CHAPITRE LIV
Rencontre des Françob, de Flamens et d'Anglois, ao domma^
des François.
Iii advint en ce temps que aulcuns François de la g'arnison de Tournay et des places voisines lenans leur party^ environ huit cents chevaliers, prindrent voulenté de faire une course en Flandres, où il y avoit plus à prendre que au povre pays de Haynault ; et furent guydés par Jacques de Verchin, qui s'estoit tourné de leur bande jusques assez près J'Oudenarde ; et coeillirent un gros butin aux villages à Tenviron.
Quant Flamens sceurent ces nouvelles, ils se mirent sus à grande haste^ et furent conduicts par Jehan d' Aisele et le Ghiest qui les tindrent en ordonnance.
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Thomas d'Arrican, expert aux armes et très bon capitaine Angles estoit lors en la ville d'Audenarde, qui avoit en sa compagnie quatre-vingt archiers et picquenaires flamens , environ de sept à huit cens. Si poursuy virent leurs ennemys et les trouvèrent hourdésde proyes à Esghem, où ils se repaissoient.
Quant Flamens les apperceurent, ils chargèrent sus de bon hait. François feirent un grand alarme ; lesquels de rien ne se doubtoient ; et se tirèrent en un champ, cuidant ordonner leurs batailles.
Il y avoit une grosse hay e derrière , contre laquelle Flamens se tapissoient qui les bersaudoient de flesches; et de ce traict peu les adommagèrentjils estoient armés à la couverte; mais quant Angles furent venus , ils les lardoient à tous lès , et blessèrent gens et chevaliers.
François abandonnèrent le champ où ils furent, par la prouesse tant des Angles que de Flamens, rompus, desfaicts, etesgueulés. Picquenaires gardèrent le passage ; et paysans abbatoyent gros arbres au travers des chemins. Se furent de tous poincts enclos. Les mieux montés qui purent saillir oultre, eschappèrent de ce cruel danger. D*aultres François de leur compagnie , qui s'estoient boutés en une esglise, vindrent à la rescousse. Mais quant ils virent leursgens en ce poinct rués, leur courage leur faillit; et furent tellement espouvantés et desconfis que un seul Flamen , tout à son aise,emmenoit quatre prisonniers.En ce dur rencontre perdirent Angles deux archers, et Flamens ungpicquenaire; etlesdiptsFran-
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çois perdirent le frère messire Meurice,qui demou*^ ra mort en la place avec quatre cens hommes , que tués que prisonniers. Adonc Flamens, joyeux et lies de leur bonne fortune, retournèrent en Oudenarde, où le guide des François fut exécuté sur la marche.
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