CHAPITRE LV
Comment les chasteaax de Boussu et de Trelon furent reprlns sur
les François.
Après la prinse de Coudé, couroit le bruict par le pays que le roy tiendroit son parcq à la Belle- Croix en Haynault,tant pour coupper les vivres aux Vallenchiennois, comme pour attendre et combattre les Bourguignons.
Monseigneur le duc d'Austrice, lors créé nouvel chevalier, honorablement aorné du collier de la Thoison-d'Or, comme chef et souverain de l'Ordre, désirant le salut du povre peuple et la protection de ses pays, mist main aux armes à toute diligence; et pour résister aux emprinses du roy qui journellement s'esforcoit de lui tollir son héritage, souverainement la conté de Haynault , où nul droit ne devoit avoir le dièt roy, se tint une espace en la ville de Mons, où il assembla grande armée; et avec la noblesse d'Allemagne dont il esloil accompagné, il fut secouru et servi de haults et puissants seigneurs, messeigneurs le comte de Romont, le
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comte de Chimay, le comte de Nasso , le marquis de Bande , Phelippes, monseigneur de Ravestain, monseigneur de Bevres, monseigneur de Croy, monseigneur de Fiennes , messire Jehan de Luxembourg, monseigneur deLitrestein, Allemant, monseigneur des Pierres, monseigneur d'Arsi, monseigneur de Hames, messeigneurs Jehan de Bergheet Cornille de Berghe, monseigneur de Haubourdin, le bastard de Brabant, monseigneur de Montigoj, monseigneur de Vernes, monseigneur de Ligne, monseigneur de Barbenchon, monseigneur de Myngoval, monseigneur de Boussu , le seigneur desCordes, le seigneur de Fresne, monseigneur de Chanteraine, le Veau de Bouzenton, Jacques Galliol, Claude de Zucre, Salezar, Anthoine d'Oizi, et aultres haults et grands barons expers , preux et hai^ dis aux armes; ensemble multitude de piétons Allemans, Suisses, Brabanchons, Hajnujers, Malinois, et bonnes villes, qui, de très bon cœur, s'emplojoient de servir et complaire à leur prince et dame naturelle.
Quant le duc eut faict son amas de bombardes, serpentines, mortiers, courtaux, et artillerie volant, pour reconquerre les places occupées par les François , il envoya monseigneur le comte de Romont, Philippe, monseigneur de Ravestain, et antres , avec quatre mille piétons Allemans et trois ou quatre serpentines ; lesquels , esprins de très grande hardiesse , sans crainte de leurs ennerajs, vindrent planter le siège devant le chasteau de
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Boussu , et là lurent deux ou trois jours battant les tours de traict à poudre.
Quant le seigneur de Saint-Marcel et ceux de son^ party se trouvèrent ainsi assiégés , voyans que nuls François ne s'approchoient pour leur donner secours ne ayde, considérans que rartillerie du roy estoit repassée par le pont à la Hayne , et que la pluspart de son armée estoit retirée es frontières voisines, ils se rendirent à la volonté de monseigneur le duc d'Austrice , saulves leurs vies. Se furent amenés en la ville deMons, où ledict seigneur de Saint-Marcel fut long tems prisonnier au chastel. Allemans entrèrent au fort de Boussu , lesquels à la mode d'AUemaigne le voldrent tenir comme place conquise. Toutesfois monseigneur de Boussu, parmy quelques deniers qui leur furent donnés, en reprint la possesse.
Pareillement monseigneur le comte de Romont, Philippe monseigneur , messire Jehan de Luxembourg et autres, jusques à huit cents chevaliers, avec grand nombre d'AUemans et Suissers piétons, conduicts par mon devant dict seigneur de Romont, qui s'estoit mis de pied, une pique à son col, firent charger une bombarde à Mons avec aultres engiens voUans, efvindrent pour mectre le siège devant le chasteau de Trelon ; et l'envoyèrent sommer par Fuzil, le herault de la Thoison-d'Or . Le seigneur de Havrech , qui en estoit capitaine pour le party du roy , le rendit par appoinctement. Ceux qui estoient dedens le rendirent , saulves leurs vies , et
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furent amenés prisonniers à Mons, et ledit siegneur de Havrech les fit délivrer ; se les mena en France. Les François cpii tenoient le fort chastel de Ville, n'osèrent attendre le coup , et doublèrent la puissance du duc d'Austrice; se boutèrent le feu et bruslèrent la place , et Jacques de Moj rendit le bien à son nepveu, le séneschal de Hajnault.