‹ Chroniques d'OrientChapitre 94 sur 410 · Gaultier d’Arc, Souvenirs, p · texte numérisé non relu

Gaultier d’Arc, Souvenirs, p

formes et grandeurs; 108 lampes; 24 petites statuettes en terre cuite; 16 autres pièces de poterie ; 19 vases de verre ; 34 vases d’albâtre ; 137 patères, ustensiles et autres pièces de cuivre; 71 inscriptions ; 24 statues plus ou moins bien conservées; 14 bas-reliefs ; 53 fragments de sculptures ; 359 médailles ; une paire de boucles d’oreilles. »

Éphèse. — Mentionnons, mais pour mémoire seulement, une mauvaise plaisanterie de YHebdomas, reproduite avec les ?? convenables par la Philologische Wochenschrift du 4 juillet 1885. Un berger aurait découvert dans une caverne près d’Éphèse un manuscrit très ancien contenant la vie de saint Jean l’Évangéliste à Patmos et le texte de Y Apocalypse. Il est probable qu’il ne s’agit pas d’un faux à la Schapira, mais d’une simple mystification à la smyrniote.

Thyatire (Ak-Hissar). — M. Aristide Fontrier, correspondant de l’Institut de correspondance hellénique à Smyrne, m’a fait l’honneur

miaHi/imiiiiiiiimMu-z

de m’envoyer la photographie d'un estampage qu’il a fait prendre à Ak-Hissar « sur une pierre qui sert comme stylobate d’une colonne à bois du khan dit Meimaroglou. » M. Fontrier a avisé le commissaire impérial, M. D. Baltazzi, de la découverte de ce curieux monument. La pierre est inscrite sur trois côtés ; sur le quatrième on distingue les jambes d’un personnage dont la silhouette est gravée en creux. Quelques caractères ressemblent à des hiéroglyphes égyptiens mal copiés, mais M. Ramsay nous écrit que M. Sayce ne les considère pas comme hittites. Nous donnons les fac-similés des calques que nous

avons pris sur les photographies, malheureusement peu distinctes, et nous nous abstenons de toute hypothèse sur le contenu de ces inscriptions. Carpent ea poma nepotes.

Pergame. — L’architecte qui dirige avec M. Humann les fouilles de Pergame, M. Richard Bohn, a communiqué à l’Académie de Berlin une intéressante notice sur le temple de Dionysos dans cette ville L’agora de Pergame, située sur l’acropole, est antérieure au plus grand développement de la puissance des rois. Agrandie et embellie à l’époque la plus brillante de la ville, elle s’est conservée à peu près intacte jusqu’au début du moyen âge ; c’est alors que furent construites, aux extrémités sud et est de l’agora, les murailles byzantines que les fouilles ont complètement démolies. L’emplacement de l’agora a été déblayé et il a été possible d’en lever le plan. M. Bohn pense que le grand autel a été construit par Eumène II, qui aurait aussi donné son aspect définitif à l’agora. Parmi les restes de constructions qu’on y a découverts, on remarque un petit temple dont les fondations forment un rectangle de 7m,60 sur 12m,30. De nombreux fragments trouvés tout autour permettent d’en essayer la restitution. Le temple était un péristyle dorique, placé sur un stéréobate de deux marches ; les colonnes, hautes de 5ra,15, ont vingt cannelures. L’acrotère du milieu était probablement une statue de femme, dont on a retrouvé des fragments, notamment des ailes. Les subsfructions du temple sont en tuf, la partie supérieure en marbre bleuâtre. Comme le théâtre, qui n’est pas loin de ce temple, était dédié à Dionysos Kathegemon, on a supposé que le temple lui-même était consacré à la même divinité. Cette hypothèse est confirmée jusqu’à un certain point par la forme des gouttières, qui sont des têtes de Satyres et par la découverte, dans la muraille byzantine, d’un fragment de frise représentant des grappes de raisin et des feuilles de vigne. D’après la matière et le travail de la frise, il est probable quelle appartenait au petit temple.

