‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 2 sur 165 · CHAPITRE CCLXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXIII

Comment le duc ordonna aux nobles de Brabant eux appresser pour

aller à Malines.

Or entrèrent fort en cuer ces nouvelles com^ motions faites à Malines et en Anvers à ce duc Charles. Ënpensa durement comment au mieulx faire il s*en poroit vengier , sauf honneur et raison; car ce que souffert et porté a voit des Gantois^ n'estoit point à tolérer ne à porter des autres villes, ce lui sambloit ; et n'estoit point ville pareille , et par quoi ne s*en vengeast bien et venist à son desseure pour donner peur meismes à Gantois. Si s'en teust auplus^ quoiqu'il peult, et manda en Hainaut secrètement mettre sus gens d'armes, trois cens lances et les archiers , pour aller à tout couvertement en Malines , jà-soit-il qu'à nul n'en fust déclairée son intencion, et pour cause. Toutefois ne passa gairës après que ce mandement fut rompu; car les nobles de Brabant, qui se perchiirent que le duc mandoit gens en Hainaut pour venir ea Braibant , et à intencion de l'accompaigner en Malines, vindrent au duc, et lui dirent que eux estoient fors et souffisans assez pour le mener en toute seurté de corps dedans Malines, et de soi vengier et de la ville et des vilains^ et de les chastîer tout à son bel , et que pour ce faire , il ne besipi -

gnoit point que nul estranger Yenist en leurs marches et que aultre s*en mellast que eulx.

Si les creut le duc, et diiféra son mand ailleurs, et se reposa sur les nobles de Bràibant, qui le servirent et se mirent sus au jour nommé, là où je les laisse jusques au partement du duc de Brusselles pour aller à Malines, pour venir à autres matères ici enlaciées. Car convient maintenant parler du mariage de ce duc Charles , qui avoit longuement traisné et paravant que le duc Philippe, son père, fut veuu à trespas : c'estoit de la seur au roi Edouard d'Angleterre, fille au duc d'York (i) , et auquel mariage la ducesse sa mère avoit longuement prétendu ; avecques ce que le fils avoit le cuer assez enclin envers Angleterre , tant par nature de la mère et de ly, qui l'attiroit, comme parce que le roy Loys, roy de France, le compelloit a ce faire , par mal se voloir porter envers ly, comme assez dessus a été dit et narré de leurs aflPaires. Et combien toutefois que renommée couroit que ce duc Charles avoit le cueur assez Angles et beaucoup, et principalement à cause de ce que de la part et de l'amistié de France , sou père et ly avoient trouvé povre fondement , et ains plus deffiable que de bon espoir ; toutefois , s'il y eust eu en Angleterre autre mariage de sorte a ly, jamès ne se fust alié au roi Edouard; car

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