‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 63 sur 165 · CHAPITRE CCÇXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCÇXVII

Comment le dac fist charger son artillerie à Lille et depuis s^onnui

quelque temps à Lille.

Le roy fesoit ses préparacions merveilleuses devers Bretaigne et devers Normandie. A voit mis en praticque et en nombre toutes les gens aidables de son royaume , communes et autres ; et ce que monseigneur Charles , son frère , lui fortraioit des nobles gens et des gens de guerre , cela il le suppléoit par pourvision de nouvelles gens autres. Son artillerie avoit une grant part à Orléans pour l'avaller au besoing au pays d'en bas , et une autre partie avoit à Paris, pour les marches de Picardie. Et le duc qui jour et nuit fist charger artillerie, en mist tant avant que c'estoit une merveille à veoir* Les pays et les champs en estoient tant pleins que l'on ne véoit riens haut ne loings que chariots^ et en avoit, ce me disoit l'on , deux millehuit cents, tousà

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ly^ saos ceux qui estoient à vitailles et à baguages des gens d'armes sans nombre. Si es toit orrible chose àveoir de l'artillerie qui fut chargiée à Lille^ et des' chariots qui furent prins par tous les pays du duc ; et convenoit avoir grant tems avant que tout fust mis en ordre et en train d'aller avant, mesmes pour les gens d'armes qui s'assembloient de tous lez, avant qu'ils fussent mis sus et joins. Le duc séjourna au Quesnoy une espassette ; car là estoit venu pour mettre pie en l'étrier à tout le fer au dos , et pour emprendre son voyage comme au mesmes lieu là où il l'avoit pris à l'autre fois , quant il s'en alla en France pour la journée de Saint-Denis, dont la bataille de Mont-le-Héry ensievy ; parquoi oncques depuis ne feust qu'il n'eust son regard et son singulier fondement sur ledit lieu du Quesnoy, aveucques ce que la place -siet toute propre pour faire sa meute envers France.

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