— Les fouilles de Pergame ne sont pas encore achevées. Le gouvernement allemand a obtenu du gouvernement turc un nouveau permis valable pour un an (août 1885-1886). M. Humann est arrivé à Pergame au mois de septembre 1885 en compagnie de M. Conze ; ces messieurs avaient à leur disposition un crédit d’environ soixante mille fiancs. Cette cinquième campagne de fouilles doit être la der-

1. Abhcindlungen der koeniglichen Akademie der Wissenschaften zu Berlin, 1885; Philologische Wochenschrift, 1885, p. 1241.

nière. Il paraît que c’est seulement sur les instances pressantes du prince impérial d’Allemagne que le gouvernement s est décide a donner une nouvelle subvention. La campagne qui s est terminée l’été dernier a été consacrée au déblaiement d'une partie de 1 agora, du théâtre, et d’un temple en marbre d’ordre ionique situe près du théâtre et dédié à un empereur. C’est le plus vaste edi ice que on ait encore découvert sur l’acropole, mais on n’a recueilli aucune inscription qui en indique la destination précise. La dédicacé placée sur le fronton était en lettres de bronze; il ne reste que les traces des clous qui servaient à fixer les caractères sur le marbre. . onze, d’après ce que nous écrit M. Baltazzi, qui a eu la bonne fortune de visiter Pergame en sa compagnie, pense que le temple ionique est celui d’Auguste, tandis que celui que l’on désignait jusqu a pie„en sous ce nom serait d’une époque postérieure. On a décidé de foui - 1er complètement le nouveau temple et de mettre a nu ou e a partie comprise entre le temple de Minerve et le mur d enceinte hel e-

mstique^s ^ ^ 3 février 1885 de la Société archéologique de

Berlin, M. Bohn a présenté les planches de l’ouvrage sur -les Antiquités de Pergame, dont le second volume (le premier en date) vien de paraître. Ce volume traite du temple d’Athéné et de ses environs , M. Bohn s’est chargé de la partie architecturale, . roysen a décrit les trophées d’armes de la balustrade du portique. .. ouvra e entier comprendra huit volumes, à savoir : I. Rappoit sur les foui e , par M. Humann, et étude sur la topographie de Pergame, par M Conze. IL Le sanctuaire d’Athéné Polias. III. L’agora, 1 autel e uniter et le temple de Dionysos. IV. Les sculptures de 1 autel. V. L Augusteum et les portiques environnants. VI. Les autres constructions en particulier les constructions d’époque romaine. VIL Les autre.

sculptures. VIII. Les inscriptions.

Le prix du premier volume de cette publication est de 225 francs , l’ouvrage entier coûtera donc au moins 1,600 francs. C est dire qu’il ne sortira guère des bibliothèques publiques, et que plusieurs d’entre elles devront s’imposer, pour l’acquérir, un lourd sacrifice que rien ne justifie. Les livres d’art, en Allemagne surtout, sont d un prix extrêmement élevé, sans que l’acheteur, comme on dit vulgairement, en ait pour son argent. Presque toutes les publications auxquelles on donne le format in-folio gagneraient à être réduites a des in-quarto d’un prix raisonnable. Que dire, par exemple, des tenei Vorlegeblætter, dont aucune bibliothèque en France na pu se piocurer d’exemplaire, tant à cause de l’élévation extravagante du prix

que du petit nombre d’exemplaires tirés? Mieux vaudrait presque laisser les monuments inédits que de les enfouir de nouveau dans des infolio de luxe introuvables. Bien plus, le format m-folio devrait etre absolument abandonné, car il n’y a pas d’œuvre d’art ni de plan qui ne puisse être reproduit sous forme d’une héliogravure ou d une zincogravure in-quarto. Que les éditeurs allemands ne l’oublient point : l’Amérique n’a aucun traité limitant ses droits de reproduction, et le tour où les huit volumes sur Pergame auront paru, il pourra bien se trouver un éditeur, de l’autre côté de l’Atlantique, qui les condensera sous la forme d’un volume in-quarto en réduisant les gravures en taille douce par le procédé commode du zinc. L’in-quarto se vendra e les in-folio resteront en magasin. Ce seraitune bonne leçon à 1 adresse de ceux qui s’imaginent que le monde savant et les bibliothèques publiques sont taillables et corvéables à merci.

