‹ Chroniques de FranceChapitre 33 sur 40 · NOUVELLE · texte numérisé non relu

NOUVELLE

Je revis la cote de France , près de la même plage où j'avais pris terre quinze ans auparavant , à mon retour d'Égj-pte. La fortune semblait me sourire comme alors!... Manuscrit de Sainte-Hélène.

Sur les flots assoupis, aux derniers feux du jour, Qui du golfe Juan dorent l'étroit contour, Quel navire inconnu, dans sa manœuvre habile, S'arrêt'^ balancé sm* son ancre immobile ! De quel fardeau puissant se va-t-il décharger? Où vogue son canot? Quel est ce passager Dont le pied redoutable en foulant sa poussière Fait tressaillir soudain la France tout entière?. . .

De toute part s'élève une sourde rumeur :

L'œil ardent de l'espoir, l'œil furtif de la peur,

Le regard dédaigneux du fastueux courage.

Se tournent à la fois vers ce point du rivage,

Et des milliers de voix ont murmuré : « C'est lui !

» — Que veut-il? Quel dessein le ramène aujourd'hui?.

» — Si le peuple ou l'armée embrassait sa querelle?...

» — Non, il vient nous livrer une tête rebelle ;

» Que de sa folle audace il recueille le fruit ! »

Cependant de ses pas se rapproche le bruit :

Il marche, et chaque instant grossit sa faible escorte :

On dirait que le vent sur ses ailes l'apporte,

Ou que suivant son aigle au but qu'il vient chercher,

Comme elle il vole aussi de clocher en clocher ! . . .

L'émotion s'accroît. — « Grenoble ouvre ses portes I

» — Lyon se rend ! — Auxerre accueille ses cohortes !

» — Fontainebleau, dit-on, attend ses pas proscrits ;

n II y sera ce soir ! — Et demain? — A Paris I »

LES

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