‹ Chroniques d'OrientChapitre 93 sur 410 · Revue archéologique, 1885, I, p · texte numérisé non relu

Revue archéologique, 1885, I, p

2. M. Clerc, gravement atteint par la fièvre au moment où il fouillait à Aegae,

fut obligé d’abandonner ses recherches plus tôt qu’il ne l’aurait désiré.

de colonnes cannelées et des fragments d’architraves avec inscriplions en grandes lettres. Comme M. Fabricius les a copiées, je dois me dispenser de vous les communiquer1.

« ret0l,r à Ali-aga, on m’a remis une lettre m’annonçant l’arrivée d’Hamdi-Bey. Le lendemain, nous nous sommes rendus à Pergame pour visiter les fouilles. J’ai profité de mon séjour à Pergame pour enlever de la seconde mosquée un bas-relief de Cybèle et* une petite statuette en marbre représentant, à ce qu’il me semble, une Victoire. Elle est d un fort joli travail, peut-être arehaïsant, mais la tête, les bras et les pieds manquent. De Pergame, je suis revenu avec Hamdi-Bey à Nimroud. Nous avons aussitôt commencé des fouilles dans la nécropole et ouvert une quarantaine de tombeaux qui nous ont fourni des poteries élégantes, des têtes et des fragments de terre cuite ayant une grande analogie avec les objets de Myrina, mais d’une pâte et d’une couleur toutes différentes. On a encore trouvé des miroirs, des bracelets en bronze bien conservés, une bague en argent, etc. Nous avons suspendu les travaux pour les reprendre au mois de mars prochain avec un bon nombre d’ouvriers.

« Je suis de plus en plus persuadé que Nimroud est Ae-ae car toutes les monnaies que les paysans m’y ont apportées sont àVeftime de cette ville. e

« J’oubliais de vous dire que les voûtes d’époque romaine à Nim roud sont simplement les soutiens des gradins d’un grand théâtre dont nous avons reconnu le pourtour. »

A deux heures et demie de Nimroud-Kalessi, M. Baltazzi a décou¬

vert une nouvelle nécropole près du village de Jénidjé-Keui. « P|U-

objets de celle provenance, nous écrit-il, sont archaïques, et

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présentent une grande analogie avec ceux d’Assos; une terre cuite rappelle les bronzes phéniciens trouvés en Sardaigne. Une bague en bronze est munie d’un chaton où l’on voit deux palmes et le mot N1KH en caractères cursifs. »

Elaea, — M. D. Baltazzi nous écrit que les fouilles entreprises à Elaea, aux frais de savants autrichiens, ont commencé dans de bonnes conditions. Au premier coup de pioche, on a découvert la nécropole chrétienne, et quelques jours après la nécropole romaine, reconnaissable à la poterie rouge à reliefs qu’on a trouvée en grande quantité dans les tombes.

Phocée. — ■ Dans le Moucstiv ~f(ç EoaYYr/.'.v.vjç S^oXïjç de 1876 (p. 101), et dans la Revue archéologique de 1885 (I, p. 132), M. Weber a décrit un tombeau monolithe dit lAÛÆy.rrcri, qui se trouve près de l’ancienne Phocée. Je crois devoir faire observer, à titre de simple renseignement bibliographique, que ce tombeau a déjà été signalé et dessiné en 1830, dans un livre tiré à cent exemplaires seulement dont voici le titre exact : Fragments d’un voyage en Italie, en Grèce et en Asie, pendant les années 1829-1830 ( Sunium , Phocée, Smyrne, Égine, Athènes ), par E. Gaultier d’Arc, consul de France, membre de la Société royale des antiquaires, du Comité central de la Société de géographie, etc. Paris, imprimerie de Auguste Auffray, passage du Caire, n° 54. 1831. In-8 de vin et 153 pages. — Le plan, la coupe et l’élévation du tombeau sont tout à fait conformes aux dessins cle M. Weber, mais nous croyons devoir reproduire la description des premiers explorateurs de ce site, perdue, comme le sont souvent des renseignements précieux, dans un livre inconnu et introuvable.