Une autre publication de luxe qui s’achève en ce moment est le Corpus des bas-reliefs funéraires attiques; on annonce qu’il doit paraître à Berlin chez Speeman. Le plan, conçu par M. Michaelis, a ete accepté par l’Académie devienne en 1873, et l’exécution s’est vie depuis sous la direction de M. Conze, avec le concours de MM. Michaelis à Strasbourg, Postolakka à Athènes et Schreiber a Vienne. La Kaiserliche Reichsdruckerei de Berlin est chargée des héliogravures et des gravures sur acier. Les monuments les plus importants sont reproduits sur des planches isolées, les autres réunis sur des planches d’ensemble ou seulement signalés. Comme dans les recueils épigraphiques, il a paru bon de placer en tête une section des oeuvres archaïques, Antiquissima ; dans le reste de l’ouvrage, les monuments seront distribués d’après le motif du personnage principal (figures féminines assises ou debout; figures viriles assises, debout combattant, chevauchant, chassant, couchées; banquets funéraires). La publication comprendra aussi des chapitres étendus sur la forme des stèles funéraires, la technique et l’exégèse des bas-reliefs et le développement historique de ce genre de sculpture. La première livraison de cet utile Corpus était annoncée pour le commencement de 188b .

Palestine. — Le comité du Palestine Exploration fund a reçu une importante communication de M. Laurence Oliphant, actuellement à Haifa. C’est une carte exécutée par M. C. Schumacher, embrassant une région d’environ 200 milles carrés située a 1 est du

1. Archaeologische Gesellschaft zu Berlin , 3 février 1883 ; Philologische Wochenschrift, 1885, p. 798. [Cette première livraison n’a paru qu en .J

lac de Galilée, l’ancienne Gaulanitide. La Gaulanitide était une des parties les moins connues de la Palestine; elle a été traversée par plusieurs voyageurs, entre autres par M. L. Oliphant, qui en a décrit une partie dans son ouvrage Land of Gilead, mais elle n’avait encore été l’objet d’aucun travail topographique. Parmi les découvertes dues à M. Schumacher, on signale celle de l’antique cité de Golan. Il y a des quantités de ruines dans le pays, et toutes celles qui font partie de la région explorée ont été l’objet de plans spéciaux. Dans le nombre sont les ruines de la cité souleraine d’Ed-Dera ’a, mentionnées pour la première fois par Wetzstein, qui la visita au commencement de ce siècle. La plupart des inscriptions recueillies en Gaulanitide sont grecques. Les légendes locales rassemblées par M. Schumacher se rapportent principalement à Job. On a encore signalé une grande plaine contenant plusieurs centaines de dolmens, analogues à ceux que M. Schumacher a déjà découverts dans le nord et à ceux que le capitaine Conder a vus dans le Moab. La carte est accompagnée d’une liste considérable de noms géographiques arabes.

A la dernière réunion du Comité général, sous la présidence de M. James Glaisher, il a été décidé que la carte, avec tous les dessins et les notices qui l’accompagnent, serait publiée le plus tôt possible aux frais de la Société '.

Égypte. — Nous continuons à emprunter à la Philologische Wochenschrift quelques renseignements sur le déchiffrement des papyrus du Fayoum à Vienne1 2. Ce qui suit a été extrait par la Wochenschrift d une correspondance adressée de Vienne à la Münchener allgemeine Zeitung.

Les savants qui s’occupent, à Vienne, du déchiffrement des papyrus du fonds Rénier ont découvert un petit fragment d’un Évangile inconnu, qui correspond à Matthieu , xxvi, 30-34, et Marc , xiv, 26-30. L’écriture du papyrus date du me siècle de l’ère chrétienne. Plusieurs théologiens ont exprimé l’opinion que nous sommes là en présence d’un Évangile plus ancien que ceux de Matthieu et de Marc. « La conclusion qui en ressort avec évidence, écrit M. Harnack3, c’est que le papyrus de Vienne est la première preuve manuscrite de ce fait que nos Évangiles de Matthieu et de Marc ne sont pas des œuvres originales. » La Wiener Presse a donné la traduction allemande du nouve

Page 1