CHAPITRE LXXXIV
la nativitë de François d'Austrîce second fils do doc Mazimilien et de
madaœeJilarie son espoose.
Lb second jour du mois de septembre, enire sept et huict heures du matin, l'an mil quatre cents quatre-vingt-et-un, madame Marie, ducesse d'Austrice et de Bourgogne, espouse du duc Maximilian , s'accoucha de son second fils en son hostel de Conberghe en sa ville de Bruxelles ; et pour célébrer lasolemnité du baptisement de celui enfant, fut faicte une baille commenchant audit hostel et finant à l'église de Sainte-Goule; et y avoit une torche de six pieds de longueur ; et estoit honnestement couverte de draps de couleur , et les rues tapissées comme au jour du sacre» Au milieu de l'église de Sainte-Goule, richement tapissée, estoit un hourd somptueusement édifié, où estoient les fons notablement aornés, et aussi messeigneurs les jw^élats et ministres de l'église qui lebaptesme debvoient accomplir.
En ceste noble compagnie allèrent sur un che*
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vallet audit baptesme monseigneur Philippe cl*Austrice, comle de ChoroUois, et mademoiselle Marguerite sa sœur , enfans dudit duc et ducesse ; et fut baptisé ledit enfant par monseigneur Henri de BergheSy évesque de Cambray ; et le tindrent sur les fons, monseigneur Philippe de Croy, comte de Chimay, au nom du duc de Bretaigne, en la contemplation et faveur duquel il fut nommé François. Monseigneur Ferry de Cluny, cardinal de Tournay le tint pareillement avecq madame la princesse d'Orenge ; et fut faict ce baptisement le nngt-septième jour du mois de septembre an dessus dict «Le jour Sainct-Estienne ensuivan t ^ trespassa de ce siècle , ledit François ; de quoi tout le peuple du pays fut fort ennuyé, souverainement les Bruxellois; car eux qui de sa nativité avoient eu esjouissance , eurent alors pour son trépas très angoiseuse desplaisance.
En ce temps Jehan d'Adiselle , grand bailli de Gand» estant à la foire d'Anvers, fut aguesté de nuict et murdriement occis par Frederick , seigneur de Montigny et aultresses complices, au très grand desplaisir des Ganthois qui lors vouloient gouverner la cour, et expulser aulcuns de la langue walonne ; néantmoins lesdits Ganthois recueillèrent honorablement le corps de leur grand bailli, le firent passer par la ville, et en très grande compagnie de gens et de torses, le conduisirent jusqnes à la fosse.
(i4«i) DE JEAN MOLINET. 3ol