‹ Chroniques de Jean Molinet (volume 2)Chapitre 82 sur 135 · CHAPITRE LXVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVIIL

La nutivilc de macUme Marguerite d'Aastrices , ensemble aalcans exploicts de guerre qui lors advindrent.

Le dixième jour de février, l'an mil quatre cent soixante dix-neuf, environ onze heures , au jour , madame Marie de Bourgogne , espuuse de monseigneur Maximilien duc d'Austrice,fils unique de l'empereur Frederick, troisième de ce nom, accoucha en sa ville de Bruxelles de son second

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enfant, qui l'ut une fille, laquelle fut baptisée en l'église de Saint-Goule, par révérend père en Dieu maistre Ferry de Clugny , évesque de Tournay ; et le tindrent sur fons,. niadame Marguerite d*Yorck , duchesse de Bourgogne , espouse à très redoubté prince monseigneur le duc Charles, que Dieu absolve ! madame de Ravestain et monseigneur le prince d'Orange.

En ce temps monseigneur le duc d'Austrice fit son caresnie en Hollande, afin d'accorder les Houlx et les Cabillaux. Monseigneur de la Vère , fut mandé à la journée, et le seigneur de Chantereine print,ce temps pendant, une petite ville marchissant au pays de Gueldres; et les ducs de Glèves et de JuUiers, au nom de monseigneur le due d'Austrice tindrent siège devant Nimeghe.

En ce temps, le petit Salezar, tenant le parti de Bourgogne, associé de la garnison deSaint-Omer fit une course devant la ville d'Estaples; les manans d'icelle se retirèrent au chasteau ; la ville fut pillée ; et ceulx qui esloient audit chasteau le rachetèrent du feu une grosse sooime de deniers.

Pendant ce susdict temps de caresme , l'ordre des Jacobins de Vallenchiennes, alors fort desreglé, fust réformé par le pourchas principalement du seigneur de Fiennes , ensemble d'aulcu ns notables personnages ses adhérens , qui le repeuplèrent de religieux fort dévotieux et de grande recommandation , tellement qu'ils prospérèrent eu multipliant , et multiplièrent en prospérant.

23o CHRONIQUES (»479)

Le joedi absolu, vindrent nouvelles à ung gentil compagnon de guerre demorant à Lisl^ > nommé le bastard deFiesnes, que aulcuns François, en nombre de cent à six vingts chevaliers, s*estoient missus pour piller aulcuns villages à Tenviron ; et defaict estoient très fort chargés de proje. Quand le bastard en fut advertî^ à toute diligence , accompagné de trente chevaliers et autant de piétons , exploicta tellement qu'il les trouva à Fretin , oit les paysans s'est oient embuschés pour clorre le passage et leur donner empeschement et clorre le pas; à l'aide desquels paysans, le bastard donna sur eulx, et besongna si bien, que desix vingts François, les quinze demourèrent morts sur la place et le demourant fut ramené à Lisle , environ cent chevaliers et autant d'hommes ; et y a voit trois cornettes d'enseigne, et aulcuns trompettes, lesquels, à peu de joie, furent constrainls de sonner leur entrée dedans la ville.

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