CHAPITRE CCCXV
Gomment le roy voloit anéantir le don qu'il ayoit fait de la rivière d« Somme , disant qae par contrainte il Tavoit fait.
Gomme doncques ce duc Charles s'estoit offert toujours et soi mis en peine d'estre moyen entre le roy et son frfere, pour le bien de commune paix, et que ce moyen ne se pooit trouver pour le contentement des deux, convenoitbien doncques que ce duc se meist sus, fort et puissant^ aveucques ce que ly mesmes avoit cause de doléance encontre le roy^ parce que le pays de Somme qu'il lui avoit donné et transporté au dit lieu deConflans, lui avoit volu et voloit fortraire, et ramener à nient son don, disant que ce que fait en avoit ^ il l'a voit fait par force et par contrainte et par manière d'un sens, dissimulant à terme pour en estre quitte maintenant ; que chose faite par telle manière forcée n'est pas de value après, quant elle peut apparoir à justice. Et pour ceste cause , le duc Charles qui dès le commencement jusqu'en la fin avoit fait toutes ses choses à fer et à clou bien lettriées, et nervées, et noées et passées, et confermées par tout l'estroit sens de France et du royal pooir , quand il veit que ainsi on le voloit quérir eX formener induement et à sa grand honte et foule, délibéra bien à mettre sa cause privée aveucques celle qui lui estoit commune
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et d'ajouter la sienne doléance aveucques celle des autres; et combien que plusieurs des princes de France, et presque tous à dur et à enuis, se consentoient à emprendreceste guerre, comme du roy contre son frère et à Tencontre du duc de Bourgogne^ comme de Tune part et de l'autre, ils y regardoient chose difficile et de grand meschief et à eux mesmes compétant et touchant, et qu'à ceste cause et en cessui regard contretenoient le roi lent etsuspendantsa chaleur, aucuns toutefois, jeunes gens et capitaines qui demandèrent le hustin , quirent à gaigner et eux exercer en orgueilleux exploits^faire foule et damage à autrui, tel fois par envie sans autre cause, tel fois par haine de Viel temps congréée^ dont il font tiltre, aveucques ce que le roi de soi estoit en grand subtil sens fort muable et variable, et lequel ils congnoissoient assez ployable, legièrement à èsmouvoir rumeur l'incitoient à la guerre; et lui ramentevoient, fait à douter, telle chose dont la souvenance lui donnoit pointure et occasion de s'en voloir vengier ; ainsi qu'entour des grans princes il y a souvent gens de diverses qualités qui peu prisent les mots qui leur volent de la bouce, et dont, pour les ensievir et pour les croire , les nobles princes souvent enceurent en grans dammaiges et meschiefs et en dure perdition d'ame , sans ce que ung tout entier royaume y chiet et tresbuce,et tout par legier conseil et parcial affection, et qu'amour ne se norrist ne ne se treuve en nostre cristienne fraternité nulle part, etque vérité n'a nullement siège entre les en-
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rîauX; ne auctorité d'estre oye ne préférée devant conseil inique.