‹ Chroniques de Jean Molinet (volume 2)Chapitre 74 sur 135 · CHRONIQUES C · texte numérisé non relu

CHRONIQUES C

esleuspar le roj d'une part six ootables hommes, et par mesdicts seigneur et dame d*Âustrice y autres six notables chevaliers, lesquels , comme médiateurs et arbitres , auront puissance de juger , décider et déterminer dedens six mois prochainement venanSy de toutes les questions, querelles et diflPérens estans entre le roy et mesdicts seigneur et dame d'Âustrice , eu commencbant à celles des querelles que mesdits seigneur et dame d'Austrice voudront premièrement mettre en avant, et en ensuite à celles du roy. Et au cas que lesdicts arbitres ne polroient accorder, sera esleu et choisi, du consentement du roy et de mesdicts seigneur et dame d'Austrice concordablement^ un super-arbitre , pour avec lesdicts arbitres décider et déterminer des choses dont iceux arbitres seront demourés en discord. Tout selon le contenu des trêves qui sur ce sont faites.

» Item le roy de sa part et mesdits seigneur et dame de la leur requerront le roy d'Angleterre et ceux des ligues d'AUemaigne , s'il y a ^ulcuns d'eux qui par force , hostilité , ou guerre ouverte, par siège, par assault, par emblée, par eschellement ou aultrement, prende aulcune ville , place ou forteresse sur l'aultreparty, en enfreignant lesdites trêves^ qu'ils veuUent donner ayde et assistence à celuy sur qui ladicte place ou forteresse sera ainsi surprise, au cas qu'il ne soit réparé, et samblablement contre celuy qui sera refusant de tenir la sentence desdicts arbitres.

M Item et au cas que le roy de sa part et mesdicts

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seigneur et dame d'Austrice de la leur romperoient par guerre ouverte ceste présente trêve, est pourveu que parladicte guerre ouverte rompera trêves, perdera le droict et action qu*il prétend es choses coutentieuses entre le roy et mesdits seigneur et dame d'Austrice. Sçavoir faisons que pour considérations des choses dessus dictes , et principallement de Dieu nostre créateur, aucteur de paix; mesmement, ayant regard à la proximité de lignage qui est entre le roy et nous, et singulièrement en espérant de parvenir au bien de paix final : Nous, par l'advis et délibérations desdits seigneurs de nostre sang et linage , de gens de nostre grand conseil, lesdictes trêves, seur estât et abstinence de guerre avons faictes, acceptées, prinses, fermées, proumises, conclues et accordées ; et avons proumis et juré, proumetlons et jurons en paroUe de prince, par la foy et serment de nostre corps, soubz nostre honneur et soubz l'obligation de tous nos biens , avec les sainctes évangiles , canon de la messe, par nous manuellement touchées pour ceste cause , de garder , observer , entretenir et accomplir , et faire tenir et observer de poinct en poinct ladicte trêve et toutes les choses contenues es articles mentionnés en icelle , Sans rien en laisser ne jamais faire ne venir au contraire , ne quérir quelques moyens pour y venir , ne pour en rien parvenir, ne faire ou faire faire quelques mutations des choses dessus dictes ; et se aulcune chose estoit faicte, atténuée ou innovée au contraire par nos officiers et subjects de la faire reparer ; et des trans-

grosseurs et infracteurs en faire telle pugnîtion que le cas le requiert , et en manière que ce sera exemple à tous les aultres. Et en toutes les choses dessus dictes, nous sommes submis, submetlons et obligeons par hypoteque et obligation de tous nos biens présens et à venir quelqueconques. Et affin que ce soit ferme chose et estable, nous avons signées ces présentes de nostre main^ et icelles faict sceller de nostre scel. Donné en nostre camp lez le vieux Weodin , le onzième jour de juillet , Fan de grâce mil quatre cens soixante et dix-huict. Ainsi signé Maximilianus, par monseigneur le duc fet madame la ducesse, et de secrétaire Wales.

Ce sont les six personnages prins du costé du roj pour dire , décider et déterminer des questions et differens estans entre le roj et monseigneur et madame la ducesse d'Austrice, et dedans demj an prochain venans en la ville et cité de Camhray , c'est assavoir : maistre Loys d'Amboise, évesque d'Alby , cousin du roy , maistre Jehan de Montchenu , évesque deVivers, commandeur, Adet d'Aidie, conte de Commignie, seigneur de l'Ëscu Bouile de Juge, conte de Castre, maistre Jehan Chambon , maistre des requestes en Thostel du roy , et Raoul Pinchon , conseiller en la cour de parlement à Paris, »

Ces trêves furent accordées sur espérance de parvenir au bien de paix final. Et pour coinquer avec les six personnages députés du coslé du roy, furent pareillement ordonnés du party de monseigneur le duc d'Austrice^ très révérend père en

Dieu monseigneur Tevesque de Tournay, monseigneur de Fresnes y monseigneur l'abbé d'Affleghen , monseigneur de Ligne, monseigneur le prevost de Saint-Donat en Bruges , monseigneur de Labregement , maistre Thomas de la Pappoire , maistre Jehan d'Auffay et aultres, qui se mirent en leurs diligences de eux trouver en la cité de Tournay , où ils séjournèrent l'espace de deux mois, surattendans et expectans lesdicts commis de par le royj mais oncques ny voulurent venir ni comparoir, et n'approchèrent plus près de Saint-Quentin. Ainsi se passoit toujours le temps sans besongner au principal.

Tournisiens , qui pendant la guerre , tant par leur garnison que parleurs manans, avoient piteusement fouUé le pays de Flandres et de Haynault, trouvèrent façon^, par le moyen d'aulcuns personnages de ce quartier , d'avoir leur traicté à monseigneur le duc d'Austrice. Et fut faict et accordé, e,nviron la Saint-Martin, par tel si, que jamais ne debvroient recepvoir garnison pour les François, si le roy n'y estoit en personne ; et tous leurs biens confisqués pour les Bourguignons jusqu'à ce jour demouroient perdus pour eux , avec aultres poincts et conditions qui sont hors de ma congnoissance.

Chron iques. T, XLIV, — J. MouNET. //. '12

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