Lacune
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le duc breton , afin de les rompre par bel promettre en leur surrection aussi que préparée avoient par delà ; car à résister là il y convenoit grant effort ; et à porter le i'aix de la guerre par deehà contre le duc bourguignon , il y convenoit dure puissance.
Si lui sambloit , et vray estoit , que s'il pooit rompre le bras par-delà, par puissance ou par menace , ou par traictié , ou comment que fust, le bras de dechà en seroit plus foible et moins fier, et en poroit-on avoir meilleur conte, comme il estoit notoire. Gela toutefois et couvrit cestuy secret , laborant toujours à celle fin , ou qu'il venist au desseure du bras de delà , par lui livrer menace et espoentement^ comme qui bien y avoit pourveu, ou qu'il les vainquist par bel offrir, moilié ung, moitié aultre , comme ia chose avint , en contraire toutefois de l'espoir du duc qui jamës ne l'eust cuidié. Et fist paix aveucques son frèr-e et le duc* de Bretaigne, et eulx aveucques ly ; et firent courir voix, el le signifièrent au duc , soy estant mis en ce péril pour eulx , que plus avant ne plus longuement ne pooient soustenir l'effort du roy sur eulx, ne maintenir la guerre , tant par faulte de gens et 4e pourvision qu'ils attendoient, et avoient attendu de ly^ comme de la povreté qui eslôit devers eulx d'argent et d'aultres nécessités qui à maintenir guerre sont requises. Et mandèrent par Bretaigne , roy d'armes à deux placebo , au duc leur allié ,. qui se crucifioit de leur honte , et ne se popit ravoir pour le croire ou non croire ; toute-
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fois si fust-il teL Et le roy apriesmes , cuidant donner terreur et espoenteinent au duc, parce que jà il pooit faire descendre toutes les deux puissances de ce royaulme en une , et la mettre devant un seul front , qui par avant avoit à respondre à deux , et dont du second jà il estoit au desseure , fisl dire au duc^ et l'en avertist, que bien avisast devant soy , car en tel orgueil empris et monstre sur ly , il estoit en \y maintenant de ly repousser sa corne , et de la faire retraire ; et lui remonstreroit que ung roy de France est bien de pois à unj>* duc de Bourgogne^ son subject encore et son vassal. Lors, où ce duc de Bourgogne enflé alors do despit de la faute des aultres^ pour qui tant avoit fait, et devenu plus fier que ung lion quérant proie , et grandi en cuer plus qu'oncques à cent double , jura Sainct-Jorge que apriesme y tiendroit-il lieu et place ; et y venist le roy et tout l'effort de son royaulme, de là ne bougeroit jamès ne ne reculeroit d'ung pie, ains moreroit avant, se besoingle donnoit ; et là vivroit et moroit , et tous les siens , jusques à avoir tiré du roy ce pourquoy il y estoit venu ; et cela il l'auroit et l'obtiendroit , ce vooit-il à Dieu , ains que jamès il en parlist; ou seule mort de ly et des siens y mettroient l'obslance. Et quant au regard de ce que les aultres s'estoient déportés et pacifiés aveucques le roy, et l'avoient abandonné et lessié dehors leur traictié, seul et à part ly, de ce ne fesoit-il estime, ne de eulx ne de leur confort; il estoit fort et puissant assez.
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tout seul, et contre eulx et contre tous ses grevans et menachans , et contre tous ceux qui , eulx tous ensemble, les poroient conforter et aidier. Disant en oultre que , comme en ung duc de Bourgogne n'avoit oncques esté trouvée faulte de parolle, oncques n'y avoit esté trouvée faute de corrage , ne de haulte euvre , et que de menaces il ne s'espoentoit poinct ; car les ducs , ses devanciers , en avoient bien ozé porter aultrefois les fais tous durs. Comme doncques le roy oyt et vist le corrage de ce duc qui ne se diminuoit poinct , airis croissoit et s'enfiérissoit de plus en plus , et que véritablement et par expérience il savoit et cognoissoit qu'il y avoit effect en ses paroles, et véoit le pourquoi devant ses yeulx, gens à mains de fer et de folle encontre , à tout bon eschient , labora parfaictement à bon moyen trouver aveucques ce duc ; car à tout conclure^ quelque puissance qu'il eust, si jugeoit-il plus salutaire et plus seur de le faire deslogier par appoinctement et par bonne voie, que de le souffrir là en tel dangier devant le front de son royaulme , pour en attendre l'aventure. Si disoit-on toutefois, et lui mettoit-on à charge , que pendant ce temps qu'il tenoit ici les champs, il fist secrettement esmovoir ung nombre de Liégois, et venir rentrer en Liège, crians : Vive le roy ! et faire des crueux exploits sur aulcuns du parti du duc , les mettre à mort et saisir la ville toute de nouvel , et la barrer et re fortifier , comme cy-après se dira plus àplain. Et ce, estimoit-on.
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fesoit-il faire , cuidant faire retraire le duc atout son ost envers Liège « en cédant à la place qu'il avoit prise à son grant dur. Mes non fist Je duc , ne ne s'en esmeut oncques ; mes disoit bien que tout à temps il venroit à soi vengier de Liège , et d'une chose et d'aultre , et cela lui estoit peu de faict.