PROLOGUE
Fundata est domus Domini super ve^ticem monjtium.
La. très illustre et réfulgente maison du seigneur et duc de Bourgongne est magnijSquement fondée sur la sommité des montaignes. Les géans terriens, qui sont entendus les victorieux princes régens et conducteurs du bien publicque, sont comme montaignes excelses où est assis le hault trosne d'honneur vers qui les nobles preux du siècle tournent la face, et tendent bras et mains. En l'altitude de ces grosses montaignes soubs qui tremblent et se humilient rudes rochers, très durs pérons et très fortes murailles, comme sont cruels tirans, fiers satellites, et orgueilleux rebelles, estauthentiquement située la très noble , resplendissante et opulente maison des Bourguignons ; dont aujourd'hui sa renommée court par les sept climats, sa clarté illumine les ténèbres du monde , et sa beauté décore le quartier d'occident. Tout ce provient par l'admirable vertu et strénuité
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singulière de quatre gros et forts puissans pilliers , sur lesquels elle est somptueusemeut composée.
Le premier pillier sur qui fut assise ceste fabricature, issit jadis de vif estât royal, de celui mesme ou fust prins le bienheureux sceptre du très chrestien roy Charles, cinquiesme de ce nom^ lors fleurissant entre les fleurs de lis. Le très noble et puissant pillier qui donna principe et fondement à ceste maison, fut le très preux et chevaleureux duc Philippe-le-Hardi , fils du roy Jehan de Valois , et frère du Roy Charles dessus nommé. Icelui duc, à cause de ses nobles gestes et glorieuses vertus , fut adhérité de la très inclite et somptueuse ducé de Bourgogne , sur qui la maison , paravant mise à ruyne, fut puissamment édifiée ; et pour ce qu'il estoit fleuron royal croissant au jardin francigène , il fut conjoint par mariage à la très noble et prudente Marguerite de Flandre, fille du comte Loys de Maie.
Les deux grands personnages ensemble liés par lien nuptial, engendrèrent homme de grand estime et haulte renommée , le duc Jehan de Bourgogne, lors prompt aux armes et très expert en estour de bataille , le plus redoublé et craint qui fust régnant en son temps ; car par force de bras et au tranchant des espées , agency , abaissa , rabota et esserta les mauvais nœuds et zizanieux plantaiges qui la clarté de l'hostel empeschoient.
Le bon duc Philippe , son fils, fut le tiers pil- Ker qui ceste maison esleva en honorable celsitude.
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l'augmenta de plusieurs chambres, par succession héréditaire , lui donna lumière de son fusil très flamboyant, et splendeur au règne de la très sacrée et précieuse Thoison-d'Or.
Le très renommé duc Charles , sa géniture légitime , est le quatriesme pillier qui cesle maison clarifie et embellit de très admirables histoires , qui les fiers mutins rebellans, les rebelles mutinans, les traffiqueurs séduisans , les séducteurs traffiquans^ humilie par sa main forte ; et essourt ceste maison en si très haulte splendeur et clarté superéminente, que les isles oultre-marines en perçoivent la reluisance; c'est, par figure similitudinaire, la tour deBaruc etletrosne de Salomon, l'arche du Testament , le palais d' Assuerus , le fort Ilion, le temple de Mars , le romain CapitoUe, où les sénateurs et consuls armigères tiennent parlement et consaulx , pour bien régir et gouverner le bien de la chose publicque.
Les quatre pilliers descendus du vergier liligère, par directe ligne de propagation royale , cogneus et alliés, et entremeslés avec quatre redolentes Marguerites , peuvent estre accomparés , selon leurs bonnes mœurs et conditions louables, à quatre vertus cardinales, sans lesquelles nulle main, tant soit haulte à comble , ne peut longuement prospérer sans contourner en décadence.
Le duc Philippe-le-Hardi , pour l'acuité de son sens et le bon conseil qu'il eut en lui de non laisser son père, le roy Jehan de France, conquis en la