« Nous marchions depuis environ deux heures dans l’est, lorsque sur la droite de la direction que nous suivions nous aperçûmes un monument élevé au-dessus d’un léger monticule ; je me dirigeai aussitôt avec empressement de ce côté; il fallut traverser le lit d’un torrent désséché. «N’approchez pas, Effendi, se mit à crier mon guide ; n’approchez pas, c’est le monument des génies. » On pense bien que cette invitation ne lit que hâter ma marche ; en quelques instants j’y étais arrivé. Son aspect présentait quelque chose de mystérieux. C’était une élévation de rocher d une pierre noire basaltique, taillée à l'extérieur de manière à présenter l’apparence de trois masses cubiques, dont deux auraient été juxtaposées, et dont la troisième, élevée sur quelques marches, aurait été placée sur la première. J'entrai dans les chambres intérieures; elles étaient complète-

ment -vides. Pendant que nous étions occupés à lever des plans', un Arménien, qui fut fort étonné de rencontrer des Francs dans ce lieu, vint nous rejoindre. Je tâchai d’obtenir de lui quelques explications sur le nom de « monument des génies » donné à cette construction ; il ne nous répondit rien de satisfaisant. Il était évident que la partie antérieure, faisant face à l’est, avait contenu autrefois une inscription. Les tenons sculptés dans l’encadrement ne pouvaient laisser aucun doute à cet égard, mais vainement cherchâmes-nous dans les environs des débris de marbre. II y avait beaucoup de cailloux roulés, rien qui ressemblât à une plaque pouvant conserver des fragments de lettres. Aussitôt après mon arrivée à Smyrne, je demandai à mon savant collègue, M. Fauvel, s’il connaissait ce monument! il en ignorait l’existence. On peut donc le considérer comme entièrement neuf, et c’est ce qui me décide à en publier la coupe et l’élévation. II y a tout lieu de présumer qu’il était destiné à servir de tombeau ; mais à quel siècle rapporter cette construction singulière? C’est ce que je crois difficile de décider d’une manière satisfaisante; toutefois sa nature et son caractère, la difficulté qu’a dfl présenter son exécution, démontrent jusqu’à la dernière évidence qu’elle appartient à une époque extrêmement reculée. Façonné dans le roc vif, ce monument demeure impérissable1 2.

Le petit livre auquel nous empruntons ce passage ne traite qu’ineidemment des antiquités; un archéologue qui serait tenté de le lire s’exposerait à une déception. Toutefois, les notes placées à la fin du volume contiennent quelques renseignements qu’il n’est peut-être pas inutile d’exhumer, car nous ne savons si on les trouverait facilement ailleurs.

P. 149. « Les tombeaux qui couvrent le sol dans la partie occidentale de l’ile (d’Égine) ont été presque entièrement explorés durant ces dernières années, mais il y a beaucoup à faire dans la partie qui fait face à Athènes. Les bains découverts par les soins de M. Mustosxidi (sic) sont d’une construction fort peu remarquable ; ils étaient presque au niveau du sol. Mais il n’en est pas de môme des fondations étonnantes du temple de Vénus, que ce savant a fait fouiller pendant notre séjour à Égine. Elles sont formées de superbes blocs de pierre, et n’ont pas moins de trente pieds de profondeur, Il est à regretter seulement que les Russes aient démoli quelques-unes de ces magnifiques constructions pour fabriquer leurs magasins de Poros. C’est ainsi que M. Paléologue a construit sa ferme modèle, dans la plaine d’Argos, avec les débris cyclopéens de Tirynthe.

P. 153. « Le musée d’Égine contient : 1,090 vases peints de différentes

1. Longueur, 8ra,65; hauteur, 6m,48; largeur, S^.âS; ouverture, 0m,45.

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