‹ Chroniques d'OrientChapitre 92 sur 410 · Voir l’appendice à cette Chronique · texte numérisé non relu

Voir l’appendice à cette Chronique

2. Bulletin de Correspondance Hellénique, 1881, p. 131-136 et p. 511.

3. [ Bulletin de Correspondance Hellénique, 1886, p. 275-296.]

naires de la Villa Médicis n'était venu rejoindre M. Clerc pendant qu’il fouillait à Aegae, pour dresser le plan des imposantes constructions du Château de Nemrod ; il est apparemment plus utile de relever pour la dixième fois des monuments qui n’ont jamais cessé d’èlre connus et dont les photographies sont partout, que de faire connaître des édifices antiques inédits. Au commencement de 1885, je signalais ici même cette regrettable indifférence des architectes à l’égard des monuments de l’Asie Mineure1 2. Quatre ans après la découverte de Nimroud-Kalessi, nous ne possédons ni photographies des édifices, ni plan de l'état actuel des ruines. Cette lacune vient d’être comblée, mais par des savants étrangers qui n’ont pas découvert Nimroud. Sic vos non nobis...

M. Baltazzi nous écrit de Smyrne à la date du 29 novembre 1885 :

« Au retour de mon excursion de Pergame, j’ai dû me remeltre en route, sur les instances de M. Conze, pour accompagner MM. Bohn et Fabricius à Nimroud-Kalessi. Vous savez sans doute que c’est le quatrième voyage que j’entreprends dans cette localité, mais cette visite devait être complète, car nous avions avec nous un appareil photographique et mes deux compagnons sont des architectes. D’après ces messieurs, les murs d'enceinte de l’acropole sont d’époque hellénique; quant à la grande construction, ils la rapportent à l’époque des rois de Pergame, mais ils ne peuvent en fixer la destination. Estce une caserne? une agora? On ne sait. Dans une des chambres que M. Clerc a déblayées, nous avons trouvé une inscription mentionnant les sommes que des particuliers ont données pour l’érection d’un temple à Apollon. MM. Bohn et Fabricius ont été très frappés, de l’aspect de ces ruines; ils m’ont dit que sans avoir vu Nimroud-Kalessi on ne peut comprendre l’acropole de Pergame, comme sans connaître Pergame on ne peut comprendre Nimroud-Kalessi. Les fouilles de M. Clerc sont loin d’avoir épuisé la nécropole3. Elle s’étend à une heure de distance; les tombeaux ne sont pas creusés dans le tuf comme à Myrina; ils sont bâtis à l’aide de blocs de trachyte et recouverts par une seule pierre. Ceux que j’ai vus sont construits avec soin. Une chaussée antique traverse la nécropole ; pavée de blocs quadrangulaires en trachyte, elle mène jusque sur les bords du Pythicus où se trouve un endroit nommé actuellement Dikili-Tasch. Là s’élève la porte d’entrée du temple d’Apollon, avec des tambours

Page 1