CHAPITRE LVII
Comment anlcunes compagnies de Farmëeda dac d^Aostrice firent une
course devant la ville de Quesnoy.
Nouvelles gens applouvoient de tous coj$tés en Farmée du duc d'Austrice , lorsqu'il se partit de Crespy en très belle ordonnance , et vint loger à Saint-Saulve auprès de Vallenchiennes ; et avec ce qne son ost se multiplioit de nobles personnages , il se augmentoit de hardjs courages , les quels conclurent ensemble de resveiller les François du Quesnoy-le-Conte , séant à trois petites Ûeues, où il y avoit alors grosse garnison de huit cents lances bien estoflPées, Teslite et chois de l'armée du roy de France ; lesquels attendoient de jour à aultre d'avoir un merveilleux hutin. Et advint par un sabmedi, au point du jour, six de juing, que aulcunes compagnies de l'ost du duc, ensemble entremeslées, où estoient Allemans, Brabanchons , Hainuyers , Lombards et Espagnols de cheval et de pied, jusques au nombre de sept à huit mille combattans, se mirent sus pour faire une course devant le Quesnoy , et menèrent aulcuns engiens volans , serpentines , arbalestres et hacquebutes.
Quand ils furent assez près du Quesnoy , ils se mirent en grosse embusche , et aulcuns aultres s'a-
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monstrèrent pour attraire la garnison hors de son fort, François , qui estoient assez pourveus de leur faict, tenoient leurs chevaux sellés, tant pour saillir aux escarmouches que pour retourner en pays, se le cas s'yfust adonné. Toutes fois ils issirent sur les Bourguignons en assez bon nombre. Et lors Jacques Galliot, conducteur des escarmouches, avec auicunsarbalestriers, passèrent oultre une rivière; et pour commenchementilfit tirer aulcuns engiens, qui rompit la bataille des François , lesquels furent vigoureusement rembarrés dedens la ville; et de faict une serpentine tira au tape-cul de la porte, dont ils furent fort espouvantés.
Néantmoins François avoient accueillis environ quarante Allemans, et labouroient fort de les emmener en la ville , quant Jacques Galliot et aultres rustres en rescourrent la pluspart , et les aul* très furent happés. Monseigneur de Baugimont lieutenant de monseigneur de Gey, moult aventureux chevalier, et assez en gré du roy , vint en grande pompe sur les rens , monté comme un petit saint George ; et comme celuy qui rien n*admiroit ses ennemys , se fourra si avant entre eux, qu'il en fut rué jus par terre, et demoura mort sur la place.
Quant François percheurent la mortelle perte de si bon et preux chevalier , ils furentgrandement troublés ; et pour contrevenger sa mort , ils habandonnèrent aux pages huit Allemans prias en Testour , lesquels furent par eux et de froid sang
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meurtris 9 tranchés et esgueulés. Le seigneur de Baugimont fut recueilly mort par ses gens, qui luj firent notables obsecques; ses entrailles demourèrent au Quesnoy , et son corps fut mené en France.
François y perdirent huict hommes , et ceux da partj d'Austrice , parmy un seigneur Allemant , treize ou quatorze.