‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 121 sur 165 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

bataille par les Anglois , lorsque ses frères aisnés l'abandonnèrent , et pour ce qu'ils prévit aucunement la très noble postérité de lignée et commodité de service qui lui povoit survenir de soi allier à la comtesse de Flandres, est licitement approprié à Prudence^ vertu moult salutaire.

Le duc Jehan , son fils , prince sans peur , magnanime en tousses affaires, constant comme pierre de vive roche, tant enflambé de hardi courage que rien ne lui sembloit ne trop hault , ne trop pesant , peult estre figuré par les qualités de ses mérites, à Force,trèsrecommandéeentrelesvertus cardinales.

Le bon duc Philippe , très doux , humain , fort joyeux, et tant bien adressé en toutes choses ardues, digne de grans louanges, comme Dieu et nature n'y avoient riens oublié, et pour ce que Tempérance est vertu de courage , refrénant en nous les mouvemens impétueux, ceste glorieuse vertu lui doibt bien estre attribuée ; car plusieurs fois a minué son ire contre les ennemis, lesquels il povoit bien vaincre par force d'armes. Il a démonstré vision pacifique, mesmes à ceulx qui occirent son père. Jamais ne fut au monde prince plus begnin , nul plus clément, nul plus libéral, nul plus révèrent.

Le duc Charles, son fils, inspiré de Mars le Dieu des batailles , le Nestor des héros, un second Scipion, un petit Alexandre et un grand Hannibal, qui les provinces voisines a merveilleusement resveillées au son de ses buccines, et a fait plus que le possible du très chevalereux art d'armes, vueillant,

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