n’hésila pas, après le plus sérieux examen, à la classer parmi les ouvrages de l’antiquité grecque.

« Mais M. Tocilesco, conservateur du Musée de Bucharest, s’est toujours prononcé énergiquement pour l’origine romaine de ce monument. Il affirme que le camp romain qui se trouve tout auprès est la preuve qu’une légion a séjourné dans cet endroit pendant un laps de temps assez long, et que c’est pour occuper les soldats que la construction de cette tour a été entreprise, peut-être aussi pour perpétuer le souvenir d’une victoire remportée en ces lieux. M. Tocilesco faisait observer que les pierres ayant servi à la construction du camp et à celle de la tour étaient les mêmes. Mais rien ne venait corroborer l’o-

I. [Les bas-reliefs d’Adam-Klissi ont été reproduits en photogravure dans ta Revxie archéologique, 1881, pi. XXI-XXIV.]

pinion de M. Tocilesco lorsqu’il y a deux mois une fouille a mis à nu une pierre portant gravé le motORDIN(*s) dont les lettres étaient disposées de la manière suivante :

« Cette découverte résout définitivement le problème en faveur de l’opinion émise par M. Tocilesco au sujet de l’origine romaine de la tour, mais la question de date est encore pendante, et ne pourra être tranchée que par une découverte ultérieure.

« U. Chousserie.

« Kustendjé, le 30 novembre 1383. »

Thasos. — Nos lecteurs se souviennent peut-être que nous avons publié dans cette Chronique deux fac-similés de dessins de M. Christidis, exécutés en 1886 d’après des bas-reliefs archaïques découverts à Liménas et qui avaient disparu depuis1. Quelque grossiers que fussent. ces croquis, nous devons nous féliciter de les avoir fait connaître puisqu’ils ont permis de retrouver les originaux. M. D. Baltazzi m'écrivait en effet d’Ali-aga, le 12 août 1885 : « Dans votre Chronique d’Orient des mois de janvier et février, vous appelez l’attention du monde savant sur deux bas-reliefs trouvés en 1866 à Thasos. Ces deux objets, ainsi que d’autres antiquités, se trouvent renfermés dans les magasins de l’amirauté à Constantinople. L’an passé, vers le mois de juin, S. E. Hamdi-Bey m’envoya à l’amirauté avec le sous-directeur du Musée, Kadri-Bey, à l’effet d’examiner les antiquités qui se trouvaient dans les chantiers et que le ministre de la Marine mettait à sa disposition. On me fit voir à l’amirauté le bas-relief d’Hercule agenouillé tirant de l’arc, ainsi que celui qui représente une procession bacchique. Dans un autre magasin, on me montra un sarcophage, un bas-relief, et dans un troisième une tête de femme en marbre, une très grande inscription byzantine et différents autres objets. A cause des réparations nécessitées par l’état de vétusté de Tchinli-Kiosk, les deux bas-reliefs de Thasos resteront encore pendant quelque temps à l’amirauté. »

11 est question de placer ces deux bas-reliefs dans les jardins du Musée, lorsque la réorganisation qu’il subit en ce moment sera terminée.

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